DECRET
En 1854, commença à fleurir à Issondun, Archidiocèso de Bourges, en France, une Société do prêtres qui consacrèrent leurs forces, leur intelligence et leurs soins à cultiver la vigne du Seigneur, principalement par les saintes missions. Ils prirent le nom de Missionnaires du Sacré Cœur de Jésus.
Pour attirer sur eux et sur leur œuvre les faveurs de Marie, Mère de Dieu, ils se réfugièrent sous sa protection, et, le 8 décembre, jour d1 si heureux présage, où fut placée parmi les dogmes de Foi sa Conception immaculée, ils commencèrent les premiers à honorer Marie sous le titre de Notre-Dame bu Sacré- Cœur. Mais la diffusion de ce culte parmi les fidèles du Christ fut tellement rapide qu'une confrérie sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur fut établie dans leur Eglise d' Issondun, par l'autorité de l'Ordinaire, le 29 janvier 1864.
Le Saint Siège non seulement gratifia cette Confrérie des plus amples indulgences, l'érigea en Archiconfrérie, et donna à l'Archevêque de Bourges l'autorisation d'en couronner la statue, en son propre nom; mais encore il proclama l'union très étroite et indissoluble de l'Institut lui-même avec la Confrérie. Car dans le décret de louange rendu en faveur de l'Institut, par la sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, le 8 mars 18(30, les membres en sont appelés Missionnaires de Notre-Dame du Sacré- Cœur, et, le 17 juillet 1874, Pie IX, de sainte mémoire, décora leur église d'Issoudun du titre et des privilèges de Basilique mineure.
Mais Rome qui surpasse de beaucoup les autres villes, et par sa dévotion et par sa piété ardente envers Marie, Mère de Dieu, commença à l'honorer sous ce même vocable; et le 8 décembre 1872, la Confrérie de Notre-Dame Immaculée d'Issoudun fut régulièrement établie dans l'église de Saint-André du Quirinal. Des lettres Apostoliques, du 8 juillet 1873, accordèrent à ladite Confrérie de jouir dos indulgences dont celle d'Issoudun avait été enrichie, et d'autres lettres, en forme de brefs, en date du 5 août, lui donnèrent les titres et les droits d'Archiconfrérie. Elle fut transférée ensuite de l'église de Saint-André du Quirinal à
celle de Saint-Venant, et de cette dernière à l'église de Saint- André délia Valle.
Or, la Société des Missionnaires du Sacré-Cœur, ayant acheté dans cette auguste ville, il y a quelques mois, l'église de Saint- Jacques des Espagnols, sur la place Navone, pour la relever de ses ruines et de la dégradation où elle était tombée, et la rendre à son anlique splendeur, obtint du Souverain Pontife, le 16 novembre 1878, la faculté de la consacrer à Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus, et d'y construire un couvent pour ses Missionnaires. Le prêtre Jules Chevalier, Fondateur et. Supérieur Général de ladite Société?, adressa à notre Très Saint Père le Pape Léon XIII d'instantes prières pour que l'Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus, qui est présentement établie à Saint-André délia Valle et qui tire son origine de l'Archiconfrérie d'Issoudun, fût transférée par l'autorité Apostolique dans l'église de Notre- Dame du Sacré-Cœur de la place Navone, et confiée aux soins et à la direction de son Institut.
Notre Très Saint Père, ayant pesé les motifs allégués ei déférant avec bienveillance aux prières du suppliant, a ordonné et ordonne par le présent Décret que l'Archiconfrérie soit transférée dans l'église de Noire-Dame du Sacré-Cœur, sur la place Navone, et confiée entièrement aux soins et à la direction des Missionnaires du Sacré Cœur de Jésus, avec les droits et privilèges accordés à ladite Archiconfrérie, à la condition toutefois que ladite Archiconfrérie, ainsi confiée aux soins et à la direction des Missionnaires, soit en fout soumise au seul Eminentissime Cardinal Vicaire.
Cependant Sa Sainteté afin de laisser dans l'église de Saint- André délia Valle un souvenir de l'Archiconfrérie, a voulu que l'image de Notre-Dame du Sacré-Cœur, exposée dans cette église au culte public, y fût maintenue; que les ex-voto déjà donnés parles fidèles, y fussent conservés-, que les messes, fondées jusqu'à ce jour se célébrassent comme dans le passé, et qu'à l'avenir on y fit. seulement les prières demandées par la dévotion et la piété des fidèles.
Et ce, nonobstant la règle de Jure quaesito non tollendo, et tout autre, in contrarium, quelle qu'elle soit, digne même de mention et dérogation spéciales et individuelles.
A ces causes, le Saint Pèiv a ordonné que le présent Décret soit fait et notifié à qui de droit.
Donné à Rome, de la Secrétairie de la Congrégation des Indulgences et des saintes Reliques, le 26 avril 1879.
Al. Cardinal Oreglia a S. Stephano, préf. Place -f- du sceau. A. Panici, secrétaire.
(texte latin).