AN
gomi. Il restait encore cinq lieues et demie à faire pour atteindre ja première limite du township Labarre, Outre deux grandes rivières, une moyenne et plusieurs ruisseaux à traverser, le terrain partout couvert de bois et brisé par des rochers, des vallées et des marais, offrait des difficultés presque insurmontables. Le transport sur le lac était bien le plus faeile. Mais il aurait fallu un moy :n steamboat ou une goëlette. On n'avait que deux petites berges d’une douzaine de pieds de long. La nécessité est ingénieuse à se tirer d’embarras. On construit sur le champ un radeau de 40 pieds de long sur 20 de large. Au milieu, on met quatre chevaux, deux vaches, 300 bottes de foin, six quarts de lard, 10 quintaux de farine, 1,500 planches, 500 madriers. 40 hommes sont placés tout autour sur les bords pour ramer, 60 voiles sont tendues, et l’on s’éloigne lentement de la rive, après avoir dévotement récité les litanies de la sainte Vierge. Deux berges placées à l’avant et poussées par huit bonnes rames accélèrent la marche. Vingt-quatre heures après, le précieux radeau arrivait heureusement à l’autre bout du lac. C’était le 25 mai. Les travaux commencèrent aussitôt et durèrent cinq mois. £.'xante-quinze hommes y furent employés pendant deux mois et demi et 50 pehdant deux mois et demi, chacun gagnant un schelling” par jour, l’un portant l’autre, lesmauvais temps et les dimanches compris, et mangeant pour 74d,
Ces travaux ont donné le résultat suivant : 1° un nouvel abattis de 400 arpents, prêt à être brûlé le printemps suivant; 2° an chemin de 20 arpents entre les
demie à faire ship Labarre, ie et plusieurs it couvert de et des marais, les. Le trans- Mais il aurait >, On n'avait e de pieds de tirer d’embaru de 40 pieds et quatre che- six quarts de ches, 500 maar sur Jes bords s’éloigne lenrécité les litaicées à l’avant ent la marche.
radeau arrivait était le 25 mai.
durèrent cinq employés pent deux mois et jour, l’un pormanches com-
uivant : 1° un > brûlé le prinpents entre les
lacs Kinogomi et Kinogomishish ; 3° un autre chemin de 56 arpents sur les bords de Kinogomishish et de la rivière des Aulnets, pour arriver à la chûte ; 4° deux granges et nn cemp ; 5° la lieue et demie de chemin du portage des Roches achevée ; 6® celui de la Grande- Baie au Grand-Brûlé, et un peu au-delà, réparé et raccourci de trois quarts de lieue ; 7° enfin tous les travaux nécessaires pour faire brûler l’abattis, semer 66 minots de grains, 30 minots de patates et faire la récolte. 87.— Deux voies s’offraient pour conduire au township Labarre ; l’une de Chicoutimi, l’autre de la Grande Baie, menant toutes deux au portage des Roches, à la même distance à peu près. La première n’était praticable que par la rivière Chicoutimi, car il n°y avait pas
encore de chemin d’ouvert le long de cette rivière (1). .
Mais celle-ci, avec ses sept portages et ses nombreux rapides, n’offrait ni la sûreté, ni la promptitude nécessaire, Il fallait donc choisir entre un chemin de cinq lieues et demie à faire en neuf, et les dangers du transport par eau dans des canots d’écorce, seules embarcations que l’on pût confier à la rapidité de cette rivière. Cette route, après avoir été essayée l’année précédente, fat abandonnée eette année pour celle de la Grande- Baie qui n’était pas plus longue, mais benucoup plus sûre et moins coûteuse, puisqu'elle était ouverte, à l’exception d’une lieue et demie, en arrivant au portage des roches, M. Hébert avec une partie de ses hommes, aidés des habitants de la Grande-Baiïe et du Grand-
À sf D Ce chemin doit être complètement ouvert dans le mois d'août
Brûlé, en firent une route assez passable pour des charges de 800 livres. Jusque-là les habitants du Grand-Brûlé ne pouvaient faire le voyage de la Grande- Baie, à trois lieues et demie, à moins de deux jours et avec beaucoup de peine. Maintenant ils le font dans une petite journée, facilement et avec une charge deux fois plus pesante. Ce chemin n’a d’autres côtes que celles de la montée en laissant la Grande-Baie. Les terres sont prises jusqu’au portage des Roches. Bientôt il y aura des maisons d’un bout à l’autre.
