‹ Le sacrement de l'orde d'après le pontifical romainChapitre 5 sur 8 · VÊTEMENT SACERDOTAL · texte numérisé non relu

VÊTEMENT SACERDOTAL

Dans l’ancienne Loi, Dieu lui-même avait pris soin de déterminer dans tous ses détails les costumes du Souverain Pontife et des prêtres. ( Exode , xxvm.) Il avait répandu son esprit d’intelligence sur les artistes appelés à les confectionner. (76. 3.)

Il y a une corrélation naturelle entre le costume et celui qui le porte. Le diadème désigne le roi; le manteau de pourpre et d’hermine, le juge ou le magistrat; la botte et l’éperon, le cavalier ; la robe de bure, le pénitent ; la blouse, l’ouvrier. Ne soyons donc pas étonnés de cette assertion de saint Jérôme : La religion divine veut que nous ayons pour le service de l'autel un habit différent de celui que nous portons dans les usages ordinaires de la vie . Ce costume plus précieux, plus majestueux, plus riche, doit en même temps signifier : 1° les qualités et les vertus dont sont revêtus les ministres du culte chrétien ; 2° le degré de juridiction qu’ils

exercent ; 3° l’appareil dans lequel l’Homme-Dieu, notre suprême Pontife, à offert son sacrifice ; 4° enfin et surtout ce revêtement de gloire que la résurrection doit donner aux élus*.

Nous empruntons à l’ouvrage de M. Lerosey a la description des diverses parties du vêtement sacerdotal.

L’Amict. — L’amict, rectangle de toile fine marquée à son centre d’une croix, est destiné à couvrir la tête et le cou des ministres de l’autel. Son usage ne semble pas remonter plus haut que le huitième siècle.

L’amict désigne le casque de la foi qui protège contre les tentations, parce qu’il couvrait primitivement la tête ; et parce qu’il protège la gorge contre les accidents de l’air, il exprime la modération de la voix, la prudence et la discrétion dans les paroles.

L’Aube. — L’aube, tunique blanche et de toile, était fort usitée à Rome et dans tout l’Empire. Elle fut la soutane primitive des ministres sacrés. Plus tard, au moins à partir du quatrième siècle, pour que ce vêtement fût plus décent dans les fonctions sacrées, on prit une aube qui n’était affectée qu’au service du culte. De là l’aube blanche, distincte de la soutane.

L'aube est réservée aux ordres majeurs, et pour certaines fonctions, c’est-à-dire à la messe, au salut et aux processions du Saint Sacrement où il y a diacre et sous-diacre.

« L’aube, dit saint Thomas, représente la robe dont on couvrit le Sauveur chez Hérode, par dérision » (III part., 9.40, art. 7); elle est de plus, par sa couleur, un symbole d’innocence et de pureté.

Le Cordon. — Le cordon est aussi ancien que l’aube dans les cérémonies liturgiques. Au dire de Durand de Mende et de saint Thomas, il rappelle les liens dont les soldats garrottèrent Notre- Seigneur au Jardin des Oliviers et à la colonne, et les fouets de la flagellation. L’Église, en outre, attache au cordon une idée de continence et de chasteté.

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