‹ Le sacrilégeChapitre 95 sur 141 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, dans le cabaret; ADRIENNE, puis CLAUDINE,

dans le jardin.

ADRIENNE, arec impatience.

Sophie ne vient pas!...

Pipencorne apporte un carafon de kirsch, Bernard ra se verser. PIPENCORNE, lni retenant la main.

On paie d’avance!

BERNARD

Alors, prends le carafon.

Il jotte nne pièce de monnaie, Pipencorne lni rend quelques sous et s’éloigne. Bernard se met & table; le vent souille plus fort et agite la sonnette de la porte du jardin.

ADRIENNE

On a sonné, je crois... (La sonnette rend nne nouvelle vibration. Elie'va à la porte dnfond... Après un temps.) Est-ce toi, Sophie?... — (silence, impatientée) Est-ce toi... eh! non! c’est le vent qui agite la sonnette...

JULES, an comptoir.

Je propose un tourniquet...

Adopté... A qui paiera les œufs rouges...

JULES

Joues-tu, Doïska?...

lo DOIS KA, qui regarde Bernard, préoccupée.

Moi! Oui! Non!... Ouil

Elle va an comptoir; mais bientôt prend nn croûton de pain, nn œuf et revient près de Bernard ADRIEN NE, se promenant.

Que fait-elle?... que fait-elle donc?

JULES, jonant.

Quatre-vingts!... (S’interrompant.) En deux mille liés, pas vrai.

MARGOTET, tournant.

Deux mille, soit. (Annonçant.) Cent dix!

Ils jouent. Silence. Aérienne quitte la porte et redescend.

ADRIENNE

C’est assez gai, celte maison... Bienheureuse encore que Sophie l’ait mise à ma disposition jusqu’à ce que je puisse me mettre en route avec la petite !... Ici au moins je suis à l’abri de Bernard et j’ai pu sans encombre faire mes préparatifs de départ.

BERNARD, dans le cabaret prenant sa têts dans ses mains.

Oh !... je penserai donc toujours à elle...

ADRIENNE, regardant la stalne.

Dire que cette bicoque est un temple de l’amour. Voilà l’image du Dieu... (Regardant la stalne en souriant.) L’aile brisée!... (Haussant les épaules.) Oh! l’amour!... l’amour!...

BERNARD, d’une voix sourde, assis à droite dans le cabaret.

L’amour I

ADRIENNE

Cette imbécile de Sophie va nous faire manquer le train.

(Apercevant Claudine qui vient d’entrer dans le jardin, pile, effarée, tremblante. L’enfant est très-bien mise.) Pourquoi es-tu descendue?... Je t’avais dit de rester là-haut...

CLAUDINE

J’avais peur, madame.

ADRIENNE

Madame... (a part.) C’est qu’elle serait capable de m’appeler ainsidevantMonsieurdeMauristein... Cela ferait un joli effet! (a C laudine.) Appelle-moi ta mère... Je te l’ai déjà dit, et embrassemoi... embrasse-moi, je le veux... (L'enfant l’ombrasse.) Mieux que cela... comme si tu m'aimais...

CLAUDINE

Mais si je fais bien tout ça, je reverrai papa Lazare? ADRIENNE, avec impatience.

Oui... tu le reverras.

CLAUDINE

Oh! alors, je vous aime bien, madame. (Elle embrasse de nouveau Adrienne).

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