88. Troisième année 1851.—Le nombre des hommes employés aux travaux de cette année, a été de 14 pendant l’hiver (sept mois), et de 75 pendant l’été (cinq mois). Les gages ont été de 112 par jour, et la nourriture 8d.
C’est la premièr : fois que le territoire du lac Saint- Jean a vu des colons hiverner sur ses belles terres, tous occupés, comme dans les vieilles paroisses, à battre et faire moudre le grain, transporter de la forêt sur les bords du lac Kinogomishish, et de la rivière des Aulnets, le bois de charpente de plusieurs bâtisses, etc. Cette petite circonstance est bien insignifiante aujourd’hui. Avant 50 ans les habitants du lac Saint-Jean aimeront probablement à se la rappeler. |
Jes travaux de l’été ont commencé le 23 mai. Voici le résultat du travail des 12 mois; 1° battre le grain et tirer parti de la récolte de l’année précédente ; 2° 350 billots de pin coupés et emmenés à la chôûte des Aulnets, pour les bâtisses à faire dans le cours de L’été, outre 1,700 billots vendus ; 32 400 livres de sucre etun
prenne arpatenerer cn .
s{ acr tion
le pour des abitants du e la Grande- >ux jours et le font dans charge deux es côtes que le-Baie. Les es. Bientôt
des hommes é de 14 pent l’été (cinq r, et la nour-
ju lac Saints terres, tous s, à battre et forêt sur les : des Aulnets, ete. Cette aujourd’hui.
ban aimeront
3 mai. Voici ttre le grain cédente ; 2° la chôûte des ours de l’été, e sucre etun
Se
quart de sirop ; 4° un abattis de 500 arpents prêt à être brûlé ; 59 semer 200 minots de grains, 60 minots de patates, et faire la récolte ; 68 améliorer les anciens chemins, construire trois maisons de 20 pieds sur 18, trois granges de 20 pieds sur 42, cinq hangars et deux camps d’hiver.
Le transport des provisions de la Grande-Baie au portage des Roches, a occupé deux hommes pendant deux mois, et quatre pendant les quatre autres mois ; quatre hommes pendant cii.q mois y ont été employés sur les lacs Kinogomi et Kinogomishish avec une chaloupe et deux berges. Dans les jours de mauvais temps, et à la suite des grandes pluies, lorsque les chemins devenaient trop mauvais, tous'ces hommes réunis au portage des Rogçhes ñe restaient pas oisifs. L’association y possède trois lots qui ont été mis en valeur. Ils ont de plus gagné occasionnellement £35 à transporter des charges soit pour M. l’arpenteur Ballantyne, soit pour différentes personnes déjà établies dans les environs,
XIII Moulin de la chûte des Aulnets ou Hébertville [43].
89.—Cette place de moulin a été accordée avec six acres de terre par un ordre en conseil (1), aux conditions suivantes : 1° construire sous deux ans, à dater du 15 mai 1851, un moulin à farine, et y moudre les grains aux taux ordinaires des moulins du comté du Saguenay ; 2° la place du moulin et les six acres de terre à
ee
© (1) Voir la lettre du Bureau des Terres, du 12 juillet 1851.
me ff
être payés d’après l'évaluation de l'agent local, M. Kane. Après celn la patente seta accordée ea faveur de la personne qui aura fourni les fonds pour la construction du dit moulkiñ et pour le coût du terrain.
M. Félix Langlois, de Saivt-Denis, bien connu par son esprit d'entreprise et son habileté comme mécanicien, y a fait construire une moulin à scies et à farine qui a déjà débité plusieurs centaines de billots, et moulu tout le grain récolté l’année dernière, Les colons du jiac Saint-Jean sont heureux maintenant de n’être point obligés d’aller porter leurs grains à Chicoutimi.
ns