‹ Le sacramentaire d'AutunChapitre 7 sur 8 · III. +CVM PROPRIIS CHRISTVS CAENAM SACRA VIT ALVMNIS · texte numérisé non relu

III. +CVM PROPRIIS CHRISTVS CAENAM SACRA VIT ALVMNIS

Des indications encore plus précises accompagnent les figures de chaque tableau. C’est ainsi qu’on trouve : 1° dans le tableau de la Nativité, les inscriptions : PRESEPE — MARIA — JOSEPH — PASTORES ; 2® dans celui du baptême de Notre Seigneur : CHRISTVS — JOHANNES BAPTISTA - COLVMBA - ANGELVS; 3® dans celui de la Cène : CENA DOMINI. Toutes les figures et tous les objets qui entrent dans la composition de chaque tableau ont été représentés par une application d’or; les principaux traits des contours ont été arrêtés au vermillon; dans le tableau du baptême, les ondulations de l’eau sont indiquées en vert. Les fonds sont formés par le blanc du parchemin, qui est resté dans son état primitif sans avoir subi ni teinture ni aucune autre préparation. Notre planche 23 est la reproduction du fol. 8 du sacramentaire.

7° Sur le fol. 8 v®, le grand monogramme qui, dans les sacramentaires, tient lieu des mots Vere dignum; il occupe environ la moitié d’une page, dont le reste est rempli par cinq lignes tracées en onciales d’or : ET IVSTVM EST |. AEQUUM ET SALUTARE | NOS TIBI SEMPER | ET UBIQUE GRA | TIAS AGERE. Dans les ornements de la page, on remarque une grande coupe d’or et huit médailles.

8® Sur le fol. 9, qui nous a fourni le sujet de notre planche 21, le commencement du canon, dont le grand T initial, haut de 17 centimètres, fait corps avec l’encadrement de la page. Dans un des trois médaillons carrés de l’encadre-

ment, l’inscription LVCAS est parfaitement visible. Les deux premières lignes E 1G1 1 TVR sont en capitales d’or; viennent ensuite dix lignes en onciales, tracées alternativement deux en or et deux en vermillon.

9° Les encadrements des fol. 9 v° à 12. La bande supérieure du cadre des fol. 9 v® supporte deux lions affrontés ; celle du fol. 10, deux taureaux; celle du fol. 10 v®, deux coqs.

10® Au bas du fol. 11 v®, en regard des mots Agnus Dei, l’agneau divin nimbé, placé devant une croix, à côté d’un grand calice, le tout figuré en or sur fond blanc, dans un cadre circulaire rouge et jaune.

11° Sur le fol. 16, un grand C, à entrelacs, qui commence la première oraison de la messe de Noël.

12® Les encadrements des six feuillets (fol. 92 à 97 v®), sur lesquels on a copié la préface et la table de la seconde partie. La décoration de ces deux pages rappelle tout à fait les canons des évangiles dans les beaux manuscrits carlovingiens. Il y faut remarquer sur le cintre du fol. 93 v® deux lions d’or; sur celui du fol. 94, deux lions verts; sur celui du fol. 95 v®, deux léopards verts; et sur celui du fol. 96, deux dragons; — différents accessoires suspendus aux clefs de voûte : des couronnes d’argent à fleurs de lis rouges (fol. 93 v® et 94), des aiguières en or (fol. 95 v® et 96), des lampes d’or en forme de cornets (fol. 95 v® et 96) ; — des chapiteaux terminés en forme d’éventail renversé (fol, 96 v® et 97).

13® Sur le fol. 98, un grand E, à entrelacs, qui commence la bénédiction du cierge pascal. — Du côté opposé à cette initiale, une petite image représente un prêtre qui bénit un cierge piqué sur un énorme chandelier.

14® Sur le fol. 142, le monogramme représentant les mots Vere dignum en tête du recueil de préfaces.

. 15® Sur le fol. 173 v®, un grand cercle de pourpre servant de fond à un tableau intitulé : HIC BENEDICIT POPVLVM. On y voit l’abbé Rainaud ( Raganaldus abba) bénissant treize moines prosternés sur trois rangs ; les moines des deux premiers rangs sont nimbés ; le premier d’entre eux tient un livre ouvert au dessus de sa tête. Legrand cercle est cantonné de quatre médaillons pourprés, dont chacun renferme, en or, la figure d’une des vertus cardinales : PRVDEN-

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TIA, FORTITVDO , TEMPERANTIA, JVSTITIA. Cette page, déjà connue par des copies infidèles ou incomplètes est reproduite sur notre planche 22.

