‹ Le Sacré-Cœur de Lanoraie [microforme]Chapitre 5 sur 18 · L'ARRIVÉE AU QUAI · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE AU QUAI

de leurs longues causeries. A l'extrémité ouest du village, les maisons .e font plus drues, s’enfoncent dans l’intérieur le long des rues perpendiculaires à ce fleuve aimé qui pourtant ici a déjà englouti, aux années des grands éboulis, arbres, maisons, jardins, cimet'ère et église. Aussi l’élégante église romane actuelle, construite en belles pierres de taille, s’est-elle éloignée de la côte capricieuse. Du fleuve on voit son harmonieuse façade et son joli clocher émerger d’un bouquet d'érables, tout près du couvent-

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hospice et de l'école modèle des garçons. C'est vers ce poétique endroit que se dirigent chaque année de longues théories de pèlerins qui, dans l'intervalle des prières, se répandent Par groupes

Popularité croissante.

«Le 24 juillet 1882, nous, Édouard-Charles

Lanoraie, une Statue, en plâtre, du Sacré-Cœur de Jésus, et en vertu d’une permission spéciale

nous accordée par Notre Très Saint-Père le Pape, Léon XIII, actuellement réghnant.

«Les motifs qui ont déterminé le Saint-Père à accorder la faveur du Couronnement à la dite Statue du Sacré-Cœur avaient été exposés dans une pétition (lettre au cardinal Siméoni, 11 mars 1882) rédigée Par le curé de la Paroisse, le Rév. C.-A. Loranger, et présentée à Sa Sainteté par Mgr Bourget, ancien évêque de Montréal et

Partibus infidelium.

«Voici en substance la narration du fait que

la dévotion populaire a regardé commè miraculeux.

«En juin 1881, à la suite d’un office du soir, en l'honneur du Sacré Cœur, le feu s’alluma pendant la nuit on ne sait comment, à l'autel où l’on vénérait la statue du Sacré-Cœur. Personne ne s’aperçut d’abord ni de l’origine ni des progrès de l'incendie et ce ne fut que le lendemain matin à cinq heures que le bedeau, en ouvrant l'église, aperçut les flammes qui couronnaient l'autel et menaçaient de courir des boisures du chœur à la voûte de l'église. Fermer la porte de l'église et appeler les gens du voisinage pour maîtriser l'incendie fut pour lui l'affaire d’un instant. Au grand étonnement des témoins de cette scène, les flammes ne semblaient point être d'une couleur ordinaire; elles paraissaient tantôt rouges comme du sang, tantôt bleuâtres et mêlées d'autres teintes. La statue du Sacré-Cœur qui se trouvait sur l’autel en flammes, ne reçut aucune atteinte à part le piédestal qui fut un peu noirci. En peu d’instants l'incendie fut maîtrisé et la dévotion populaire attribua à un miracle opéré par le Sacré Cœur, la protection qui avait sauvé d’une r iine désastreuse l’église de Lanoraie, temple complètement neuf, magnifiquement bâti au prix de beaucoup de sacrifices de la part du zélé et infatigable M. C.-A. Loranger, curé actuel, et de ses dévoués paroissiens. C'est cette Statue décorée avec goût et l’objet d’une vénération particulière qui a été couronnée et portée

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processionnellement dans les rues du village, au bruit du canon, au son retentissant des cloches, au milieu des cantiques et des hymnes du clergé et du peuple. »

Depuis lors, la dévotion au Sacré Cœur n'a cessé de grandir à Lanoraie, et chaque année les pèlerins étrangers se comptent par milliers.

Ceux de Montréal s'y rendent d'ordinaire en bateau. Le départ a lieu à sept ou huit heures du matin. Après quatre heures d'une ravissante navigation au milieu du panorama incomparable que présentent la grande ville, les îles pittoresques, les deux rives du fleuve avec leur moisson ‘de clochers, de villages et de blanches maisonnettes, le bateau accoste au quai de Lanoraie. C'est fête ce jour-là au village. Les maisons sont pavoisées, les drapeaux ondulent aux mâts. La procession des pèlerins se forme et, bannières déployées, au chant des cantiques et au son des cloches, elle se rend au sanctuaire du Sacré-Cœur, distant de quatre arpents du débarcadère. Alors a lieu l'office religieux, ordinairement un sermon sur le Sacré Cœur et une messe basse à laquelle communient les pèlerins. Parfois le bateau fait escale à la bonne Sainte-Anne de Varennes et c'est là que se donne la communion. Après l'of. fice, les pèlerins se dispersent dans le village s'installent sous les grands arbres de la côte s: pittoresque à la hauteur du couvent, ou même se rendent au «domaine» où des tables rus tiques sont mises à leur disposition sous des pin:

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