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à diviser des lots impropres à la culture ; et lorsqu’en der nier lieu ils vinrent opérer sur un meilleur terrain, ils te trouvèrent occupé par des colons non autorisés, et ce, d’une manière si irrégulière, qu’il leur fut comme im. possible de continuer la subdivision d’après le plan original. Ils furent donc obligés d’attendre d’autres ins. tructions. Nouveau délai pendant lequel les colons non antorisés (squatters) continuèrent à s’y établir de la même manière, au point que quatre ou cinq travail. laient en même temps sur le même lot en différentes directions. |
96.—Dès 1843, quelques centaines de familles s’étaient ainsi établies sans tître dans le Saguenay (1) Le plus grand nombre était sans moyen d’acheter des 1 chevaux, des vaches et des bœufs. 11 paraît même À que, jusqu’en 1842, ceux qui auraient vouluenavoiren M étaient empêchés. On permettait seulement l’usage des chevaux nécessaires à l’exploitation Gu bois, Ce-
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pendant cela n’empêchait pas ceux qui manquaient 4 « fre d'ouvrage dans les chantiers de M. Price, de défricher UM ta et de semer quelquefois en quantité considérable, sans M ‘ autres instruments que la pioche ou la hache. Ils À “pr étaient obligés de transporter leur bois de chauffage sur es leur dos, ainsi que les provisions qu’ils allaient acheter de au magasin de M. Price. Pendant l'hiver, les trans- Li n°! ports se faisaient sur des traîneaux à main. Ce n’était M raiti que pendant les courts intervalles que leur laissaient M vert les travaux des chantiers, qu’ils pouvaient s’ occuper de 4 né 7 He ER rene EEE PE pee atieiuisen ——— { | p
@) M. D.B,. Papineeu, Commissaire des Terres, en évalue le E | À nombre à trois milles, dans son Rapport du 27 sepiembre 1849. C’est 3 J( évidemment une erreur.
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la culture de leurs terres comme à la dérobée. Tel est
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nées un si grand nombre de familles, ainsi relégunées au fond des bois, à plus de 30 lieues de la paroisse Ja plus proche, la Malbaie. Encore cette communication n’etait-elle possible qu’en été, par le Saguenay. En hiver, point de chemin entre la Grande-Baie et la Baie Saint. Paul, ou la Maibaie. Ce chemin n’a éie ouvert qu’en
57.—L’'on peut bien appliquer à la jeune colonie du Saguenay ce que M. Etienne Parent disait avec tant d’à-propos des premiers colons des Bois-Francs, dans son disconrs à la chambre de lecture de Saint-Roch, le 15 avril 1852: “ C’est à fendre le cœur, mais aussi “ c’est à exciter l’admiration et l’orgueil national “ que d'entendre le récit des tribulations et des sonf- “ frances endurées avec tant de résignation et de cons- “ {ances par les premiers colons des Bois-Francs et ‘“ autres lieux, où nos compatriotes sont encore aux “ prises avec des obstacles à décourager une toute “ autre race d’hommes.??
58.—Dira-t-on devant de pareils faitsque le Canadien ne tient pas du fond de ses entrailles au sol qui l’a vu aitre ? Si le Saguenay, comme les Bois- Francs, s’est onvert en dépit de tant d’obstacles, quels rapides progrès n’y eût pas fait la colonisation, si elle n'eût pasété si déplorablement paralysée ?
9.—(Cependant le courage des colons ne se ralentit pas. À force de travaux et de peines infinies, ils par-
“inrent à retirer de leurs terres plus qu’ils ne gagnaient F ë
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aux chantiers. Ceux qui n’étaient pas trop endettés purentse débarrasser de l’avide sangsue qui les é uisait, Les autres durent subir la loi du créancier. Beaucoup la subissent encore ; mais leur nombre diminue à mcsure que les terres s'ouvrent, que les produits de l’agriculture se multiplient, et que la concurrence d’un commerce étranger vient mettre en échec l’odieux monopole.
60... L'argent a toujours été chose fort rare au Saguenay. La monnaie y est remplacée par des bons où billets, appelés piétons (1) par les habitants de l’endroit. Ces pitons sont payables au porteur en marchandises seulement, prises à tel magasin. Lorsqu'un homme vient régler son compte, on le paie en pitons s’il n’a pas besoin de marchandises sur le champ. Très rarement on lui donne de l'argent. Le pauvre homme s’en retourne donc avec ses pitons dans sa poche. Quandil a besoin de quelque chose qui ne se trouve pas an magasin indiqué, il trafique ses pitons, ou iles vend pour de l'argent comptant s’il peut en trouver. Par ce moyen les pitons circulent en abondance. Comme on le voit, c’est tout un système de banque très simple et très économique dans son fonctionnement, mais très lucra. tif pour ses auteurs, aux dépens du pauvre colon, qui, par là, se voit toujours forcé ‘: retourner au magasin du grand seigneur du lieu. Il est pourtant des cas, rares à la vérité, où ces chiffres ont eu leur utilité, I] faut qu’une chose soit bien mauvaise pour n'avoir pas
au moins un bon côté. On doit avouer aussi que les
(1) Dérivé, à ce qu’il paraît, du mot anglais Peter,
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pitons sont donnés en vertu d’une convention préalables expresse ou tacite. Mais tout ce que l’on pourra dire en leur faveur ne détruira jamais les preuves du monopole exercé par leur moyen sur une grande échelle,
60 bis.— Ce tableau des misères des premiers colons du Sagaenay est loin d’être complet. Tous ceux qui connaissent tant soit peu l’histoire de cette localité, savent très bien que l’on pourrait en dire beaucoup plus. Il y aurait aussi à examiner pourquoi la colonisation, après y avoir donné d’assez brillantes espérances, malgré toutes les entraves du monopole et autres, subit néanmoins un temps d’arrêt de 1846 à 1849. Nous renvoyons pou: tout cela au chap. 17e, ci-après, n° 109, Un ami qui fit dans le temps une étude spéciale du sujets par ordre supérieur, a bien voulu nous communiquer quelques notes, dans l'intérêt de cette œuvre si patriotique de la colonisation. Aux maux qu’il fait connaître et dont il sait apprécier très justement les causes, il propose des remèdes efficaces et d’une application facile. Son projet de loi est digne de toute l’attention de nos législateurs.