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remplacé par une couche de terre végétale reposani sur un fond de glaise d’une très-grande épaisseur. Les bords du lac sont coupés à pic, et sujets aux éboulis en quelques endroits: Leur hauteur peut-être de 30 pied: au-dessus du niveau du lac. Partout le terrain est uni.
Les bois sont l’orme, le pin, le frêne, le merisier, le bouleau, et l’épinette, On trouve aussi dans cette forêt beaucoup de vignes sauvages.
38.—Le lieutenant Laddley, l’un des explorateurs de 1828, explique ainsi les causes de la fertilité du territoire du lac Saint-Jean (1) :
‘“ Avant de prendre congé de ce lac, nous ferons ic: sur la fertilité générale du sol dans ses environs; quelques remaïques qui nous ont paru en expliquer la cause.
“ Lorsque d’abord nous observâmes les rapports de la chambre d’assemblée à l’égard du territoire du Saguenay, nous ne savions comment nous rendre compte de cette fertilité. Nous imaginâmes que le lac Saint-Jean et lé pavs environnant formaient, comme c’est en effet! le cas, un vaste bassin dont le lac est la partie la plus basse, avec des rivières qui s’y jettent dans tous les points de la boussole, une exceptée,et qui emportent avec elles lesalluvions des terres qu’elles traversent. Supposons quo ces terrains’ ne soient tous compcsés que de roches de la nature la plus stérile, tels que le granite et le gneiss, ou bien des agrégats où abonde le silex, ils ne pourraient pas être regardés comme les sources de la fertilité en question. Dans ce dilemme,
(1) Rapport de cette exploralon page 44,
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on a eu recours à l'agence d’un déluge violent qui en transportant des terres des parties éloignées, avait acsumulé ici les matériaux d’une fertilité à venir. Cesfut sous cette impression que nous visitämes ce pays. Mais au lieu de granite et de gneiss, nous l’avons trouvé composé pour la plus grande partie de rochers qui, quelque infertiles que puissent étre en eux-mêmes quelques-uns d’entre eux, sont formés de minéraux dont la décomposition forme presque exclusivement le meilleur des sols; tels sont la syénite et le trapp En promenant nos regards sur les beaux sols alluviaux qui caractérisent le pays aux environs du lac Saint- Jean et de Chicoutimi, nous n’aperçümes aucun vestige d’un déluge violent ; loin de là, ils étaient com; posés de particules les plus déliées, qui n’avaient pu être déposées qu’en eau tranquille.
“ En visitant le lac Saint-Jean, nous trouvâmes un rocher qui formait une grande partie du rivage et des environs, et dont la décomposition faisait les plus belles argiles. En avançant un peu plus avant sur le même lac, on trouve que l’argile schisteux et le calcaire en occupent encore une plus grande portion; le premier est presque toujours associé à des sols fertiles formés par sa désintégration ; et il suffit de nommer l’autre comme formant partie d’un pays, pour donner l’idée de fertilité.
‘“ Examinez le calcaire, vous trouverez qu’ilest le dépôt de dépouilles d'animaux marins, qui forment maintenant partie de presque tous les lits horizontaux. La conclusion naturelle à en tirer, c’est qu’eux et le
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calcaire ont êté déposés ensemble, lorsque le lac Saint- Jean et le pays adjacent étaient couverts par la mer; et fl nous paraît également évident que les argiles ct les marines fines qui abondent dars ce pays, sont les lavures des rochers décomposés ; lesquelles étant d’abord suspendues dans l’eau sous la forme d’une poussière impalpable, se sont déposées par la suite aux basés et sur les pentes douces des rochers dont elles sortent.”
