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confessionnal longues et pénibles, les visites des malades et des pauvres ennuyeuses, l'étude des livres sacrés sans attrait, la société des prêtres sans charme et sans intérêt. Le monde a volé le cœur de ce prêtre. Aussi ne le trouve-t-on plus dans sa chambre silencieuse, ni dans la compagnie de ses confrères, ni dans le sanctuaire, ni dans rien de ce qui est sacerdotal. Il est quelque part, au-dehors, dans quelque maison, à la recherche de quelque relation ou de quelque intimité. Quand vient l'heure de la mort, un tel prêtre n'a qu'à dresser ses comptes et à faire Vhorarium de sa vie. Combien d'heures ai-je passées à l'autel, et combien dans le monde? Combien dans la maison des pauvres, et combien dans celle des riches ? Combien en ai-je consacré à instruire les petits enfants, à consoler les affligés et à secourir les mourants? et combien en ai-je dépensé dans des conversations de table ou dans des salons? Combien d'heures ai-je gaspillées en allant de maison en maison, où jamais je n'ai entendu et où jamais je n'ai moi-même prononcé le nom de Dieu? Et combien de temps ai-je donné à la prédication de la parole de Dieu, le premier but de mon sacerdoce? Combien d'heures ai-je consacrées à quelque amitié favorite, et combien à prier Dieu, à m'entretenir avec lui ? Faites le compte de ces heures, réduisez-les en jours et en années, et quel chiffre va se dresser devant nous! Mais ce compte est déjà fait dans le livre du
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souvenir de Dieu. Si le prêtre mondain avait consacré à l'œuvre de sa perfection l'énergie et l'activité qu'il a dépensées dans le monde, il aurait pu devenir un Saint (1).
V. Enfin, — car il faut finir, — c'est la mort du prêtre fervent. Le monde ne Ta jamais connu : il a passé dans le monde comme une pâle lueur éclipsée par les prêtres courtisans du monde. Mais aux yeux de Dieu, quel contraste ! Jamais, depuis son ordination, ou même avant, jamais, depuis son second retour à Dieu, il n'a manqué un jour de faire son examen de conscience, et de se rendre compte de son état chaque année ; jamais il n'a manqué sa confession hebdomadaire, sa Messe de chaque matin et son office dit régulièrement aux heures voulues. 11 a vécu comme s'il eût été aux côtés de son divin Maître. Commençant et finissant sa journée avec lui, il a ordonné toutes ses heures et toutes ses occupations du jour pour son service. 11 a vécu au milieu de ses ouailles et leurs pieds ont usé le seuil de sa porte.
Sa dernière heure est venue, et une grande douleur envahit toutes les familles quand on apprend que le
(1) « Ecce mundus sacerdotibus plenus est, sed tamen in messe Dei rarus valde invenitur operator : quia offïcium quidam sacerdotale suscipimus, sed opus officii non implemus. » — S. Greg. Hom. xvn. in Evangelia.
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père du troupeau est mourant et que les derniers sacrements lui ont été administrés. Et cependant quelle paix et quel calme dans cette chambre de mourant ! 11 a depuis longtemps réglé ses comptes pour lui-même et pour son troupeau. Depuis longtemps il parlait familièrement de la mort, comme on parle d'un ami dont on attend l'arrivée. Il la redoute, comme le passage terrible des ténèbres de ce monde aux blancheurs éclatantes du Trône: il se sent pécheur, serviteur inutile, poussière, et il tremble ! Car l'Esprit-Saint lui a appris à connaître la sainteté de Dieu et l'abomination du péché. Mais c'est une crainte qui devient une assurance, car elle est un gage que le Saint-Esprit, que le Seigneur et le Maitre de la vie, réside en son âme, lui montrant clairement tout ce qu'il doit confesser et déplorer, et affranchissant son âme repentante de tous les liens du péché et de la mort. Pas une mort n'est aussi heureuse que celle des prêtres qui meurent entourés de leurs fidèles. Plus ils se sont dépensés, plus ils sont aimés ; plus ils sont aimés, plus ils sont assistés par les prières de tous ceux qu'ils ont conduits à Dieu. Admirable lien de la charité ! plus étroit et plus vivace que le lien du sang, il sera transfiguré dans le monde de lumière et il réunira le pasteur et le troupeau pour toute l'éternité, au jour où le troupeau sera compté et que le nombre en sera complet, où les pasteurs se groupe-
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ront autour du Grand Pasteur des brebis réunies dans le bercail sur les collines éternelles.
Si telle est la mort d'un prêtre fervent, elle peut être subite ; elle ne saurait le surprendre. Sa vie tout entière est une préparation à la mort. Saint Charles, au moment de rendre le dernier soupir, disait : Ecce venio; mais toute sa vie n'avait été qu'un avancement continuel vers Dieu. Ipse perficiet, disait Saint Vincent de Paul, lorsque Dieu accomplissait son œuvre en lui. Et Saint Hilanon : « Il y a soixante-dix ans que je sers un bon Maître ; pourquoi aurais-je peur de paraître devant lui? » Saint Bède mourut le soir de l'Ascension en récitant l'Antienne : O Rex gloriœ, Domine virtutum .' Et Saint André d'Avellino mourut au pied de l'autel, en disant : Introïbo ad altare Dei. Un diacre d'Afrique, pendant la persécution, chantait à l'ambon les alléluias de Pâques, quand une flèche lui perça le cœur, et il alla continuer ses alléluias devant le Trône éternel. Il y en a qui sont tombés pendant qu'ils annonçaient la parole de Dieu. Heureux étaient-ils aussi ceux-là ' Une pareille mort, toute soudaine qu'elle est, n'inspire aucune terreur : elle est une grande bénédiction.
Il est bon d'avoir toujours ces pensées présentes à l'esprit, laissant l'heure et le genre de notre mort entre les mains de notre excellent Maître. Combien notre ferveur serait plus vive si, en allant à l'autel nous nous disions : « C'est peut-être la dernière Messe
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que je vais dire ! // ou en allant nous confesser : € C'est peut-être la dernière absolution que je vais recevoir! » ou, quand nous devons prêcher: « C'est peut-être la dernière fois que je vais parler au nom de Dieu ! » ou encore : « C'est peut-être la dernière fois qu'on m'appelle pour un malade ; — la prochaine fois on appellera pour moi ! >• Combien des compagnons de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge mûr, sont déjà morts ! Et parmi ceux qui ont été ordonnés avec moi ou après moi, combien m'ont précédé î Ventre differt ut minus inventât quod condemnet. Purifiez-moi, ô Seigneur, dans votre très-précieux Sang; et alors : « Venez, ô Seigneur Jésus (1) ! //
(1) Apoc. xxh, 20.
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