À PERPÉTUITÉ
Nous avons appris qu'il existe à Issoudun, diocèse de Bourges, une Société ou Association de pieux laïques, appelée Tiers-Ordre du Sacré-Cœur, parce que les liens d'un commun amour envers le Sacré Cœur de Jésus l'unissent à l'Institut de ses Missionnaires qui existe légalement dans ledit diocèse, ainsi qu'on Nous l'assure. Cette Association fait suite à la seconde branche du susdit Institue composée dos Prêtres séculiers du Sacré-Cœur qui lui sont agrégés. Érigée canoniquement, ainsi qu'on Nous l'affirme, ell" a pour but la sanctification de ses membres et la défense des intérêts de l'Église au milieu du siècle.
Mû par les sentiments d'une tendre charité qui Nous presse d'ouvrir les trésors de l'Église pour le développement de la piété et pour le bien des âmes, et désirant vivement que cette Société prenne chaque jour de nouveaux accroissements, Nous accueillons favorablement les prières qui Nous ont été adressées, et Nous confiant en la miséricorde de Dieu Tout-Puissant, et en l'autorité de ses Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, Nous accordons :
1. Une indulgence plénière à tous et à chacun des fidèles, le jour où ils seront admis comme Novices dans ledit Tiers-Ordre du Sacré-Cœur d'issoudun, pourvu que, véritablement contrits et s'étant confessés, ils reçoivent la sainte Eucharistie.
2. Une indulgence plénière et la remission de tous leurs péchés à tous ceux qui ont été admis ou qui le seront à l'avenir, le jour où ils feront leur profession respective, selon les règles de ladite Société; pourvu que véritablement contrits, confessés et nourris de la sainte Communion, ils visitent dévotement l'église de cette même Société, s'il y en a une, ou, à son défaut, leur propre église paroissiale, et y adressent à Dieu de ferventes prières pour la concorde entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies, la conversion des pécheurs et l'exaltation de Notre Sainte Mère l'Eglise.
3. Une indulgence plénière et la rémission de leurs péchés à tous les Tertiaires du Sacré-Cœur, présents et futurs, aux conditions énoncées ci-dessus: aux fêtes de la Navivité, de la Résurrection de Notre-Seigneur (Pâques) et le jour de la solennité du Très Saint Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Fête-Di<ju), et encore aux Fêtes de la Conception, de l'Annonciation et de l'Assomption de la Bienheureuse Marie, Vierge Immaculée, et de plus le jour de la fête de saint Joseph, époux de la Vierge Immaculée, mère de Dieu, et un autre jour, déterminé une fois pour toutes par l'Ordinaire, depuis les premières vêpres jusqu'au coucher du soleil de tous ces jours ci-dessus indiqués.
De plus, Nous accordons aux mêmes Tertiaires, dans la forme accoutumée: 1° une indulgence de sept années, lorsque, contrits de cœur, ils visiteront l'église mentionnée plus haut et y prieront, comme il a été dit, le premier vendredi du mois; 2° une indulgence de soixante jours, pour toute bonne œuvre accomplie suivant les règles de la Société. Enfin, Nous permettons d'appliquer, par manière de suffrage, toutes ces indulgences et remises de peines aux âmes du purgatoire: et ce, nonobstant toute disposition contraire. Les présentes vaudront à perpétuité.
Nous voulons aussi qu'aux exemplaires manuscrits ou imprimés des présentes lettres, signées de la main de tout notaire public, et munies du sceau d'une personne établie en dignité ec-
clésiastique, on ajoute la même foi qui serait ajoutée à ces présentes elles-mêmes, si elles étaient produites ou montrées.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 29 janvier 1878, en la trente-deuxième année de notre Pontificat.
Pour le cardinal Asquinius,
D. Jagobinus, Subst.
Place de l'anneau f du Pêcheur.
(texte latin).
PIUS PP. IX