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SCÈNE IX

CLAUDE LAZARE, BERNARD, Les Marchands, Quelques rares Promeneurs. -

BERNARD. V

La tête me brûle ! La fièvre me dévore! (il tombe sur le banc et reconnaît Claude Lazare.) Lazare !

LAZARE

Monsieur Bernard...

Il lève snr le jeune homme ses yeux pleins do larmes. BERNARD.

Comme vous paraissez triste !

Comme vous êtes pèle !

BERNARD

J’ai perdu ma maîtresse 1

LAZARE, sanglotant.

J’ai perdu ma fille! (So rapprochant de Bernard.) ^ ous n’avez pas revu la mère de la petite ?

BERNARD

Non!... avant-hier, dans la nuit, après l’enlèvement de voire fille, je suis allé chez Aérienne, à Asnières. La maison était déserte.

LAZARE

Comme la mienne.

BERNARD

J’avais une clé... je suis entré tout de même... Si vous saviez comme j’avais froid en traversant ces grandes pic ces

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vides!... Enfin, je suis arrivé dans sa chambre. Tout était bouleversé... Les armoires étaient ouvertes... il n’y avait plus rien dedans... A terre, des rubans, des vêtements abandonnés... une lettre était sur la cheminée...

LAZARE

Une lettre !

BERNARD

D’Adrienne ?... Et c’est à moi qu’elle était adressée... Elle me disait de ne jamais chercher à la revoir. Elle quittait la France...

LAZARE

Avec sa fille...

BERNARD

Avec sa fille... Elle allait en Allemagne... pour devenir l’épouse de son premier amant... Elle veut être riche! Ah! Dieu!... avec auels sanglots je suis tombé agenouillé parmi ces chiffons qui lui avaient appartenu... qui l’avaient touchée... qui étaient tout imprégnés encore de ses parfums. Que d’ardents baisers je leur ai donnés à ces reliques, seuls souvenirs d’une maîtresse adorée 1

LAZARE

Comme moi !... Ah! les pauvres petites robes de ma mignonne... ses petits rubans... ses couronnes... ses livres... je ne peux plus embrasser que cela, maintenant! (Après nn temps.) Depuis deux jours, on me l’a prise...

BERNARD

Depuis deux jours, elle m’a quitté...

LAZARE, se leraut.

Je ne sais plus ce que je fais...

BERNARD

Je ne sais plus ce que je suis...

LAZARE, arec un éclat de rire douloureux.

Et avec tout ça, il faut que je fasse mon service !...

BERNARD

Moi, je ne peux rien faire... j’ai perdu ma place... j’erre comme un vagabond... je marche sans cesse... espérant que la fatigue du corps endormira la souffrance de l’âme... je suis comme fou... (En sonrdine, l’air de la ronde.) Croiriez-VOUS que tout à l’heure je m’apprêtais à aller à Asnières pour lui porter cette petite bague-là que je viens d’acheter...

LAZARE

Eh bien! et moi, suis-je assez nigaud, hein !... V’ià-t-il pas que je m’étais amusé à acheter des jouets pour Claudine!...

BERNARD

Vous êtes aussi fou que moi, mon pauvre Lazare !...

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