‹ Le Saguenay en 1851 [microforme]Chapitre 22 sur 51 · VI. Paroisse de Chicoutimi · texte numérisé non relu

VI. Paroisse de Chicoutimi

61.— Chicoutimi est le centre d’un nouveau district judiciaire. Un juge y tient régulièrement des séances de cour, les six derniers jours juridiques de janvier, février, mai, juin, septembre et novembre. La cour de Justice et la prison ne sont pas encore construites.

62.—Le moulin le plus considérable du Sagueriay est au bassin de la rivière Chicoutimi, tout près de

l’ancien poste de la compagnie de la Baie d'Hudson Il faut 120 hommes pour mettre à la fois tcut son mécanisme en jeu. Il peut scier 3000 madriers par jour. C’est la propriété de M. P. MeLeod, junior.

63.—A quelques pas l’on voit encore la vieille cha. pelle de la Mission sur le penchant d’une colline qui commande la vue à une assez grande distsnce, ayant le bassin à droite et la rivière Saguenay à gauche. On a cessé d’y faire les saints offices depuis 1849, Il était temps. Les cent et quelques années qui pèsent sur elle lP’auront bientôt écrasée. En 1850, son vieux clocher fortement incliné du côté du portail, menaçait de s’abattre sur quiconque voulait entrer. C’est une vieille relique pieine de touchants souvenirs. Elle rappelle une époque qui, sans être ancienne, semble déjà bien loin de nous, tant on l’a oubliée. Tous les étrangers qui vont à Chicoutimi ainsi qu’à Tadoussac, à peine debarqués, courrent vîte au poste, voir l’ancienne chapelle, ie cimetière, le jardin, etc. Ceux qui connaissent quelque chose des anciennes missions du Canada, quelles que soient leurs croyances religieuses, ne manquent pas de mettre dans leurs sacs de vcyage quelques fragments de pierre ou autres objets comme souvenirs, La pierre tumulaire du Père Cocquart, mort à Chicoutimi en1771 (1), n’existait plus qu’en morceaux, sur lesquels on distinguait des lettres incrustées, et qui avaient appartenu à des mots latins. Les capitaines de vaisseaux et autres étrangers, ont ramassé avec avidité ces divers fragments. M Je Puibusque, écrivain fran-

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| (2) Ou en 1766 suivant la liste chronologique etc., de 1834,

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çais, et grand amuteur d'antiquités canadiennes, en reçut les derniers moïceaux de M, le curé de Chi. ccutimi, 1l y a trois ou quatre ans. C’est ainsi que des étrangers viennent de plus de mille lieues nous apprendre à donner quelqu’attention à des sonvenirs qui levraiert pourtant nous être bien chers. Profiteronsnous de la leçon ? Il est bien tard maintenant que tous les registres, livres d’église, tableaux, pierres gravées ete, ont été perdus, abandonnés sans souci dans les chapelles et sacristies ouvertes au j'2mier venu. Quelques débris ont pourtant échappé à ce honteux gaspillage, et sont en mains sûres. Espérons que ces vieux nemoires ne resteront pas longtemps une lettre morte.

64.—La paroisse de Chicoutimi renferme les townships Chicoutimi, Jonquière, Kinogomi, Simard, Tremblay et ïarvy, contenant 33,3094 acres de terre actuellement occupés, et ayant produit l’année dernière 32,5?3% mincts de tous grains. La population est de 2,046 ames. Les townships du lac Saint-Jean sont desservis par voie de Mission. La desserte de Chicoutimi est toujours difficile et parfois périlleuse à cause du Sagunay qui la divise en deux. Il faut toujours être en canot, car il n’y a pas encore de chemins, si ce n’est dans les environs de l’église. L'église a 100 pieds sur 58, aveë galeries dans toute sa longueur. La première messe y a été célébrée dans l’été de 1849. M. J, B. Gagnon, le ouré actuel, y est depuis 1846. C’est le premier curé résident. La paroisse de Chicoutimi lui est redevable de son église et de son presbytère, M. Gagnon n’a épargné ni son temps ni sa bourse pour aider

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ses braves paroissiens. L’église de Chicoutimi, quan elle sera achevée, ferait honneür à plusieurs ancienne: paroisses du fleuve.

65.—A un peu plus d’une demi-lieue en bas du bassin, à la rivière du moulin, M. McLeod a un grand établissement de commerce, consistant en moulins, hangars et maisons, à part celle où il réside, Ily a un bon ‘hôtel. C’est ordinairement là que les vaisseaux prennent leurs chargements de bois. Tout l’espace entre la rivière du moulin et le bassin se garnit tous les ans de nouvelles maisons. A part M. MeclLeod, il n’y a qu’un seul marchand ÿ Chicoutimi.

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