X. Ouverture du territoire du lac Saint-Jean
18.—La colonisation du Haut-Saguenay n’avait fait qu'un premier pas en ouvrant les terres de la Grande. Baie et de Chicoutimi, Il 5n restait un second, non moias important et difficile, pour atteindre le lac Saint Jean. On sait que la frontière des bonnes terres ne s'étend guère au-delà de la rivière aux Sables dans Jonquière. Il y a entre elles et celles des bords de ls grande vallée du lac Saint-Jean, une borne naturelle consistant en moyens rochers, vallons et savanes qu brisent partout la surface du sol, dans l’espace de trois à quatre lieues, jusqu’au township Labarre. On ne pouvait donc s’attendre que les établissements de C'hicoutimi s’étendissent peu à peu et comme d’eux-même: jusqu'aux lac Saint-Jean. Il fallait d'un seul coup sauter cette barrière, pour jeter une nouvelle colonie sur les burds du lac Kinogomishish. Des particuliers abandonnés à leurs propres moyens ne pouvaient faire cela. Il fallait des sociétés.
79.—Vers 1848, il s’en iorin:\ trois presque en même temps : une à la Malbaie, une autre à la Baie Saint- Paul, et une troisième à Saint-Ambroise, près de Québec. La première choisit ses terres le long de la rivière aux Sables, en deça de la vallée du lac Suint- Jean, comme nous l’avons vu [40]. La seconde prit le township Signay sur les bords du lac Saint-Jean, et le fit arpenter en grande partie ; mais le défrichement n’est pas encore commencé. La troisième, celle de Saint-Ambroise, ou plutôt M. Boucher, curé de cette varoisse, seul avec l’aide de souscriptions recueillies dans
en es
int-Jean.
y n'avait fait > la Grande. second, non le lac Saint es terres ne Sables dans s bords de ]5 e naturelle savanes qui pace de trois re. On ne nts de Chi eux-mêmes:
n seul coup velle colonie : particuliers vaient faire
ue en même Baie Sainte, près de long de la u lac Suintonde prit le -Jean, et le sfrichement e, celle de ré de cette
1eillies dans
sa paroisse, à Québec et ailleurs, entreprit de coloniser le township Caron, voisin du précédent. M. Boucher, pendant ie cours de ses missions chez les Montagnais, avait eu occasion de bien connaître le territoire du lac Saint-Jean Ilobtint du gouvernement, par un ordre en conseil, daté du 23 septembre 1848, un township dans la péninsule de Chicoutimi, aux conditions de paiement alors en fofce pour le Saguenay, c’est-à-dire un schelling l’acre jusqu’au 31 décembre 1849, et de plus un octroi gratuit de lots de 50 acres, chaque côté de la grande ligne conduisant de la Grande-Baïe au lac Saint-Jean [103]. M. Boucher était doué d’un rare courage. Il en fallait en effet pour entreprendre, avec si peu de moyens, d'établir une colonie au lac Saint- Jean, à 80 lieues de Québec, à 12 lieues du port de mer et à 10 lieues des établissements les plus voisins, sans chemins hour s’y rendre, Il se mit donc à l’œuvre, invita ses paroissiens à visiter le Saguenay. Plusieurs le suivirent dans l’été de 1849 ; mais découragés par la grande distance des lieux, et la difficulté des communications, ceux qui la plupart n'avaient fait que le voyage de Saint-Ambroise à Québec, sur des chemins macadamisés, ils abandonnèrent leur brave curé. M. Boucher ne se rebuta point. Avec le petit nombre de ceux qui lui restèrent fidèles, il commença ses premiers défrichements près de la Belle-Rivière, chaque côté de la grande ligne. Il a maintenant une soixantaine d’arpents de défrichés, dont la plus grande partie a été ensemencée l’année dernière.
BA au
XI. Association des comtés de l'Isletet Kamouraska pour coloniser le Saguenay.
80.—L’exemple de M. Boucher ne resta pas sans imitateurs. Ilse forma en janvier 1849, à Sainte-Ann: de la Pocatière, une autre société de colonisation, sou le titre d’Association des comtés de l’Islet et de Kamouraska.
Organisation.— L'association se compose d’un bureau d’administration formé de personnes nommées annuel. lement par les comités de paroisses qui eux-mêmes son
élus par les actionnaires de chaque paroisse ; chacune d’elles ayant droit à un membre pour 10 actionnaires. Bureau d'Administration et Charges.—Le bureau d'administration a un président, un secrétaire, un tré. sorier. Le quorum est de sept. Le bureau d’adminis-
tration a le droit de régir toutes les afluires de l’association, et de faire tous les réglements nécéssaires pour atteindre le but principal, qui est la colonisation au profit de la classe pauvre. Mais ilne peut rien changer aux règles fondamentales. Le réglement se compose de 35 articles, et porte la date du 22 mars 1849, avec les signaiires suivantes des membres du premier bureau, que l’on doit considérer comme les fondateurs de cette entreprise.
islet.=X". X, Delâge, prètre, curé, Vincent Martin, médecin.
Saini-Jean.--Louis Parent, prêtre, curé, P, Dumas et M. Fournier, cultivateurs,
Saint-Roch.--D. H. Têtu, prêtre, curé, Ls. Tremblay, médecin.
aet.
acrt
mouraska
a pas Sans ainte-Ann:
sation, sou de Kamou-
l’un bureau es annuel:
mêmes son >; chacune ionnaires.
Le bureau ire, un tré- , d’adminisle l’associares pour atn au profit hanger aux ompose de 9, avec les ier bureau, rs de cette
ent Martin P, Dumas
Ls. Trern-
sr LE cri
Sainte-Anne.—L. A. Bourret, prêtre, curé, F. Richard, ouvrier-entrepreneur, Rivière- Ouelle.—Charles Bégin, archi-prêtre, curé, P. Garon, notaire, M. Boucher, cultivateur.
Saint-Denis.—Charles Chapais, marchand, H, $. Jorre, notaire, F. Langlois, ouvrier-entrepreneur,
Kemouraska.—J. H. Routier, prêtre, curé, A. T. Michaud, médecin, C. Lebel, cultivatear.
Saint-Paschal.—N. F. Hébert, prêtre, curé, J. B. Martin, notaire.