Deut.. xx
Il8 CHAPITRE NEUVIÈME.
est fidèle, la main de son divin Maître le couvrira et sera sur sa tête un casque de salut.
Dans tous les moments d'anxiété, de crainte, de doute et de découragement, nous pouvons dire : « Dieu m'a connu avant ma naissance et m'a prédestiné à devenir prêtre. Il m'a adopté et m'a donné la gloire d'être compté au nombre de ses enfants. 11 m'a marqué du sceau de sa milice sainte et a imprimé en moi le caractère de son sacerdoce. Il m'a guidé et gardé dans ma jeunesse et dans ma virilité, il m'a préservé jusqu'à ce jour et m'a affermi dans la persévérance en m'offrant, au moment du danger et dans toutes les situations de ma vie, le secours constant et qui jamais ne fait défaut de sa grâce. Dans toutes les péripéties du combat engagé contre moi, je sais qu'il veut mon salut. Qu'at-il pu faire de plus qu'il n'a fait pour me sauver ? Il y a une chose qu'il ne fera jamais : il ne m'enlèvera jamais mon libre arbitre. Et c'est là mon seul danger. Si librement je me trahis moi-même, si librement je l'oublie, alors je périrai, mais si ma volonté est unie à lui, il me guidera dans mes voies et me défendra, non seulement contre les ennemis du dehors, mais contre moi-même. Si seulement j'ai la volonté ferme de ne pas l'offenser et la volonté sincère de me laisser conduire par lui, il me gardera même jusqu'à la mort. « Le fondement solide de Dieu reste debout muni de ce sceau : le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et qu'il s'éloigne de l'iniquité celui qui invoque le nom du Seigneur (r). »
Notre état sacerdotal à lui seul nous offre donc le fondement le plus solide de confiance.
i. II Tim., il, 19.
l'office pastoral, source de confiance: 119
La mission et les travaux des prêtres et des pasteurs, s'ils sont fidèles à notre divin Maître, sont, aujourd'hui comme autrefois, bénis partout et dans toute l'étendue de l'Eglise universelle. Dans les contrées de l'Ancien Monde où la société est puissante et corrompue et où la foi et la piété se sont relâchées, ceux à qui est commise la charge des âmes ont certes beaucoup à souffrir. Veiller sur une vie qui vacille et s'éteint est un office pénible entre tous et qui demande de l'amour et de la patience. Les nations et les sociétés de l'Ancien Monde ont, depuis trois siècles, quitté les hauts sommets de la foi et de l'ordre chrétien et ont descendu une pente fatale, les unes rapidement et avec violence, les autres lentement et presque insensiblement, mais sans interruption. Une Réforme menteuse a enfanté la révolution, et la révolution a sécularisé les souverainetés et les états de la chrétienté, laissant l'Eglise aussi isolée qu'elle l'était aux premiers siècles. Les pasteurs du troupeau ont de graves sujets de tristesse à cause de tant d'âmes qui se perdent et à cause des outrages qui sont infligés à l'Eglise. C'est un spectacle poignant que de voir un catholique ou un peuple chrétien tourner le dos à la lumière. Néanmoins les pasteurs fidèles savent, et cela suffit pour leur paix dans ces temps troublés, que Dieu est à leurs côtés et qu'ils combattent pour les droits de Dieu. Au fond de toutes leurs angoisses ils trouvent une consolation profonde que personne ne peut leur enlever. « La lutte que soutiennent les moines, dit saint Jean Chrysostome, est grande sans doute et leurs labeurs sont multiples ; mais si on compare leurs travaux à ceux que requiert l'accomplissement intègre de la charge sacerdotale, on trouvera qu'il y a une aussi
grande différence entre un simple moine et un prêtre qu'entre un homme privé et un roi ('). » Et la consolation qu'ils retirent de leur ministère est dans la même proportion.
Et si nos réflexions peuvent s'appliquer à bon droit aux nations chrétiennes du vieux continent, à combien plus forte raison peuvent-elles s'appliquer à l'Angleterre! Chez nous l'Eglise est à la fois ancienne et nouvelle. Nous ne sommes qu'une poignée de fidèles, mais nous avons la bonne fortune d'être séparés du monde et des cours et d'être soustraits par notre situation même à l'atmosphère délétère du favoritisme officiel et de la protection séculière. La vraie protection de l'Église en Angleterre, c'est son indépendance, et sa vraie puissance, c'est sa liberté. Nous sommes pasteurs d'un troupeau qui descend des martyrs et des confesseurs et leur ferveur n'est pas éteinte dans leur postérité. Nous sommes, dans un sens tout particulier, les pasteurs des pauvres, parce que les riches s'en sont allés et que la vaste fortune de l'Angleterre est dans des mains qui ne nous connaissent pas. Mais vivre au milieu des pauvres, ce fut la part de notre divin Maître, et n'avoir d'autre part que la sienne, c'est pour nous un gage de sa paternelle sollicitude. Nous ne sommes pas seulement pasteurs des pauvres, mais nous * ommes pauvres nous-mêmes. La pauvreté est la condition du sacerdoce dans cette nation, la plus riche de toutes les nations de la terre. Mais nous sommes nous, prêtres anglais, unis tous ensemble par la pratique de la charité et par les services que nous sommes appelés par notre situation à nous rendre les uns aux autres. Notre peuple nous
i. De Sacerdotio, lib. VI, 5.
