‹ Le sacrement de l'orde d'après le pontifical romainChapitre 6 sur 8 · Nampon, Beautés de la liturgie , p · texte numérisé non relu

Nampon, Beautés de la liturgie , p

2. Manuel liturgique, par A. Lerosey, prêtre de Saint-Sulpice ; t. I, p. 222 à 249. Paris, Berche et Tralin. 4 vol. in-18jésus.

Le Manipule. — Le manipule, qui n’était à l’origine qu'un linge vulgaire dont les anciens se servaient pour s’essuyer le visage, a été transformé par l’Église en vêtement liturgique vers le onzième siècle. Le prêtre le met à l’extrémité du bras gauche. D’une part, il désigne les cordes qui lièrent le Sauveur ; d’autre part, le manipule, qui est l’ornement de la main, indique les bonnes œuvres, la main est le symbole de l’action. J1 indique encore le fruit de ces mêmes œuvres, c’est-à-dire la récompense des travaux apostoliques.

L’Étole. — Par-dessus la tunique de lin, appelée aube dans la liturgie, tous les Romains, hommes et femmes de distinction, portaient une grande robe, qui, par derrière, descendait jusqu’aux talons, et qui, par devant, s’ouvrait depuis le haut jusqu’en bas.

Cette ouverture était ornée, des deux côtés, dans toute sa longueur, d’une garniture plus ou moins riche. On s’envoyait en présent ou l’étole entière et garnie, ou seulement cette riche bordure, pour l’adapter à telle ou telle étoffe, et même quelquefois on ne portait que cette riche garniture ; c’est ce qui donna à l’étole sa forme actuelle, et la fit nommer aussi orarium , bordure.

Quand, au cinquième siècle, l’étole devint un ornement liturgique, elle fut réservée aux évêques, aux prêtres et aux diacres, servant ainsi à les distinguer des ordres inférieurs.

Le sens de l’étole est confirmé par la prière que récite le prêtre en la revêtant. « Rendez-moi, Seigneur, dit-il, cette robe d’innocence, que j’ai perdue par le péché d’Adam. »

La Chasuble. — La chasuble est l’ornement principal que le prêtre revêt pour célébrer la sainte Messe. Primitivement elle était un vêtement rond fermé de toutes parts, sauf une ouverture pour passer la tète. On a échancré par le côté la pénule primitive pour la rendre plus commode. L’échancrement est devenu enfin si considérable que la chasuble se compose maintenant de deux pièces qui tombent l’une par devant et l’autre par derrière.

La chasuble est le symbole de la charité. C’est pourquoi, dans l’ordination du prêtre, l’évêque lui dit : Accipe vestem sacerdota -

lem per quant charitas intelligitur. Elle est aussi l'emblème de l'innocence : Siola innocentiæ induat te Dominus, dit encore l'évêque au jeune prêtre, à la fin de son ordination.

La chasuble enfin est la figure du joug de Jésus-Christ, joug aimable et salutaire, que le prêtre doit porter avec courage, s'il veut y trouver sa gloire et son bonheur.

La Tunique et la Dalmatique. — La tunique est un vêtement long et étroit qu’on met sur l'aube. Elle se distinguait du colobium et de la dalmatique en ce que le premier était une tunique qui, ou n’avait pas de manches ou n'en avait que de très courtes descendant jusqu'aux coudes, tout au plus, et que la seconde était une tunique plus ample à larges manches. Les manches de la tunique étaient plus étroites, de beaucoup, que celles de la

dalmatique.

Le colobium , du mot grec xoXo&fe, qui veut dire coupé, justifiait son nom par la suppression des manches.

Les diacres en étaient revêtus avant qu’on leur eût accordé l'usage de la dalmatique.

La dalmatique a été d’abord un vêtement profane. Les Romains l’avaient empruntée aux Dalmates et adoptée comme ornement de distinction dès le deuxième siècle. Dalmatica est tunica sacerdotalis , dit Isidore de Séville.

Quand les manches étaient étendues, elle représentait une croix.

La Chape. — La chape était primi-

Sceau dei’abbayo dos.-Amand, xu's. tivement une espece de manteau fort

Archives nationales, Paris. simple dont le célébrant se revêtait

dans les processions extérieures en temps de pluie, d’où lui vient le nom de pluvial . La chape avait un capuchon appelé cape qui servait à couvrir la tête : c’est le chaperon actuel de nos chapes.

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