‹ Le Sacré Cœur de Jésus dans ses rapports avec MarieChapitre 52 sur 176 · I. JOAN. IV · texte numérisé non relu

I. JOAN. IV

(2) s. Matth., XXII, 37-::'.»: Deuter., VI, ."..

veur. » C'est exactement le langage que nous tenons à notre royale Esther de la Loi nouvelle. Sans doute, nous n'hésitons point à nous adresser directement nous-mêmes à ce Cœur adorable de Jésus, dont l'accès nous est toujours largement ouvert. Toutefois, nous savons que personne ne connaît et ne sait trouver, comme Marie, les avenues de ce Cœur sacré qui, durant tant d'années, a reposé et palpité sur son propre cœur. Toutes les pensées, toutes les dispositions du Cœur de son Fils Jésus, comme aussi toutes les souffrances, toutes les détresses du cœur des chrétiens, ses fils adoptifs, sont en quelque sorte à nu et à découvert pour ses yeux maternels, et d'elle aussi l'on peut dire que rien de ce qui concerne la créature humaine n'est invisible à son regard (1). Or, parce que le Cœur du Fils est ainsi transparent pour l'œil de la mère, parce que le Cœur du Fils est tout entier acquis aux volontés de la mère, parce qu'elle exerce sur lui cette toutepuissance suppliante qu'ont affirmée et qu'ont célébrée les saints docteurs, nous faisons appel à cet empire merveilleux, assurés qu'il déterminera dans le Cœur miséricordieux du Sauveur des mouvements de compassion, des sentiments de pardon, des transports de charité et de tendresse, dont nous serons redevables à cette bienheureuse entremise. Oui, une invocation, une parole, jetée du cœur de la mère dans le Cœur du Roi, son Fils, et notre cause sera gagné3 : Et tu, invoca Dominion, et loquere Régi pro nobis.

IV. En considérant la statue placée au-dessus de cet autel, en voyant cette main de Marie posée sur le Cœur de Jésus, un texte du livre des Proverbes s'est présenté à mon esprit: Sicut diïisiones aquarum, ita cor régis in manu Domini: quocumque voluerît, inclinàbit illud (2).

Voyez-vous ce bassin, cette source, dont les eaux peuvent être partagées et conduites ici ou là par une main habile et puissante? Ainsi en est-il du cœur du roi dans la main du Seigneur: elle l'inclinera partout où elle voudra. Or, l'on peut, dans uni' certaine mesure, et en maintenant toujours la notion de Yoninipotentia suppleœ, dire la même chose du Cœur du Roi Jésus dans les mains de sa mère: elle a le privilège d'en diriger comme à son gré les mouvements, li s effusion^, et de les faire abonder

(1) Hebr., IV, 15.

(2) Prov., XXI, 1.

davantage où elle porte sa préférence : Ita et Cor régis in manu illius: quocumque voluerit, inclinabit illud.

