DES MISSIONNAIRES DU SACRÉ-CŒUR
(Issoudun, Indre.)
Issoudun, le 24 août 1884, fête du Saint Cœur de Marie.
Monseigneur,
Vous fûtes heureux, en venant vous asseoir sur le siège de Bourges, qu'ont illustré tant de glorieux Pontifes, de trouver au centre du vaste diocèse, confié à votre pieuse sollicitude, le foyer de deux grandes dévotions connues aujourd'hui du monde entier.
Ayant reçu de Rome la mission officielle de répandre le culte du Sacré-Cœur de Jésus, nous avons mis tout en œuvre pour atteindre ce but. Malgré nos efforts, nous voyons avec peine que cette salutaire dévotion, donnée par Notre-Seigneur lui-même aux sociétés modernes, comme une planche de salut, ne se propageait pas au gré de nos désirs. Sachant que tout se fait par Marie, nous eûmes la pensée de l'associer à la diffusion de la connaissance du Cœur de son Fils.
Mais il lui fallait un titre nouveau qui marquât sa coopération à cette œuvre de régénération ! C'est alors que nous vint la pensée de la nommer Notre-Dame du Sacré-Cœur. Notre espérance ne fut pas trompée. Quinze millions d'âmes s'empressèrent de se mettre sous sa protection, et se firent avec Elle les zélées propagatrices de la Dévotion au Cœur de Jésus.
Nos nombreux adhérents, témoins des prodiges qui s'opéraient, chaque jour, dans la nouvelle Association, ne cessaient de nous demander un livre qui pût leur faire connaître et aimer encore davantage ce Cœur divin, source de toute bénédiction, et Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Ce livre paraît aujourd'hui, Monseigneur. Comme les questions qu'il renferme sont de la plus haute importance et touchent non seulement aux dogmes les plus élevés de notre foi, mais aussi aux points les plus délicats de la science moderne, je l'ai soumis, d'après les conseils de Votre Grandeur, à l'examen du maître du Sacré-Palais, à Rome, qui l'a jugé digne de l'impression.
Je tiens à vous dire, Monseigneur, que les nombreux textes, cités
dans le cours de ce travail, à l'appui des thèses qui s'y trouvent développées, ont été contrôlés avec soin et vérifiés à leurs sources.
Je suis heureux de vous offrir le premier exemplaire de cet ouvrage' hélas ! trop imparfait, car les occupations si multipliées de mon laborieux ministère ne m'ont pas permis de le soigner comme je l'aurais désiré.
Si, malgré ces défauts, Votre Grandeur daigne lui donner sa haute approbation, les fidèles l'accueilleront avec une confiance d'autant plus empressée que Votre piété si éclairée et Votre doctrine si sûre l'auront jugé digne d'être mis entre leurs mains.
Daignez le bénir, Monseigneur, et l'agréer comme un nouveau témoignage de mon profond respect et de ma vive reconnaissance in Corde Je su.
J. Chevalier, missionnaire du Sacré- Cceur.
archevêché Touvent, près Châteauroux, le 20 septembre 1884.