‹ Le sacrilégeChapitre 109 sur 141 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LAZARE, LIZERON, LOÜISE, CLAUDINE,

Do MESTIQUES.

Au lever du rideau, on entend au dehors la musique du bal. Tableau animé. Des domestiques chargés de plateaux de rafraîchissements vont et viennent. Liseron, en grande livrée, savoure une glace. A gauche, sur un canapé, est assise Louise coquettement mise. Auprès d’elle est Claudine en charmante toilette. Claude Laiare est appuyé sur le dossier du canapé, il porte le costume d’un garde forestier; nabit bleu, coloite large, guêtres ae cuir. LIZERON, aux laquais.

Faites circuler, mes enfants, faites circuler ! (Avalant sa glace.) moi aussi, je fais circuler...

LOUISE, h Claudine.

Allons, Claudine! il se fait tard, il faut venir te coucher.

CLAUDINE

Ahl bien non.

LAZARE, redescendant à l’avant-scène.

Fillette, à Valrose comme à Paris, au château comme dans la mansarde, il faut être obéissante.

CLAUDINE, à Louise.

Alors, bonne amie, si tu veux que je me couche, il faut me conter un joli conte, comme dans le temps... mais pas 1 eChat botté, par exemple 1... autre chose!... invente, bonne amie!...

LAZARE, riant.

C’est ça, inventez... Louise...

LOUISE, cherchant.

Je ne sais pas... Ah! si...

LIZERON, s’étendant sur un fauteuil à droite.

Écoutons!

LOUISE

Il était une fois... (Claudine s’agenonllle sur le canapé.) une jolie petite fille... Une nuit, une méchante fée entra par la cheminée, prit la petite tille et s’envola avec elle dans le ciel noir.

CLAUDINE

Après?

LOUISE, après avoir cherché nn instant.

Bientôt la méchante fée s’arrêta sur le toit d’une maison, qui avait deux grands yeux rouges. Et là, pendant longtemps, la méchante féé tint l’enfant prisonnière I...

CLAUDINE

Pauvre petite !...

LOUISE

Elle était bien malheureuse, quand, une nuit, elle parvint à s’enfuir... Il faisait froid... et la petite fille courait bien vite, car elle avait grand’peur... quand tout à coup...

CLAUDINE

Tout à coup !

LOUISE

Elle aperçut uno belle demeuro : à l’intérieur, on chantait... La voix qui chantait était bien douce. La petite fugitive était en extase!... « C’est un ange qui habile-là! » dit-elle, et elle se mit à genoux et pria; quand sa prière fut finie, elle s’endormit au seuil de la maison.

C LAUDINE.

Tiens! comme moi.

LOUISE

Quand elle se réveilla, elle était dans un appartement magnifique... Et auprès d’elle, il y avait une dame... belle... bien belle... qui lui souriait tendrement.

CLAUDINE

Après? après?

LOUISE

« Je n’ai plus de papa » dit la petite. La bonne fée fit un signe. Aussitôt voleta parla chambre un beau ramier... elle murmura quelques mots... et le ramier s’élança dans le ciel.

CLAUDINE

Où allait-il comme çà?

LOUISE

Frapper aux carreaux d’une mansarde.

CLAUDINE, vivement.

De la rue Saint-Jacques !

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