0 vous donc, gracieuse et charitable Rébecca, qui êtes en permanence auprès de cette riche fontaine, daignez incliner l'urne vers moi. Notre-Dame du Sacré-Cœur, abaissez ce vase de miséricorde et de grâce jusqu'à mes lèvres, afin que je boive et que je me désaltère: Inclina hydriam tuam ut bibam{\). Que dis-je? ma demande est trop réservée; plus serviable encore que votre devancière, ô Marie, vous voulez, vous aussi, puiser à la source de quoi rafraîchir tout le troupeau: Quin et hauriam.... donec cuncti bibant (2). Ouvrez donc, ô Marie, ouvrez-nous cette veine d'eau vive dont votre Fils a dit que le sein dans lequel elle sera versée deviendra lui-même une fontaine d'eau jaillissante jusque dans la vie éternelle (3). Ouvrez-la à tant et tant de cœurs qui ont soif de mieux connaître et d'aimer davantage votre divin Fils; ouvrez-la à tant d'àmes que dévorent, à l'heure présente, la douleur et l'inquiétude; ouvrez-la, cette source du Cœur de Jésus, à ces peuples infortunés qui le renient, à ces sociétés mourantes qui l'abandonnent; ouvrez-la à cette France qui eut l'honneur de la double initiative du culte de ce Cœur adorable et de votre invocation sous le Nom de Notre-Dame du Sacré-Cœur ; ouvrez-la à cette capitale de la chrétienté qui se plait à ratifier les élans partis du cœur de la France; ouvrez-la à cette famille religieuse, restauratrice et gardienne de votre sanctuaire, à ces jeunes lévites qui seront les apôtres de votre culte et du culte du Cœur sacré de Jésus. Enfin, en l'ouvrant aux troupeaux, ouvrez-la plus libéralement encore, cette source divine, aux pasteurs des bercails, particulièrement au Chef de tous les pasteurs et de tous les troupeaux, à ce Léon dont nous saluons aujourd'hui la fête, et qui plus d'une fois a fait directement appel à votre qualification de Notre-Dame du Sacré-Cœur . Permettez, ô Vierge sainte, qu'en terminant cette allocution, je lui adresse du pied de votre autel, comme un bouquet de fêt<j, le souhait que nos prédécesseurs des Gaules envoyaient à son glorieux devancier, saint Léon le Grand:

Nous félicitant nous-mêmes et bruissant le Seigneur de

(1) Gen , XXIV, 14.

(2) Ibid., 19.

(3) S. Ioan., IV, 14.

ce qu'il a donné un Pontife d'une si grande sainteté, d'une si grande foi et d'une si grande doctrine à ce Siège apostolique, d'où la source et l'origine de notre religion s'est répandue dans le monde entier, nous le conjurons de nous conserver bien longtemps le présent qu'ils nous a fait en votre personne pour l'édification de toutes les Eglises. Et quant à nous, bien qu'inférieurs en mérites, animés pourtant d'une même foi, si, ce qu'à Dieu ne plaise, quoi que ce soit de sinistre était tenté contre l'Eglise catholique par des attaques profanes, nous sommes prêts, avec l'aide de Dieu, à livrer nos âmes avec vous pou v la doctrine, et à faire hommage de notre vie à l'auteur de notre salut et au dispensateur de la vie éternelle (1). — Ame\.

« Ce nom si glorieux, ce Nom si doux de Notre-Dame du « Sacré-Cœur, ne peut manquer d'être accueilli favorablement «par les pieux fidèles, et de plaire à Xotre-Seigneur comme à « sa très sainle Mère.

« Cette invocation offre en particulier l'avantage de réunir « dans une même pensée les deux grandes dévotions qui ont, « maintenant surtout, plus d'actualité, et qui doivent sauver le « monde, si le inonde peut encore être sauvé. »

Mgr Mellon Jolly, archevêque de Sens, 1863.

« C'est une pensée sainte et consolante que celle d'honorer « et d'invoquer Marie sous le titre de Notre-Dame du Sacré- « Cœur. F]n prenant la nature humaine, le Verbe divin s'est ap- « proprié tous les éléments qui la composent, dans l'état de per- « fection à laquelle l'éleva l'union hypostatique: Debiût per omnia i fratribus similari. (Hébr., XI, 17). Notre-Seignenr possède donc

tli Gratulantes quod tantae sanctitatis, tantae ftdei, tantaeque doctrinae apustolicae sedi. unde religionis aostrae, propitio i)eu. tons et origo manavit, antistilem ded'Tit: petentes etiam ut datum concessumque munus pontificii veatri, longrissima ad aedificationem Ecclesiarum suarum aetate custodiat. Nus autera, et^i meriti* impares, pari tamen fld>-, si quid, quod absit, contra Ecclesiam catholicam

profana infestatii tentetur, parati sumus, confortant- Domino, cum Beatitudine

vestra pro veritate fidei animas nostras ponere, et vitam liane auctori salntis et Largitori aeteraitatis impendere. (Eptst. Ravennii et altorum Eptscopornm Goinae ad Leonem Papam. Opp S. Léon., post. epist. I.I.).

