SCÈNE VII
ANGÈLE. BÉZUCHON.
BÉZUCHON, ria! >t.
Ils me détestent... Si jamais je tombe sous leurs griffes, gare à moi!... (Angèle sans parler est allée s’asseoir A gauche. Béiuchon rerient auprès d’elle gaiement.) La belle soirée. Le printemps sourit dans tout ce qui nous entoure. Il fait bon vivre! ... Comprend-on qu’il y ait des gens qui ne se trouvent pas heureux?...
ANGÈLE, soupirant.
Il y en a cependant!
RÉZUCHON.
Bernard, n’est-ce pas?
ANGÈLE
.Oui... nos soins ont pu guérir la blessure qu’il a reçue pour cette femme. Mais, avec son sang répandu, se sont enfuies toutes ses illusions, toutes ses croyances ! Tout parait éteint en son âme. Plus rien qui parle, plus un sentiment qui vibre!...
bézuchon .
Cela se passera, la blessure de son corps est fermée, celle de son cœur le sera bientôt!
ANGÈLE, hochant la tête.
Non! tout l’ennuie et le fatigue... mes soins, mon amitié... le lassent aussi, son âme semble morte !
bézuchon.
Elle ressuscitera... Il a la maladie du siècle : La désespérance... Cette maladie-là n’est pas dangereuse, ma chère Angèle, et d’un moment à l’autre, Bernard n’y songera même pas!... qui sait? il n’y songe peut-être déjà plus!... (La musique du bal retentit plus sonore. Prenant Angèle par la main et la menant au fond, à gauche,) Et tenez, tenez, regardez. Voyez dans le bal ce jeune homme qui va, vient, le sourire aux lèvres et la joie dans les regards,.. Tenez, il s’élance dans le quadrille!... quelle fougue!... quelle ardeur I...