SCENE YII
IIEXRI, seul (H l'Psto un moment stupéfait l'Dmljrflle ;i In main.)
Ah! je comprends raainTenaiit... Voilà donc pourquoi elle me parlait de la vie que je mène... (Jetant l'ombrelle dans un coin.) Il est très-compromettant, ce Gontaut, avec ses ombrelles... Pauvre mère 1... Je suis sur qu'elle s'en va en croyant qu'il y a des femmes dans toutes les armoires, ici. Quelle dérision ! Juste au moment où je viens de... Et l'autre avec ses 500 francs : « Fais de la monnaie, mon bonhomme! « (Rire amer.) Ah! ahî décidément la farce est bien jouée, (il va à la porte de gauche et rouvre.)
MADAME JOURDEUIL ", reparaissant
Pardon... c'est encore moi.
HENRI, refermant la porte qii"il ouvr;iit
Entre donc!
MADAME JOURDEUIL, rentrant timidement.
Bas.) Oh ! je n'ai qu'un mot à te dire. (Gaiement.) Et l'argent du mois! l'argent du mois que j'oubliais.
HENRI, effrayé
L'argent du mois?
MADAME JOURDEUIL
Quelle étourdie, hein?... Je m'en allais sans le prendre.
• Henri. .Madame .lourdeuil.
HEXRT. riant
Ah! ah! c'est trop fort!
MADAME JOURDEUIL
J'aurais été jolie, ce soir, avec mes fournisseurs.
HENRI
C'est que... je ne sais pas si... j'ai eu tant à payer hier.
MADAME .lOURDEUIL, à part
Oh! oh! l'ombrelle rose...
HENRI
Est-ce que tu ne pourrais pas attendre deux ou trois jours?... ça t'ennuio.
MADAME .lOURDEUIL
Dame ! c'est à cause de ton père, tu le connais, il aime bien que les fournisseurs soient payés recta. 11 a cela de bon, par exemple, on ne peut pas lui oter ça.
HENRI
Eh bien!... et demain?
MADAME .TOURDEUIL
Oh! demain, parfaitement... Ce n'est que le 2... il n'y a pas grand retard; c'est entendu, à demain.
HENRI A demain. (Elle referme la porte.) .
HENRI, seul
Demain!... Et où en prendras-tu del'argent, demain? Tu comptais sur Margarot, mais puisque Margarot n'a pas voulu de ton billet, comment vas-tu faire, malheureux? Là haut, tu n'as plusrien; tout est vendu... à moins de te vendre toi-même... Et pourquoi pas?...