III. Ætendue des terres propres à la colonisation— Qualités du sol.
39.— Les terres : Haut-Saguenay ne commencent à être cultivables qu’à la Grande.Baie, à 56 milles de Tadonssac, 11 y a bien quelques bonnes terres à la rivière Sainte-Marguerite, à l’anse Saint-Jean, et au Petit-Saguenay, etc., mais pas en assez grand nombre por faire des établissements d’une grande valeur, Ce m'est que dens les environs de Chicoutimi que le sol commence à se montrer plus général ment, pour ne pas dire partout, d’une qualité supérieure.
40.-—On est convenu d'appeler presqu’île de Chicoutimi tout l’espace compris entre la Grande Décharge au N. E,., le lac Saint-Jean au N. ©. la Belle-Rivière, la rivière des Aulnets, les lacs Kinogomishish et Kinogomi au S, O., et la rivière Chicoutimi au S. E., formant un parallélogramme de 10 lieues de long'sur trois lieues et demie à quatre lieues de large, qui donnent environ 2,450 lots de 100 acres (1).
(8) M. Jos. Hamel, dans le Rapport précité, page 102.
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Les terres de la rivé droite du Saguenay, entre Chicoutimi et le lac Saint-Jean, s’élèvent à différentes hauteurs plus ou moins difficiles, jusqu’à ce que l’on atteigne, à une certaine distance, un pays généralement uni. En coupant la presqu'île par une diagonale qui irait de Chicoutimi à l'embouchure de la rivière Kushpaganish sur Le lac Saint-Jean, comme l’a fait M. G. Duberger en 1848, pour voir s’il serait possible d’y faire un chemin, on trouve que le relevé du terrain donne le résultat suivant (1). Cette ligne est de 34 milles, 69 chaines. En laissant Chicoutimi, le terrain s’élève considérablement. Jusqu’à la rencontre de la rivière aux Sables, qui est à un peu plus de sept milles trois quarts (7m. 68 ch. 75m.), il est généralement boisé par des côteaux ; les vallées sont plus ou moins profondes et se croisent en différentes directions. Le sol de ces vallées est bon néanmoins. A une petite distance au Sud de cette ligne, le pays devient uni chaque côté de la rivière, et présente deux à trois rangées de bons éta- C’est là qu’une association de colonisation formée à la Malbaie, vers 1848, a commencé des défrichements assez considérables, Dans l’endroit où la ligne susdite traverse la rivière aux Sables, il ne paraissait y avoir, le 26 janvier, que quelques pouces d'eau, Sa largeur € t de 66 pieds, De l’autre côté de cette rivière, la ligne continue sur un terrain propre à la colonisation. Pendant l’espace de deux milles, le sol est bon, bien boisé quoique plusieurs fois coupé par
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s 1) Voyez le rapport de M, Geo, Duberger, daté du 15 mai, en ë,
de petits coteaux. Ensuite, perdant l’espace d'environ quatre Leues, on rencontre une suite de rochers, de ravines, de marais, de petits lacs et de ruisseaux, C’est la hauteur des terres entre le Saguenay et les lacs Kinogomi et Kinogomishish. On est là, vers le milieu du township Labarre, au bord de la grande vallée du lac Saint-Jean ; la descente commence à être sensible, Plusieurs fois, M. Duberger observa du sommet des hauteurs, des espaces considérables de terrain uni, s’étendant de chaque côté à une grande distance. Pluson approche du lac, plus le terrain s’améliore. Ilest partout d’une qualité supérieure dans les townships Signay et Caron qui occupent la rive Sud du lac Saint-Jean jusqu’à Kushpaganish, où finit la ligne d’exploration de M. Duberger. |
: 41.—Le lac Kinogomi (dérivé de Tshinogomi, “ lae long ”) (1). On lui donne six lieues de long sur environ une lieue de large. Ilest très profond. Ilse décharge dans le Saguenay par la rivière Chicoutimi et la rivière aux Sables.
