ABRAHAM, S A R A
SARA
Je me rends à tes ordres , Abraham ; il me tardait de les rece-
voir; je ne aais quelle inquiétude me faisait tiveraent désirer ta présence.
Une inquiétude !
SARA
El'e est bien naturelle... Depuis notre retour, tu semblés éviter les regards de ton amie.
A B R A H A M «t-ec embarras.
les soins que je dois à mon peuple. . . .
SARA
Ne t'ont jamais ravi à ma tendresse, et lorsque tu viens de m'arracher à la mort , au deshonneur mille fois plus horrible. ABRAHAM, à part. Si je lui disais ce qu'il m'en coûte !. . . .
SARA
^ J'ai besoin plus que jamais de te témoigner mon amour de t'exprimer ma reconnaissance. *
A B n A H A M J.e ciel a tout dirigé -, c'est lui seul qu'il faut remercier.
Potirqnoi donc me défends-tu d'assister au sacrifice? Pourquoi wi"> vœux ne pe»»vent ils s'unir à tes prières? aux actions d« gràres d'au peuple affranchi de l'esclavage ?
A li P A H A M
Ah ! S.)faî redoute l'instant où je te l'apprendrai.
SARA
Tu me fai«fièmirl
* ABRAHAM
m Crain-* de m'interroger.
m Explique toi.
' ABRAHAM
I Je ne puis.
y SARA
Abraham , tu es mon souverain , mon maître ; je dois respecter ta volonté; mai.^ cruel ! Ne suis-je plus ton épouse^ la confidente de tes pào^ées les plus secrettes ? Ne dois-je plus partager tes chAgrins, comme j*ai partacé ton bonheur.^
Qu'exige-tu ^
SARA
Que tu me rendes dépositaire de tes peines.
AURA tl A M
C'est par pitié pour toi que je veux te les dérober.
SARA
Je n'ar donc plus le pouvoir de te oonsoler }
ABRAHAM
lafortunée ! et qui te coasolera toi-mêia»?
SARA
Quel effrayant mystère ! ... Parlez, parlez... Ah! l'incertitude que j'éprouve est plus terrible que les malheurs les plus grands !
ABRAHAM
Plus terrible I
O mon ami, ne sois pas insensible à mes larmes , et si tu m'aimes encore. . . .
ABRAHAM
Tu le veux ?
SARA
Je t'en conjure.
ABRAHAM, après un moment d'irrésolution et de combat intérieur.
Eh bien! écoute, Sara: (oe modérant un peu) Serviteurs da Très-Haut sur la terre, lui devant tout, nous devons tout lui reporter.
SARA, dont l'inquiétude augmente toujours.
Sans doute.
ABRAHAM
Nous soumettre à sa volonté suprême.
SARA
Oui , parce qu'il ne peut rien commander que de juste.
Abraham, avec douleur.
Ah ! sa justice est quelque foi* bien sévère !