XVI. Prix des Terres du Saguenay
105.—M D. B. Papineau, commissaire des Terres suggérait dans son rapport du 27 septembre 1845, de fixer le prix des terres du Saguenay à un taux qui n’excèderait pas trois schellings l’acre, avec délai pour le paiement, moyennant la rente annuelle de six par cent. Alors le prix des terres de la couronne pour d’autres parties de la province, était de deux schellings ou de deux schellings et six deniers payables comptant. M. le commissaire voulait favoriser le Saguenay. en recommandant le prix de trois schellings avec délai, tout en payant la rente du capital.
106.—En 1849,le gouvernement provincial voyant l’émigration de nos compatriotes aux Etats-Unis prendre des proportions alarmantes, comprit enfin qu’après le manque de chemins le haut prix des terres était un obstacle insurmontable à la colonisation. Les terres de 6s. furent donc réduites à 4s. Celles de quatre furent de deux seulement ; mais les colons du Saguenay eurent le privilége d’en acheter au comptant, à un schelling, jusqu’au ler janvier 1850. Ensuite ils de-
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vaient payer deux schellings avec un crédit de cinq ans lai pour le premier paiement qui £erait d'un quart du pix pas d’achat, Le reste payable en trois termes egaux avec vou intervalle de deux ans entre chacun et intérêt (ordre en obl conseil du 20 décembre 1848.) con 107.—Dès lors la colonie du Saguenay a semblé re- Cot prendre courage. De nouveaux colons s’y sont rendus pub en plus grand nombre. Des associations se sont for- ne (
mées pour opérer plus efficacement et plus-vite ce que des particuliers ne pouvaient faire. Mais le terme une
fatal arriva trop vite. Le gouvernement consentit les aun nouvean dél:4 d'un an. Au bout de ce temps, qu’i c’est-à-dire le 31 décembre 1851, les colons du Sague- la pi nay u’étaient pas plus avancés. Ils demandèrent en- ond core, et cbtinrentnon pas une année, mais neuf mois Voy seulement. Le premier octohie prochain arrivé, le Uni: prix de leursterres devra donc doubler. Or, iln’ya 10 guère d'apparence qu'ils soient plus riches alors que pass leur récolte ne sera pas encore entièrement sauvée. Etat: Que feront-ils ? S'ils ne peuvent payer cinq louis, (pour tout un lot de 100 acres) maintenant qu’ils ont à peine ce- men qu’il faut pour vivre, comment pourront-ils en payer (TE dix l’automne prochain? C’est ainsi que le colon du se p Saguenay vit toujours entre la crainte et l’espérance. l’'ava C’est bien peu encourageant.
108.-Le gouvernement a déjà fait beaucoup en réduisant le prix desterres. C’était bien tout ce qu’on pouvait
attendre, dans les circonstances critiques où il se trouvait il y a trois ou quatre ans. Mais à présent il peut faire plus. Il peut du moins accorder un nouveau dé-
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lai pour payer un schelling l’acre, Cinq ans ne seraient pas trop. Ilest bien à craindre cependant que le bon vouloir bien connu de plusieurs de nos ministres ne soit obligé de céder encore cette fois à des considérations contraires. On continuera de regarder les terres de la Couronne uniquement comme une source de revenu public. L’on marchandera avec de pauvres colons qui ne demandent qu’un petit coin du sol canadien pour y vivre, oubliant que chaque colon ainsi fixé au pays est une obole de plus jetée dans le trésor public, par les droits qu’il lui paie; ou bien on leur répondra qu’il n’est pas compatible avec les intérêts généraux de la province de vendre à bas prix ce qu’en bonne politique on devrait plutôt leur donner pour rien. Qui, pour rien. Voyez ce que vient de faire le gouvernement des Etats- Unis.
109.6 Les journaux (1) rapportent qu’il vient d’être passé par la chambre des représentants du Congrès des Etats-Unis, un bill faisant un octroi gratuit de terre à tout chef de famille désireux de former un établissement. <
“ Giles Etats, vers lesquels l’émigration étrangère se porte en foule chacue année, sentent le besoin ou l'avantage d’accorder gratuitement des terres aux chefs de famille, le Canada, lui, d’où un flot d’émigration se dirige du même côté, malgré les millions d’erpents de bonnes terres qu’il contient,le Canada devra-t-il rester les bras croisés en présence de ce nouveau motif
(1) Extrait du Canadien, du 24 mai 1852.
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démigration que va présenter le bill en question à notre population agricole ?
“ Les seuls octrois gratuits de terres que 1: loi permette en Canada, consistent en 50 acres sur ies chemins ouverts au milieu des terres nouvelles ; mais ces chemins n'existent guère qu’i l’état de tracé sur les plans du bureau des terres. Test vrai que le prix des terres a été réduit à un taux presque nominal dans certaines sections du Bas-Canada, mais il n’y a pas de chemins par lesquels on puisse y parvenir, ou en sortir potr se rendre au marché.
IL'est à espérer qu'en voyant les nouvelles facilités que les Etats-Unis ‘vont offrir à la colonisation de leurs terres publiques, nos autorités séntiront qu’il n°y 2 plus à retarder l’adoption de toutes mesures propres à arréter la disposition déjà trop prononcée chez un nombre de nos compatriotes, pour l’émigration aux Etats-Unis, et à faire naître parmi rous l’espoir que le gouvernement ne s'occupe efficacement de la colonisation, de
façon à offrir à notre population tous les motifs possibles ne de rester dans le pays natal. che 110.—4 Par là (1) le gouvernement ouvtirait la voie fair à l’établissement des Canadiens sur le ‘sol natal, et vou leur ôterait une cause efficace d’émigration aux Etats. | de 1
| Unis. Il travaillerait ainsi dans intérêt bien entendu de la mère-patrie en conservant, dansume d': ses plus XV belles colonies, des sujets loyaux et fidèles.”
NN 111.—M. Etienue Parent, dans son discours du 15 . 1
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(1) Extrait des notes sur la colonisation de Bellec aasse, 19 janvier