‹ Le sacrilégeChapitre 44 sur 141 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

tourne à ses moutons de Valrose, ce n’est pas pour lui, c’est pour votre Angèle.

BKZUCHON.

Eh bien... Eh bienl oui, là, vous avezderviné... oui, Adrienne, oui, c’est pour Angèle que je vous implore. Bernard, lui, c’est un ingrat... un égoïste... c’est un homme enfin!... mais Angèle... Si vous saviez comme sa pauvre âme est souffrante depuis que son frère est séparé d’elle, car il y a un an qu’il ne lui a donné de ses nouvelles ?...

ADRIENNE

Ah! c’est désolant!

B ÉZUCHON.

Si bien que la chere délaissée pleure de cet abandon, et que tous mes soins, tous mes efforts, n’ont pu triompher de son chagrin! Alors,, ma foi j’ai abannonné ma malade, et je suis venu à vous, Adrienne, pour vous supplier de la sauver! Que Bernard la revoie... que son baiser fraternel vienne essuyer ses larmes... et il vous reviendra plus aimant que jamais, car il n’aura plus à vous reprocher de l’avoir fait oublieux et lâche!...

ADRIENNE, après on temps.

Alors vous vous figurez que je le retiens de force; mais vous ne réfléchissez donc pas que voilà un an que je suis avec lui... et qu’il est pauvre!...

BÉZDCnON.

Que voulez- vous dire?...

ADRIENNE

Tenez vous avez été franc avec moi, je serai franche avec vous. Je ne l’aime pas, je ne l’ai jamais aimé! Jamais! Vous entendez bien!... En lui faisant quitter Valrose, j’ai voulu me venger de votre Angèle!...

RÉZUCHON.

ADRIENNE

Et puis je n’avais pas oublié la clause du testament qui nous déshérite à jamais si Angèle de Mériane se marie.

BÉZ uc II ON.

Eh bien?

ADRIENNE

Eh bien, en la séparant de Bernard, j’assurais mon avenir! . . Beau chef-d’œuvre que j’ai fait là, du reste. Je pensais avoir à faire à un enfant que j aurais mené à mon gré et qui ne iq’eût gênée en rien. Au lieu de cela, je suis tombée sur une espèce de fou qui me fatigue de son amour et dont la jalousie est un obstacle éternel à mes projets. Oh! si cela dépendait de moi... Tenez, vous me suppliez de le laisser partir, eh bien 1 moi, je vous conjure de l’emmener.

BÉMICHON.

Puisqu’il vous aime tant, je n’en aurai plus le courage... je vous demanderai au contraire de tâcher de l’aimer un peu.

ADRIENNE

L’aimer, c’est impossible... A tout prix, il faut qu’il parte, il partirai...

BÉZUCHON, à lui-même.

Pauvre garçon ! (Après nu temps.) Après tout, si elle le quitte, il retournera peut-être à Angèle !..

Rires dans la coulisse. EDtrée bruyante de Sourisset, Priocarrot, Moleskine

et'Psycheite.

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