« dans le degré le plus éminent le sentiment de l'amour filial, « l'un des plus nobles du cœur humain; et, loin de s'en dépouiller « depuis sa Résurrection et sa glorieuse Ascension, il l'eût dilaté, « fortifié, élevé à sa plus haute puissance, s'il était permis de le « dire, dans son état de transfiguration bipnheureuse où il est « assis à la droite de son Père. De là, il est facile de conclure « que l'auguste Vierge Marie exerce auprès de son Cœur divin « un ineffable pouvoir. C'est pourquoi Elle a été appelée juste- « nient, par un de ses plus dévots serviteurs, une toute puissance «Suppliante: omnipotentia Supplex. On est donc assuré d'aller « au Cœur de Jésus par le Cœur de Marie, et c'est une douce « consolation pour les pauvres humains que d'invoquer comme leur « tendre Mère Celle qui peut, comme le Père céleste lui-même. « dire à notre grand Médiateur: « Vous êtes mon Fils. »

Mgr l'Evêque de Rodez, 1868.

« Il serait trop long de vous dire tout ce que je pense de votre « pieuse Association de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Il me sem- « ble que vous avez réalisé une pensée qui descend de la Croix: « c'est durant la Passion et surtout durant les heures de l'agonie « que le Cœur du Fils et celui de la Mère étaient tendrement «unis et souffraient ensemble les mêmes douleurs; c'est en ce « moment que le Cœur de Marie acquit un ineffable pouvoir sur « le Cœur de Jésus. Aussi ces deux dévotions doivent être in- « sèparables. Priez qu'elles se répandent de plus en plus dans « mon cher diocèse, et qu'elles m'obtiennent la conversion de* « pécheurs. »

Mgr Patrice Cruice.

évêque de Marseille, 1864.

« Ce titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur dit tout ce que « la piété peut inspirer de délicat et d'affectueux envers la Reine « des Anges. L'invoquer sous ce vocable, c'est proclamer sa puis- « sance sur le Cœur de son divin Fils. »

Mgr J.-B. Lyonnet, évêque de Valence, 18i;:;.

mort Archevêque d'Albi.

« Je fais des vœux ardents pour que la très sainte Vierge, « connue et invoquée sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, « ouvre aux justes et aux pécheurs les sources de grâce et de « miséricorde contenues dans le Cœur de son divin Fils. »

Mgr C. Fillion, évèque du Mans, 1863.

« Je ne puis mieux faire que de m'associer aux éminents « suffrages que vous avez déjà reçus. Ils sont bien de nature à * vous encourager dans votre pieuse entreprise.

« N'ai-je pas d'ailleurs un motif et une obligation spéciale de « m'intéresser à tout ce qui touche au culte du Sacré-Cœur et «. en facilite la diffusion, puisque c'est dans le diocèse d'Autun que « ce Cœur adorable du Sauveur Jésus a daigné se révéler à son « humble servante, et recevoir les premiers hommages de la piété « chrétienne? Je bénis donc bien volontiers votre travail, et je « souhaite qu'il se répande en faisant partout aimer davantage « Jésus-Christ et sa douce Mère, qui veut être aussi la nôtre. »

Mgr de Marguerye,

êvêque d'Autun et de Châlons, 1863.

« J<j n'ai nullement tardé à approuver votre gracieuse er « pieuse pensée, de grouper en une seule les deux dévotions si « douces de Marie et du Cœur de Jésus. Rien n'est plus cher à « une mère que le cœur de son fils; et le cœur d'un fils n'aime « rien tant que sa mère. Puissiez-vous ainsi déterminer beaucoup '< d'âmes à s'enrôler sous la double bannière de Marie et du « Sacré-Cœur! Le Sacré Cœur de Jésus est la féconde source de « toutes les grâces; mais saint Bernard nous avertit qu'entre les « grâces de Dieu et nous il y a toujours Marie: Omnia nos vo- « luit habcre per Mariam. »

Mgr François de la Bouillerie, êvêque de Carcassonne, 1866, mort eoadjuteur de Bordeaux.