l'office pastoral, source de CONFIANCE. 121
aime d'un amour désintéressé et nous est uni par les liens d'une confiance réciproque. Nos prêtres sont unis entre eux et à leurs évêques. Ils s'aiment les uns les autres d'un amour fraternel si étroit qu'on trouverait difficilement pareille union des cœurs dans toute autre région de la catholicité. Si toutes ces choses sont pour nous, qui sera contre nous ?
PRÈS la grâce, le temps est le plus précieux don de Dieu. Et combien nous perdons de grâces et de temps ! Nous disons vulgairement que le temps fait beaucoup de choses. Il nous donne bien des leçons, nous préserve de bien des folies, nous fortifie dans nos bonnes résolutions et nous guérit de maintes blessures. Et pourtant, en réalité, le temps ne fait rien de tout cela. Le temps ne fait rien. Mais le temps est la condition de toutes les choses que Dieu accomplit dans le temps. Le temps est plein de l'éternité. Nous serons demain ce que l'usage du temps aura fait de nous. Chaque jour a son opportunité ; chaque heure a ses grâces. Le concile de Sens applique ce texte : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » à l'action incessante du Saint-Esprit sur le cœur. Ces paroles s'appliquent à toute âme humaine. L'âme fidèle est, durant toute la vie et durant tous les jours de la vie, l'objet constant de ces avances divines et elle a à toute heure à sa disposition des grâces suffisantes pour grossir le trésor des récompenses qui lui sont réservées dans l'éternité. Comme un homme aura semé, ainsi il récoltera, et pour la quantité et pour la qualité. Il est accordé à tout homme un moment propice pour semer et un moment propice pour moissonner en vue de l'éternité. Si nous laissons passer le temps des semailles, la moisson sera perdue pour nous. Il pourra nous être accordé un autre temps pour semer et un autre temps pour
récolter. Mais ce sera un autre temps ; le temps perdu est perdu pour toujours.
Mais si le temps est si précieux pour tous les hommes, quelle ne sera pas la valeur du temps pour un prêtre ! Et heureux le prêtre qui peut rendre un compte exact de son temps. Tant d'hommes semblent en ignorer la valeur, tant d'hommes n'y réfléchissent jamais ! Les uns sont tellement paresseux que le temps passe avant qu'ils aient fait un effort pour en user ; les autres sont si négligents qu'ils le gaspillent de gaieté de cœur ; d'autres sont si réfractaires à toute règle et à toute ponctualité que c'est le temps qui les consume lui-même. Ils sont toujours pressés et toujours en retard, jamais dispos et jamais préparés. Nous trouvons dans la sainte Ecriture deux questions que le prêtre ferait bien de se rappeler dans toutes ses démarches quotidiennes. La première est celle que Dieu adressa à Élie sur le mont Horeb lorsqu'il trouva le prophète en proie aux lamentations et à l'inaction : << Quid hic agis, Elia ? Que fais-tu là, Élie ? » Cette question, si elle retentissait à nos oreilles, nous tiendrait éloignés de bien des lieux et nous en ferait sortir plus rapidement encore. La deuxième question est celle de Xotre-Seigneur dans l'Évangile : <{ Ne savez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » Cette question devrait se présenter à notre esprit lorsque des amis intimes et trop hospitaliers nous invitent à leur table, ou lorsque notre faiblesse nous fait rechercher les distractions extérieures et les sympathies humaines, ou déployer notre activité hors du sillon qui nous a été tracé et hors du champ qui a été fixé à notre labeur. Qui peut calculer ce que
vaut le temps pour le prêtre? Si le temps est pour tous les hommes plein de l'éternité, le temps du prêtre est rempli non seulement de sa propre éternité, à lui prêtre» mais de l'éternité d'une multitude d'âmes qu'il connaît et qu'il ne connaîtra jamais. Tâchons donc d'en mesurer la valeur.