Comme motifs d’ornement, le peintre a fréquemment placé, soit sur les encadrements, soit à côté, des imitations de médailles romaines en or ou en argent, ou bien encore de pierres gravées, portant souvent des tètes anonymes et de fantaisie, mais souvent aussi des têtes ou des sujets faciles à identifier. Laissant de côté les tètes indéterminées, je mentionnerai :

Les bustes des quatre grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel (fol. 95 v # et 96).

Les têtes de saint Pierre et de saint Paul, à droite et à gauche du disque crucifère déjà signalé au haut du fol. 2.

Douze têtes sans attributs (fol. 11 v°), qu’il faut peut-être considérer comme les tètes des douze apôtres.

Les bustes ou les emblèmes des quatre évangélistes (fol. 2, 7 v°, 8, 10 v®, 12 et 142). — Sur le fol. 10 v®, les têtes de trois évangélistes sont surmontées des emblèmes propres à saint Marc, saint Luc et saint Jean, c’est-à-dire de têtes de lion, de bœuf et d’aigle.

Le soleil et la lune (fol. 2), avec les légendes SOL, LVNA.

Les signes du zodiaque, sur fond pourpre dans un endroit (fol. 12), et sur fond émeraude dans un autre (fol. 96 v® et 97).

Les vents : ORIENS, AYSTER, AQVILO, OCCIDENS (fol. 94 v® et 95), — et ANATOLIS, DISSIS, ARCTOS, MISIMBRIA (fol. 95 v® et 96).

J’ai fait remarquer combien l’écriture du sacramentaire ressemble à celle de la Bible offerte à Charles le Chauve par le comte Vivien. L’analogie est encore plus frappante quand on examine la décoration des deux manuscrits.

Les petits sujets peints en or sur fond blanc, avec des liserés de vermillon, sont tout à fait caractéristiques. Je rappellerai les deux anges et le portier du fol. 2, les chèvres du fol. 7 v®, les trois tableaux du fol. 8, reproduits sur une de

4 . Voyage littéraire de deux religieux bénédictine, par l’abbé Devoucoux , pl. 11 , fig. vi. — Étude» de I,i, 154. — Ancienne liturgie du diocèse ifAutun, symbolique chrétienne, par M. de Bastard, p. 89.

nos héliogravures, les lions du fol. 9 v # , les taureaux du fol. 10, les ooqs du fol. 10 v% l’agneau divin du fol. 11 v° et la bénédiction du cierge pascal du fol. 98. C’est dans les mêmes proportions et avec les mêmes procédés qu’on a peint dans la Bible de Charles le Chauve deux scènes de la vie de Moïse ', le prophète Isaïe 2 , Tobie perdant la vue 9 , le roi Alphaxad 4 , les deux fileuses de la première page de Judith 5 , les deux anges de la première page des Machabées et de la troisième page des canons 6 , un apôtre ou un évangéliste. 7 , une basse-cour et un troupeau 8 , les deux oiseaux et les deux lions qui ornent le titre courant de l’évangile de saint Marc 9 .

Les motifs de décoration sont absolument les mêmes dans les deux manuscrits. Pour faciliter la comparaison, j’en indique un certain nombre, en renvoyant aux pages du sacramentaire et de la Bible sur lesquelles on trouvera des sujets identiques :

Médailles ou médaillons. — Sacramentaire, fol. 2, 8 v°, 142 , etc. — Bible, fol. 1 v°, 8, 12, 146.

Couronnes à fleurs de lis, suspendues à des portiques. — Sacramentaire, fol. 93 v® et 94. — Bible, fol. 9, 9 v®, 326 et 384.

Aiguières suspendues à des portiques. — Sacramentaire , fol. 95 v® et 96. — Bible , fol. 9 v®, 326 et 327.

Lampes en forme de cornets. — Sacramentaire, fol. 2, 95 v® et 96. — Bible, fol. 326 v®, 327 v® et 283 v®.

Les signes du zodiaque. — Sacramentaire, fol. 12 , 96 v® et 97. — Bible, fol. 8.

Deux lions affrontés. — Sacramentaire, fol. 9 v®. — Bible, fol. 8 et 340.

Deux coqs. — Sacramentaire, fol. 10 v®. — Bible, fol. 49.

Une main sur une croix. — Sacramentaire, fol. 2. — Bible, fol. 317.

Croix surmontée d’une colombe et supportant l’alpha et l’oméga. — Sacramentaire, fol. 2. — Bible, fol. 327.

4. Fol. 28. PI. xix de la publication de M. de Bastard , relative à la Bible de Charles le Chauve.

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