IX. Commerce d'exportation et d'importation
15.—La maison Price et McLeod charge tous les ans environ 20 bâtiments Européens à Chicoutimi, et 10 à la Grande-Baie, Quelques uns prennent jusqu’à 27,000 madriers. La valeur du bois ainsi directement exporté en Europe, est de £35,000 à £45,000, La même maison exporte encore chaque année à Québec et aux Etais- Unis, pour environ £4,000 en bardeaux, planches, bois
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de châssis et lattes. A part ce commerce étranger, il s’en fait un autre assez considérable avec les paroisses du fleuve, depuis Québec jusqu’à Rimouski. Nous ll croyons ne point nous tromper en disant que les ports de Chicoutimi et de la Grande-Baie sont régulièrement fréquentés, pendant toute la saison, par 20 goëlettes dont chacune fait six à sept voyages à Québec et ailleurs, chargées de planches, madriers de cull, de bardeaux, bois de corde et écorce de bouleaux, 76.—Le commerce d'importation consiste principale. |: ment en farine, lard, foin, avoine, chevaux, marchan- | dises et autres objets nécessaires à la vie des chantiers. Le mortant ainsi importé chaque année par la maison Price, à la Grande-Baie seule, est de £10,000. Les autres marchards importent pour environ £5,000, Le chiffre des importations de Chicoutimi est à peu près | double de celui de Ja Grande-Baie. Mais les exportatious à Québec et ailleurs sont les mêmes.
’après ces données dont nous pouvons garantir l'exactitude, il est aisé de se jaire une idée de la vale
du commerce des établissements du Saguenay.
77.-Sans aucun doute, le commerce du bois a puissamment contribué à ouvrir le Saguenay à la colonisation Mais il faut dire aussi que, dirigé comme il l’a toujours été par le monopole, il a eu ses graves inconvémients. En voici quelques uns. Ainsi, tout en admettant qu’il fait circuler de grands capitaux, et donne du pain à beau coup de familles dans le Saguenay, on peut bien si demander si le grand nombre de bras qu’il emploie ne seraient pas mieux occupés maintenant à ouvrir des
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terres ? L'intérêt particulier de ces grands établissements du commerce doit se trouver souvent en opporition avec l’intérêt individuel des colons. Dans cette ficheuse occurrence, n’est-ce pas le droit du plus fort an prévaut toujours, et cela malgré les bonnes qualités persocnelles des chefs ? Il est si naturel que les gros vivent des petits ! L'intérêt « e ce commerce ainsi placé entre les mains d’une seule société, voulait que l’embouchure des principales rivières, et toutes les places de moulins fussent envahies. Elles l’ont été, Le gouvernement a commis la graude faute de les vendre à la même maison, au lieu de ‘es louer pour un temps. Ces places de moulins avec leurs six acres de terre deviennent toujours nuisibles, lorsqu'elles se trouvent au nulieu d’un village, comme au bassin de Chicoutimi et à la Grande-Baiïe. Vers 1845, une société puissante avait €70,000 comptés pour ouvrir des chantiers de bois carré dans le Sagnenay. Le gouvernement s’empressa de décider par un ordre en conseil qu’il ne serait point accordé d’autre licence pour la coupe du bois que celle des billots. N’était-ce pas fermer l'entrée des forêts du Saguenay à un nouveau genre d'exploitation, et confirmer le monopole déjà établi au profit de Punique maison qui les exploitait alors ? Un dernier inconvénient de ce commerce, parmi plusieurs autres que l’on pourrait citer encore, est le gaspillage des belles forêts du Saguenay au détriment de la colonigation, Là comme uilleurs, il y a beaucoup de lots dont la plus grande valeur est le bois, Personne ne vondra les acheter quand iis auront ét ainsi dépouillés
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