I. Le premier critérium qui nous permet d'apprécier nous-mêmes la valeur de notre temps, c'est la célébration de la sainte messe. Les prémices du temps d'un prêtre appartiennent à Dieu, et, ces prémices, il les offre à Dieu chaque matin dans la sainte messe. La demi-heure requise pour la préparation et la demiheure requise pour l'action de grâces ne doivent jamais être omises pour n'importe quelle occupation et pour n'importe quel motif, car l'emploi de ce temps ne nous appartient pas. C'est là la première mesure de la valeur de notre temps. Nous parlons alors avec Dieu, nous communiquons avec notre divin Maître et nous rendons. des actions de grâces à l'adorable Trinité. De quelle ferveur seront empreintes toutes les heures d'une journée qui a commencé dans de telles conditions ? Tout le jour nous serons embaumés de ce parfum, enflammés de ces ardeurs et sous l'impression profonde de ce rapport matinal avec notre Maître qui est aux cieux; nous apprendrons par là à être aussi avare de notre temps, aussi inquiet de le perdre et aussi vigilant à. empêcher qu'on nous le dérobe que les gens du monde le sont à l'égard de leur argent. Dieu connaît tellement la valeur de ce temps qu'il nous le dispense seulement jour par jour, heure par heure, moment par moment. Et il ne nous accorde jamais une seconde sans nous retirer celle qui précède. Nous n'avons pas deux heures
ou deux moments à la fois. A chaque moment du jour, cependant, nous pouvons renouveler l'intention avec laquelle nous avons dit la messe le matin, et nous pouvons faire revivre nos prières et nos actions de grâces tout au moins par une aspiration de notre cœur. Toute notre journée sera alors virtuellement occupée par notre messe et notre communion.
II. Nous trouvons un second indice de la valeur du temps pour le prêtre dans les connaissances que le prêtre peut acquérir en faisant un usage sévère de son temps.
Labia sacerdotis custodient scientiam. Mais comment les lèvres du prêtre pourront-elles garder la science de Dieu et des âmes si le prêtre n'est pas un homme adonné aux études sacrées ? Les connaissances théologiques que nous avons acquises au séminaire sont vite obscurcies sous la poussière que soulèvent les occupations et les affaires et par suite des trahisons de la mémoire. Qu'il est donc précieux pour le prêtre le moment où il peut s'arracher aux travaux de la vie active pour retourner à ses vieux livres et pour augmenter et approfondir ses premières connaissances ! C'est un usage excellent que d'avoir sur la table certains livres toujours ouverts pour les lire à tous les moments qu'on peut saisir dans la journée. Il y a dans la vie la plus occupée certaines horœ subsecivœ, que nous appelons d'une manière vague heures de loisir. Ce sont des heures qui sont prises comme à la dérobée sur les devoirs essentiels et les travaux obligés du jour. Il n'y a pas de pierre de touche comparable à celle-là pour voir si un prêtre apprécie la valeur de son temps. On rencontre des hommes qui font tout comme sans
y prendre garde ; on en rencontre d'autres qui ne font rien en paraissant tout faire. Un prêtre qui sait ce que vaut son temps manque rarement d'en trouver assez pour chaque chose, et un esprit ponctuel sait régler toutes les heures du jour de manière à les employer toutes et à profiter des intervalles qui se présentent entre les travaux et les devoirs qui se succèdent. Certains livres qui traitent de matières difficiles et suivies demandent une heure au moins d'attention ininterrompue ; d'autres qui traitent de sujets moins précis, peuvent se lire dans les temps qu'on peut saisir au passage ; d'autres enfin peuvent se lire à tout instant. Un homme d'études très sérieux conseillait un jour à un ami d'avoir « des livres de cinq inimites ». Eh bien, des livres pourraient être lus sur une année en n'y consacrant que cinq minutes par jour. L'important c'est d'avoir l'habitude de la réflexion et la ferme volonté de ne pas laisser là ce que nous lisons avant de l'avoir bien compris, quand ce ne serait qu'une page ou une simple sentence. On dira peut-être que c'est là taxer le temps du prêtre avec trop de rigueur. Mais si nous nous demandons à nous-mêmes combien de temps nous accordons chaque jour aux livres peu utiles, aux journaux, aux conversations prolongées, aux visites qui ne sont ni pastorales ni profitables, combien de temps nous perdons à tâtonner et à chercher après ce que nous allons faire ou ce que nous allons lire ; si nous additionnons tout cela, le moins fervent trouvera qu'il s'est volé à lui-même beaucoup de temps, qu'il en a gaspillé beaucoup et qu'il en a mal employé quelque peu.
