ACTE PREMIER
le penser... (s 0 topant ic< mains.) Oh! mais alors, je n’ai plus rien, plus d’ami, plus de père! tout est mort pour moi... tout est mort! (Elle so lève tout agitée.) Et l’on va me chasser d’ici... et je n’aurai môme pas ia triste joie de mourir en cette demeure où je l’ai connu lui... où je l’ai aimé! Oui' oui! je vais te quitter, chère petite ferme où j’ai passé mes premières années! (Tonrnant sos yeux vers l’escalier ) Adieu, o mon réduit de jeune fille !... ô ma chambrette embaumée’... des êtres cruels vont venir tout bouleverser et te chasseront, essaim do mes rêves!... Là, sous ces humbles lambris, que de fois j’ai souri !... que de fois j’ai été heureuse!... Adieu, fleurs, arbres et moissons!... Adieu, je vous quitte... demeure chérie où, dans un rayon de soleil, l’amour vint un-matin avec l’aurore!... (Soupirant. ) Ah! mon Dieu, que j’ai été heureuse ici!... quand il était là, auprès de cette grande cheminée... (Elle s’assied machinalement sur le banc placé près île la cheminée.) Assis sur ce banc... à côté de moi... ses mains tenaient le)s miennes... il m’appelait sa soeur... me parlait d’affection... et mon âme lui parlait d’amour!... Doux instants trop tôt disparus!... il m’oublie... il me fuit!... il en aime une autre! ... et je suis seule au monde maintenant, toute seule!
Bernard a paru sombre et pâle, costume moitié bourgeois, moitié campagnard, veste de velours, guêtres de cuir, etc.