‹ Le sage de l'IndostanChapitre 3 sur 14 · NÉCROLOGIE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE

« Les lettres viennent de perdre un laborieux et profond philologue, dans la personne de M. Fabre d'Olivet, digne émule de M. Court de Gébelin. Il s'était livré avec un rare succès à l'étude des langues, en remontant à leur source; il avait cultivé les plus anciennes, sans négliger les modernes qu'il possédait presque toutes. Parmi les importants ouvrages qu'il a mis au jour, on remarque celui qui a pour titre : — la Langue hébraïque restituée, et h véritable sens des mots hébreux, ritabli et prouvé, par leur analyse (m- /^"yàWisè en 2 parties). La première offre une dissertation sur l'origine de la parole, et une grammaire hébraïque fondée sur des principes nouveaux;

la seconde, une traduction de la cosmogonie de Moyse, où l'on aperçoit une foule de différences avec les versions connues jusqu'ici. L'auteur met d'abord sous les yeux du lecteur, à côté du texte hébreu, le mot en caractères modernes et il fait suivre chaque paragraphe d'une version en anglais et en français, qu'il accompagne d'observations (en notes) extrêmement curieuses, résultat de recherches extrêmement savantes.

« On a aussi, de lui, un ouvrage profond ayant pour titre : De Vètat social de rhonime, ou vues philosophiques sur Vhistoire du genre humain (2 vol. in-8). ouvrage dans lequel l'origine et les éléments de la société sont recherchés, ainsi que ceux des gouvernements et des religions, remontant ainsi aux causes des vicissitudes et des altérations qu'ont subies ces grandes institutions.

« La mort l'a enlevé il y a un mois, à l'âge de cinquante-six ani, au milieu de ses travaux, auxquels il se livrait sans réserve, négligeant tous les moyens de fortune, et vivant dans un état très médiocre.

♦< Il n'avait pour délassement que la société d'un petit nombre d'amis dont il avait mérité l'estime et l'attachement; il laisse des écrits précieux et deux enflints de douze à quatorze ans, un fils et une fille. Il professait la religion protestante, et est mort en paix avec luimême, ainsi qu'avec le genre humain. »

Une seule inexactitude, légère, s'est glissée dans les dernières Hgnes de cet article : il ne laissait pas seulement deux enfants, mais, une jeune fille de 18 ans, un

fils (Je 14, et un troisième enf:int,uncpetite fille de 7 ans, sous la garde d'une mère, veuve presque sans ressource. Il avait toujours négligé la fortune, mais, au moins, il mourut en paix.

Il avait professé la religion protestante à laquelle il était attaché, et par sa foi. et par toutes les traditions de sa fimille. Au milieu des persécutions religieuses qui signalèrent la fin du règne de Louis XIV et une partie du xviii* siècle, la famille d'Olivet fut presque anéantie; un enfant de huit ans échappa seul, comme par miracle, et fut l'aïeul de Suzanne d'OHvet, cette mère chérie de Fabre d'Olivet. Par son père il était le neveu de Jean Fabre, dont l'héroïsme filial a fait un personnage presque légendaire , bien célèbre sous son surnom de l'Honnête criminel.

LE

DRAME riiiLosopiiiQUE en UN ACTE et en VERS

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