DE BOURGES
Mon révérend Père,
Je vous remercie de l'hommage que vous avez bien voulu me faire de votre beau livre : Le Sacré-Cœur de Jésus dans ses rapports avec Marie, ou Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Je l'ai lu de nouveau, et une fois encore j'ai éprouvé une vive et profonde jouissance en voyant se dérouler dans vos savantes pages, cette longue chaîne de la Tradition catholique qui nous montre la Vierge Marie inséparablement unie à son divin Fils, dans les douleurs du sacrifice de la croix, aussi bien que dans les joies du mystère de l'Incarnation, dans les splendeurs de la gloire aussi bien qu'au milieu des humiliations de la vie cachée. Vous le démontrez parfaitement, mon révérend Père : il est impossible d'aimer le Fils et de lui plaire, si on n'aime pas la Mère et si on ne l'honore. C'est qu'en effet elle occupe la première place dans le cœur de son Fils : de là son beau titre de Notre- Dame du Sacré-Cœur qui exprime si bien la puissance de l'amour maternel qui supplie et de la piété filiale qui exauce. Si, comme j'en ai la confiance, votre livre fait mieux saisir, mieux comprendre et sentir les raisons de l'amour de prédilection de l'Auguste Trinité et plus particulièrement du Verbe Incarné pour la Vierge-Mère, il aura contribué à rendre la dévotion, la confiance envers la Reine du Ciel plus profonde, plus ferme et plus efficace, parce qu'il l'aura rendue plus agréable à Notre- Dame du Sacré-Cœur qui en est l'objet.
Votre beau et bon livre sera reçu avec confiance, puisqu'il a
été examiné et autorisé à Rome ; on le lira avec joie, parce que tous sentiront que c'est de toute votre âme que vous aimez et que vous travaillez à faire aimer Notre-Da?ne du Sacré-Cœur.
Je prie cette divine Mère de vous obtenir la récompense qui sera la plus douce à votre cœur. Je lui demande donc de protéger vos fils qui saluent en Elle Y Étoile de la mer, et s'en vont, sans autre appui, porter la bonne nouvelle aux populations à peine connues des îles lointaines de l'Océanie, et je la supplie de vous accorder de pouvoir bientôt la remercier et la bénir dans ce sanctuaire où tant d'âmes reviendraient en foule l'honorer et l'invoquer.
Veuillez agréer, je vous prie, l'expression des sentiments affectueux avec lesquels je suis, mon révérend Père, votre bien dévoué en Notre-Seigneur.
J- Joseph, archevêque de Bourges.
À NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR
Le 8 septembre 1869, dans votre sanctuaire privilégié d'Issoudun, ô Notre-Dame du Sacré-Cœur, votre Pontife bien-aimé, Pie IX, de sainte mémoire, déposait sur votre front, par les mains bénies de l'Ange du diocèse de Bourges, Mgr. de la Tour d'Auvergne, une couronne d'or et de diamants, en présence de douze Evêques et de trente mille Pèlerins.
1. Après les désastres de notre infortunée Patrie, votre Basilique fut témoin d'un nouveau triomphe, jusqu'alors sans exemple. De tous les points du monde civilisé, de nombreux chrétiens accoururent déposer à vos pied:1, le tribut de leur amour et de leur reconnaissance. Deux cent cinquante bannières, venues de l'Amérique, de l'Asie, de l'Afrique, de la Russie, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Hollande, de la Belgique et de la France, flottent, en Votre honneur, dans nos murs.
Trente mille étrangers se groupent autour de Vous et Vous forment un cortège incomparable. Dans les rues pavoisées, couvertes de fleurs et ornées d'arcs de triomphe, défile une longue suite de Pontifes, de Prêtres et de Fidèles. L'air retentit du chant de vos cantiques; la prière jaillit de toutes les lèvres et la joie déborde de tous les cœurs.
Hélas ! pourquoi cet Hosanna devait-il si tôt se changer en tristesse? Oui, pourquoi? Dites-le-nous, ô Notre-Dame? Car la foi des faibles chancelle et les forts eux-mêmes ont besoin d'être rassurés!! Ah! je vous compromis! Ici, comme toujours, la Mère
esi inséparable du Fils. La captivité de l'un entraîne nécessairement celle de l'autre. Votre Cœur ne peut quitter son trésor (1). Liée au Cœur de Jésus par les nœuds les plus sacrés et les plus indissolubles, puisant en Lui votre confiance et votre force, votre puissance et voire amour, les secrets de vos miséricordes et la vie de vos enfants, Vous ne pouviez en être séparée-, il Vous fallait boire au même calice et le vider avec Lui jusqu'à la lie.
Voilà une première raison !