SCÈNE II
LIZERON, puis MARGOTET et RAVIGOT
LIZERON, toujours étendu dans son fauteuil.
Décidément, je suis enchanté que Monsieur Bézuchon m’ait ramené à Valrose... Seulement, les bals ça me fait coucher trop tard... (Bâillant) je suis brisé...
Musique. Il s’endort. Ou voit paraître sur la terrasse Margolet et Ravigot. ils ont des costumes moins fantastiques qu'aux actes précédents. Gants blancs,
MARGOTET.
Puisque le château de Mériane est ouvert à tout le monde, pourquoi ne serions-nous pas entrés ?
RAVIGOT, qni a l’air harassé.
Je me le demande.
MARGOTET.
Puisqu’on se livre céans à toutes sortes d’ébats chorégraphiques, pourquoi n’aurait-on pas besoin de nos petits talents musicaux!
RAVIGOT.
Je continue à me le demander?...
MARGOTET.
Ça ne suffit pas. (Montrant Lizeron.) Interrogeons cet esclave. (Tons denx s’approchent de Lizeron et le saluent profondément. Lizeron continue à dormir. Le reconnaissant.) Tiens, c’est le petit groom d’Asnières... II a joliment bien fait de ne pas rester là-bas... quelle fichue maison!... Pas de bijoux... pas d’argenterie!
RAVIGOT.
Nous n’avons pu cueillir qu’uu simple bracelet, et il était en toc...
MARGOTET.
Ah! nous n’avons pas de veine depuis quelque temps! Espérons que l’Orléanais nous sera plus profitable!... pour commencer, tâchons de nous i staller céans ; réveille ce faquin.
Ravigot frappe doucement sur l’épaule de Lizeron qui se retourne de
l’autre cdté.
RAVIGOT.
Il dort comme une marmotte.
La musique l’a endormi...
RAVIGOT.
La musique le réveillera...
Il tire sa clarinette, l’approche de l’oreille de Lizeron et souffle dans son
instrument.
LIZERON, se réveillant en sursant.
A la garde! (Les déni voleurs, à ce cri, ont une peur atroce et sont prêts à se sauver mais ils s» remettent vivement et reviennent auprès de Lizeron qu’ils saluent très-profondément. Lizeron saluant : ) Messieurs... ils sont très-polis...
MARGOTET, le chapeau h la main.
C’est moi qui suis l’accordeur!...
LIZERON.
Attendez donc, je vous reconnais...
MARGOTET.
J’ai eu l’avantage d’opérer à Asnières dans une maison...
LIZERON.
Que j’ai lâchée spontanément... C’était une baraque.