‹ Le sacrilégeChapitre 112 sur 141 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

MARGOTET.

C’est ce que je disais à Ravigot, il n’y a qu’un instant...

Âh! vous disiez cela à...

RAVIGOT, saluant.

Ravigot, ex-clarinette à l’ex-théàtre des Funam...

MARGOTET, finissant le mot.

...Bules!

LIZERON.

Il est très comme il faut, ce monsieur Ravigot... Et qu’est-ce qu’il y a pour votre service?...

' MARGOTET.

Voici la chose! Pour nous autres musiciens... Paris n’est plus possible, et nous nous sommes décidés, mon ami et moi, à exploiter la province... En conséquence, nous nous sommes jetés dans l’express...

RAVIGOT, à lui-même.

Ah ! que je suis fatigué !

MARGOTET. *

Nous avons résolu de commencer notre tournée artistique par l’Orléanais.

LIZERON.

C’est bien aimable de votre part... Voulez- vous prendra quelque chose?

MARGOTET.

Plus tard!... En descendant de notre wagon...

De première classe !

MARGOTET.

De première classe, nous avons appris que le château de Mériane était en fête... Et, ma foi, nous sommes venus illico,

RAVIGOT, avec importance.

Illico magno.

MARGOTET, arec on sourire d'approbation.

Oh! Ravigot... Mettre nos petits talents de société au service de la dame du lieu...

LIZERON.

Il est un peu tard pour accorder le piano... Voilà déjà trois heures que le bal est commencé!...

MARGOTET.

Oh! je ne me contente pas d’accorder les clavecins, j’en pince au besoin...

Et moi, je pince...

RAVIGOT.

Il montre son instrument.

ioa

MARGOTET.

Du reste, nous pinçons un peu de tout.

LIZERON.

Je parlerai de vous à monsieur Bézuchon, mon nouveau bourgeois.

MARGOTET.

Ah! monsieur Bézuchon.

LIZERON.

Vous connaissez?...

MARGOTET.

Pas du tout...

LIZERON.

C’est lui qui est, comme qui dirait l’intendant des menusplaisirs de mademoiselle deMériane... C’est lui qui a fait restaurer cet antique manoir qui tombait en ruines... à la grande colère do messieurs les héritiers.

MARGOTET.

Ah! il y a des...

LIZERON.

Oui... oui... ils sont même ici ce soir... Monsieur Bézuchon les a fait venir... Encore une farce!... vous jugez s’ils doivent rager... car notre petite fête coûte bon... Bal... illuminations... feu d’artliice... (Pendant ces derniers mots, la musiquo a cessé.) Tenez, en ce moment-ci, on soupe... et quel souper !... Ah! dame, mademoiselle de Mériane, ce n’est pas l’argent qui lui manque... *

Ah! ce n’est pas...

LIZERON.

Mais, je vous ennuie là à vous raconter un tas de choses qui no vous intéressent pas.

MARGOTET, vivement .

Pardon.. . pardon... cela nous intéresse énormément, au contraire... vous dites donc que mademoiselle de Mériane est trèsriche?...

LIZERON.

Madame Crésus, tout bêtement... (Montrant l’une des fenêtres du château.) Tenez, vous voyez celte grande fenêtre.

Ils remontent.

MARGOTET.

Avec un balcon!

LIZERON.

Oui!... Eh bien, c’est la chambre à coucher de mam’zelle.

(Redescendant avec Ravigot et Margotet, qni le tiennent chacun par une

main.) Dans cette chambre-là, il y a une armoire, et dans l’armoire, il y a des tiroirs...

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