‹ Le Saguenay en 1851 [microforme]Chapitre 15 sur 51 · PE. M · texte numérisé non relu

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réunissant des deux côtés, en obstruaient tellement le passage, que Pon avait beaucoup de peine à s’y frayer un chemin à travers les branches enlacées les unes dans les autres. C’est pourtant là qu'ont passé pendant près d’un siècle les canots des marchands de pelleteries. Cela se conçoir, les fatigues et les embarras du transport étaient pour les sauvages et les pauvres Caradiens employés dans ce service, et le bénéfice retournait à MM. les bourgeois résidant à Londres.

Depuis deux ans les aunes incommodes ont disparu ; la rivière des Aulnets serpente au milieu d’un étroit vallon dont les seuls arbres sont quelques gros ormes épargnés par la hache du défricheur intelligent, Le foin y pousse déjà en abondance. Le terrain s’élève à une petite hauteur chaque côté de la rivière. Le sol est une glaise noire recouverte d’une riche couche de terre végétale. Cette rivière parcourt un espace d’apeu près deux milles depuis sa sortie de Kinogomishish jusqu’à son entrée dans la Belle-Rivière. A 16 arpents du bout du lac, elle tombe perpendiculairement du haut d’un petit rocher de 15 à 20 pieds, et forme un joli bassin au pied de la chûte. M. Félix Langlais, de Saint-Denis, vient d’y construire pour la Société de Colonisation de l’Ilet et Kamouraska, un moulin à scie et à farine qui va très bien. Le gouvernement doit y faire tracer le plan d’un village. Espérons que la reconnaissance des colons le baptisera du nom d’Hébertville [89].

43 bis.—Le lac Kinogomishish occupe la partie la plus haute du bord méridional de la vallée du lac

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Saint-Jean. Lachôûte des Aulnets peut-être regarde comme le premier degré qui commence la descente, Une autre chûte dans la Belle-Rivière, à environ un demi-lieue plus bas, forme le second et dernier degré di ce vaste amphithéâtre qui forme la rive Sud du lac Saint-Jean.

Les bords du lac Kinogomishish et de la rivière des Aulnets sont ouverts à l’agriculture d’un bout à l’autre depuis 1851. Hébertville va devenir le centre d’une paroisse, qui sera la première établie à l’entrée du ter ritoire du lac Saint-Jean, comme pour inviter ses aînées des bords du fleuve à faire passer au Saguenay le surplus de leur population. Elle sera suivie de près pa une autre qui occupera Metabetchouan sur les bords même du lac Saint-Jean, à quatre lieues et demie.

44&,—[La presqu'île de Chicoutimi se divise en six townships, savoir : Signay, Labarre, Kinogomi, Jonquière, partie de Chicoutimi et de Laterrière. Autour viennent se grouper les 17 townships suivants : Au nord, le long du Saguenay, DeLisle, Taché, Bourget, Simard, Tremblay, Harvey. Au Sud-Est: Bagot, Simon ;etau Sud : Lartigue, Plessis, Mésy, Caron, Mébetchouan, Charlevoix, Ouiatchouan, et Assoapmu shuan. Ces derniers occupent la rive Sud et la rive Ouest du lac Saint-Jean. De ces vingt-trois townships 13 sont ouverts à la colonisation. Le moins avancé est Kinogomi qui n’a encore que 250 arpents d’occupés. Celui qui l’est le plus est Bagot qui en compte 22,1344.

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Est et Sud depuis la Grande Décharge jusqu’à Métabetchouan, espace d’environ neuf lieues et demi, tont le reste n’est encore que très imparfaitement connu, Voici pourtant des informations assez précises sur lesquelles on peut compter. Elles proviennent : 1° de MM. Jos. Bouchette, fils, et Jos, Hamel, arpenteurs qui faisaient partir de la grande exploration de 1828 ; 29 de la carte publiée en 1825 par feu M. P. Taché, de Kamouraska, qui a passé 22 ans au lac Saint-Jean et à Chicoutimi ;30 enfin de M.Ths. Simard de la Malbaie, employé pendant 15 ans au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson. |

M. Bouchette (1) estime à 280 ou 350 mille acres tout le terrain compris à l’ouest du lac entre Métabetchouan et lesenvirons de Mistassiui, C’est une vallée d’une dizaine de lieues s’étendant en profondeur jusqu’à la chaîne de montagnes qui cerne le lac à une certaine distance de ses bords. Cette profondeur varie de une lieue à six lieues et peut-être plus, Quant à la qualité du sol, M. Bouchette dit qu'entre Métabetchouan et Ouiatchouan “ le terrain est excellent, étant généralement “ une riche terre noire, souvent argileuse, ayant quel- “ ques intervalles sablonneux, et ordinairement cou- “ verte d’une belle couche végétale.” Et en parlant les terres entre Ouiatchouan et les envirens de Mistassini, M. Bouchette ajoute “ qu’une si grande étendue ‘ renferme probablement une variété de sols bons et

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(4) Page 148 du rapport déjà cité.

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& rivière Chamonchouan, il doit y avoir dans cette &. vallée une grande quantité de terre susceptible d’être ‘ cultivée et établie. On peut en dire autant des terres “ qui bordent là rivière Mistassini. On trouverait “ peut-être le long de la rivière Périboka de la terre ‘ propre à la culture, mais à cela près le sol paraît-être ‘ léger et sablonneux. Dans la vallée du lac Saint- ‘ Jean, le pays est généralement bas.”

M. Hamel (1) a vérifié les prévisions de M. Bouchette sur la rivière Périboka qu’il appelle “la plus “ belle 2t la plus propre àla colonisation qu’il y ait “ dans ces contrées.” Plus on la remonte, dit-il, plus on trouve les terres avantageuses. En établissant deux rangées de concessions chaque côté, l’espace de 75 milles, on y pourrait placer 2000 colons à 100 âcres chacun, Elle a 14 arpents de large à son embouchure. Les premiîres chûtes que l’on rencontre sont à neuf milles du lac.

La curte de feu M. P. Taché confirme le témoignage de M. Hame!, Elle va même beaucoup plus loin, en indiquant comme bon tout le terrain du bassin du lac Saint-Jean et de sa décharge à l'Est jusque vers vis-à-vis Chicoutimi. Cette vallée est circonserite par une chaîne de montagnes qui paraît rencontrer Périboka à une vingtaine de lieues de son embouchure, et qui de là court au Sud-Ouest en se rapprochant un per de la Grande Décharge. Les voyageurs disent qu’elle est encore à huit lieues du Saguenay, vis-à-vis Chicou timi.

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