SCENE XII
ABRAHAM, seul à l'avant scène , guerriers au fond.
(^ Le plus grand silence règne partout. Les guerriers de garde, excepte les sentinelles , se livrent au sommeil. A hraham vient s asseoir dans sa tente.')
ABRAHAM
Je frémis des malheurs qui nous menacent ! et je sens que toute la puissance humaine voudrait en vain tes détourner. Dieu de mes pères! Si tu daignas jadis te re dre visibl.- aux yeux de ton serviteur, situ abaissas ta majesté jusqu'à lui donner toi-merae tes •rdres sacrés, que ta voix se fasse encore entendre i que ton peuple
chéri ne soit pas responsable des fautes de son chef, et fais tomber sur la tête seule de ton esclave repentant , tout le poids de ta juste colèrp !
^ ( Une musiffue douce et harmonieuse se fait entendre , elle semble pot ter le trouble ei l'etonnement dans Came cF Abraham. ) Quelle émotion subite ! quelle sainie terreur ! La crainte l'espérance, le respect le plu? profond, et je ne sais quelle sensation delicieuse-incon'iueaux mortels, viennent nepei-étrer à la fois dans me» sens ! . . . Ma prière serait-elle montée jusqu'au trône céleste ? Moa ame ravie semble vouloir s'élancer vers son divin auteur. . . . Oui , tout nie rappelle l'instant auguste et terrible où , prosterné sur le mont Siiia , le jouis pour la première fois de la proence de l'éternel. {La musique continue. Abraham veut envain lutter contra le sommeil y- sa paupière sejermc malgré lui.)