III. Un troisième indice de la valeur de notre temps, c'est l'usage qu'il nous est donné d'en faire si nous le dépensons au confessionnal. Rien ne prouve la ferveur d'un prêtre comme l'amour qu'il a du confessionnal, et c'est aussi le premier devoir dont un prêtre relâché se dispense et qu'il trahit. Demeurer de longues heures, jour et nuit, au confessionnal, sans manifester d'impatience et sans perdre son calme, c'est un signe certain de l'amour des âmes. Nous n'avons pas besoin d'établir la valeur comparative de la prédication et du confessionnal, au point de vue des résultats qu'ils produisent Ce sont des choses qui ne se mesurent pas. La chaire et le confessionnal ont un caractère tout à fait distinct. Mais plusieurs montrent un grand zèle et un grand empressement pour la chaire qui sont lents et toujours en retard quand il s'agit de s'asseoir au confessionnal. Là, pas moyen de se produire, pas d'encouragements qui plaisent à la nature, rien qui flatte les désirs secrets de l'amour-propre : il faut rester de longues heures à entendre le récit des péchés et des peines de chacun et les propos inconsidérés d'une multitude de gens qui la plupart nous sont inconnus. C'est la pèche avec une seule ligne : on attend de longues heures et on n'est parfois récompensé de so» attente que par une seule et unique capture. Mais c'est là pourtant, dans le sens le plus élevé du mot, le travail du pasteur, c'est-à-dire, le soin des âmes, et ce ministère demande à un haut degré l'abnégation de soi-même, la fermeté à réprimer les saillies de son caractère, un généreux amour des âmes et de l'âme du pauvre en particulier.
Mais y a-t-il un temps que l'on puisse employer aussi utilement que celui que l'on consacre au soin et à la
direction des âmes (*) ? Le prêtre sait qu'il a au confessionnal le pouvoir de lier et de délier, que les âmes qui couraient à la perdition sont amenées là au repentir, que les âmes pénitentes y trouvent la main qui les conduit a la perfection et que les âmes innocentes y sont confirmées dans leur union avec Dieu; il sait que Dieu est à la fois glorifié par ceux qui se sauvent et par ceux qui périssent: n'est-ce pas assez pour qu'un prêtre soit porté comme par instinct à consacrer au confessionnal tous les jours et toutes les heures qu'il peut y consacrer? Au lieu d'y trouver l'ennui, il y trouvera un encouragement ; au lieu de chercher à abréger les heures ou à diminuer le nombre des jours où il siège dans l'église à son confessionnal, il cherchera plutôt à les augmenter, si c'est possible, et il exhortera ses frères à l'imiter dans le soin qu'il donne aux âmes rachetées par JÉSUS-
Christ.
Et ce n'est pas seulement au confessionnal que la patience et la charité d'un confesseur sont mises à l'épreuve. Tout ce que nous avons dit s'applique spécialement au soin des malades et à l'entière disposition où nous devons être de consacrer notre temps à les éclairer, à les consoler, à les encourager, surtout lorsque la mort approche. Les malades et les mourants ne peuvent qu'avec peine s'occuper eux-mêmes de leur âme. Le poids de leurs souffrances et d'un corps qui va mourir plonge leur esprit dans l'abattement et dans la torpeur. C'est en ce moment d'angoisses et de crainte que la voix d'un vrai pasteur les encourage et les sou-
i. « C'est à mon avis l'art des arts et la science des sciences que de diriger les hommes, les plus changeants et les plus versatiles des animaux. » — Saint Grég. Naz. Orat. II. XVII, tom. I, p. 21.
tient dans leur abandon. Les paroles de foi et d'espérance, de contrition et de confiance qu'il leur dit à l'oreille, les promesses de Dieu qu'il leur rappelle et les saints noms de JÉSUS, de Marie et de Joseph qu'il leur répète tout bas, finissent par s'emparer d'une âme qui n'est plus capable d'avoir par elle-même une seule pensée lucide et qui ne trouve plus en elle-même ni paix ni consolation. Ce n'est pas assez d'être mécaniquement correct en administrant les derniers sacrements : il y faut de plus les dernières paroles d'encouragement et de compassion du bon Pasteur qui connaît ses brebis et est connu par elles comme leur soutien et leur ange consolateur dans leur dernier passage pour l'éternité.
IV. Un autre indice qui peut nous servir à apprécier la valeur de notre temps, c'est le parti qu'on peut en tirer lorsqu'on l'emploie à la prière. Lorsque saint Paul dit : « Priez sans cesser jamais (r) », il n'use pas d'une figure de rhétorique. Il veut dire que nous devons toujours et partout parler à Dieu par nos aspirations, nos désirs et notre volonté. Ceux qui vivent en union avec Dieu, dans la conscience de sa divine présence, et qui rapportent toute leur vie à lui, prient, non seulement quand ils parlent à Dieu, mais même lorsqu'ils travaillent pour lui. Labovare est orare. Toute la vie d'un pasteur peut être une vie d'union avec Dieu.
La valeur du temps consacré à la prière peut se mesurer de deux manières : d'abord par les réponses que l'on reçoit de Dieu pendant ce temps et ensuite par la réaction que la prière produit pendant ce temps sur nous-mêmes. Et quant aux réponses de Dieu, qui peut