« Ce titre est aimable et touchant; il doit être doux au Cœur « de la Mère et parler au cœur de ses enfants. Il rappelle si bien « le pouvoir que Notre-Seigneur a donné sur son Cœur à Celle « de qui II a voulu recevoir la vie! Il unit ensemble deux dévo-

« tions dont l'une conduit à l'autre et qui se soutiennent mutuel- « lement. Le culte du plus saint et du plus aimable de tous les « coeurs, si doux et si attrayant par lui-même, le devient encore « plus, s'il est possible, lorsqu'on le place sous les auspices de « Celle qui l'a aimé du plus pur et du plus ardent amour-, il de- « vient surtout plus efficace lorsqu'on s'adresse, pour le toucher * et pour le gagner, à Marie qui n'a qu'à demander pour obtenir. « Je ne m'étonne donc pas de l'attrait que ce nom a pour les « âmes pieuses et des grâces qu'il obtient à ceux qui le pronon- « cent avec confiance et amour. »

Mgr l'Evêque de Mende, 1803.

« C'est avec un sens profond des choses, que saint Bernard « appelait Marie dans sa gloire: « Une toute-puissante Suppliante: « Omnipotentia suppleoc. » Sur la terre, cette auguste Vierge « commandait à son adorable Fils ; dans le Ciel, Elle ne fait plus « que le bénir et le prier. Mais son intercession n'est pas moins •< puissante que son autorité. Quand Elle donnait des ordres, Jésus « obéissait : Et erat subditus; quand Elle adresse des prières, « Jésus ne résiste pas davantage. En consacrant cette douce per- « suasion de l'Eglise, le titre que vous décernez à Marie sera « précieux à ses enfants et contribuera, je l'espère, à développer «, dans leurs âmes ces sentiments de confiance qui vont si bien « au culte de cette divine Mère. »

Mgr H. Plantier, évèque de Nîmes, 1863.

« J'ai visité aujourd'hui l'Eglise heureusement acquise par la « Congrégation des Missionnaires du Sacré-Cœur, d'Issoudun, le « couvent merveilleusement construit au-dessus de l'Eglise, et la « réunion des Scolastiques de cet Institut.

« Dieu est là.

« Cette Congrégation vérifie son nom si bien porté , et ce « nom est pour elle la garantie d'un grand avenir. Que ses mem- « bres veuillent bien dire quelquefois pour moi et à mes inten- « lions un Ave Marie à Notre-Dame du Sacré-Coeur.»

Son Eminence le Card. Dechamps,

archevêque de Malines, 1880.

« J'ai confiance dans les fruits de bénédiction que doit pro- « diiire, pour la sanctification des aines, la nouvelle et significa- « lier appellation de Notre-Dame du Sacré-Cœur donnée à la Mère « de la divine grâce.. »

Mgr P. Le Breton, évêque du Puy, 1863.

« J'approuve de tout cœur et sans réserve l'Association de « Noire-Dame du Sacré-Cœur, et je désire la voir établie et ré- « pandue dans tout mon diocèse. »

Son Eminence le Card. Manning, arcii. de Westminster.

« La fin que se propose l'Asssociation de Notre-Dame du « Sacré-Cœur a droit à ma plus chaleureuse approbation. Le « nom sous lequel vous désignez cette Association est plein d'une « puissante et pieuse signification. Une telle Confrérie et un tel « nom paraissent compléter la couronne qu'en témoignage d'hon- « neur les fidèles déposent aux pieds de la Mère immaculée du « Verbe fait chair. »

Mgr l'Evêque de Menevia et Newport.

Page 1