Tout le côté Sud se compose de rochers de 100 à 300 r'eds de hauteur, clairement boisés d’épinette, de bouleau et de petits pins. Sur le côté Nord, dans l’espace d’environ deux lieues à partir de l'extrémité Nord du lac, le rivage s’élève en falaises, De là jusqu’à la rivière aux Sables, espace d'à peu près deux lieues, la terre quoique sablonneuse offre de bons établissements. Après cela, elle prend un caractère rocheux, et monta-
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gneux. Ce lac offre mille points de vue charmants. Il y a trois îles couvertes de petits saules ; elles feraient d'excellentes: prairies. Le lac Kinogomi reçoit plusieurs rivières dont les principales sont Kashkouia, Upica et Picouba. Cette dernière est très poissouneuse à so embouchure. C’est là qu’eût lieu en 1849 une pêche presque miraculeuse. M. Hébert, curé de Saint-Paschal, y était campé avec un parti d'hommes explorant les terres des environs pour la Société de Colonisation de l’Ilet et Kamouraska : ‘“ Nous cons- “ truisimes, dit; leur rapport, avee une toile de notre “ tente, une espèce de filet, avec lequel en moins de “ dix minutes, nous tirâmes plus de 400 trutes et “ watouches, Ce fait et plusieurs autres que nous
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“ que la pêche sera d’un grand secours aux colons des “ environs des lacs Kinogomi et Kinogomishish, du lac Vert et du lac Saint-Jean.”
42.--Le lac Kinogomishish (petit lac long) (1) peut avoir une liene et demie de long. Il est beaucoup plus étroit que le précédent. Il décrit une courbe dont la partie concave est au Nord. Il est separé de Kinogomi par une langue de terre d’une quinzaine d’arpents dont la première moitié est sablonneuse et l’autre moitié est un mélange de sable d’argile. De cet endroit au lac Saint-Jean, on commence à observer du frène et de l’orme, mêlés à d’autres bois indiquant üné bonne terre. -Kinogomi et Kinogomishish sont à
(1) La terminaison ishisk est un déminutif. Kushpaganteh, ‘ petit Kushpagan.” Ouiatchouanish % petit Ouitatchouan,” etc.
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peu près du même niveau. Le premier se décharge dans le Saguenay, le second dans le lac Saint-Jean, par la rivière des Aulnets qui auparavant tombe dans Ja Belle-Rivière. Selon M. Bouchette, le lac Kincgomi est à 250 pieds au-dessus du niveau de la mer, à la Baie des Ha ! Ha ! D’après ce calcul Kinogomishish ne serait pas à plus de 60 pieds au-dessus du lac Saint-Jean. Vers le milieu de ce lac, on entre à gauche par un canal étroit (1) dans le lac Vert, qui peut avoir une demi lieue de long sur 15 arpents de large. La rive Sud est bordée de montagnes qui ne laissent qu’une lisière très étroite de terre cultivable sur les bords du lac ; l’extrémité occidentale est basse et unie à une distance considérable. La terre est bonne et bien boisée, Le lac Vert est séparé de son voisin par une langue de terre de quelques arpents de large. Les sauvages aprellent ce lac Kashukikéomi, lac limpide, nom qu’il mérite bien ; car les eaux en sont si claires qu’à la profondeu, de plusieurs brasses on en découvre le fond. Elles ont une teinte verte qui a fait donner au lac son nom français. Les eaux du lac Kinogomishish n’ont aucune transparence ; le contraste est frappant, au moment où elles se rencontrent (2).
43.— La rivière des Aulnets, Les sauvages l’appellent Petsikauananish (rivière qui passe dans les aulnages). C’est un étroit ruisseau qui sort du lac précédent. Son cours est lent et tortueux. Jusqu’en 1850 ses bords étaient couverts de longues aunes qui en se
(1) Appelé par les sauvages .4polegoma.
(2) Rapport de l’exploration de 1828, page 152.
r se décharge unt-Jean, par mbe dans la lac Kincgomi ner, à la Baie nishish ne sec Saint-Jean.
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