‹ Le Saguenay en 1851 [microforme]Chapitre 36 sur 51 · SAT · texte numérisé non relu

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totale de tous les ponts qu’il faudrait faire pour les traverser, serait de 638 pieds environ. La Belle- Rivière et Chicoutimi sont rapides, mais les autres coulent très lentement. De simples chevelets peuvent sou tenir les ponts qu’on y jettera.

Une considération qui doit donner une grande importance à cette route, c’est que la Grande-Baie est destinée à être le port de mer du lac Saint-Jean. Tout le monde connaît la Grande-Baie. On sait que son havre peut recevoir en tout temps les plus grands vaisseaux. On y arrive par le même vent qui fait monter au Saguenay. Il n’en est pas de même de Chicoutimi qui, malgré son bon havie, n’est pas d’un accès 2ussi facile.

97.—On pourrait aisement, selon M. Bouchette, (1) ‘ établir entre cette Baie et le lac Kinogomi une com- “ munication par eau, la différénce du niveau n’excé- ‘ dant pas 250 pieds dans une distance de 4 lieues et 4 ‘“ à cinq lieues, par le pays plat qui sépare ces deux “ points.” À propos de cette opinion de M. Bouchette qui n’est certes pas une chimère, nous ajouterons que la réunion des deux lacs Kinogomi et Kinogomishish, séparés seulement par une Iängue de terre basse d’une quinzaine d’arpents, n’offre pas ombre d’une difficulté. Les deux lacs paraissént de même niveau. Ce petit canal ouvrirait une navigation facile de sept lieues et demie à 8 lieues. Depuis le bout du lac Kinogomishish jusqu’à la Belle-Rivière, espace d’environ deux milles, on aurait un canal tout fait, avec une seule écluse, en

(1) Page 165 du Rapport de l'Exploratiou de 1828.

redressant un peu la rivière des Aulnets. Delà au lac Saint-Jean en droite ligne, il ne reste plus que deux lieues sur un terrain partout uni et sans roches, avec un abaissement graduel de niveau, lequel n’a pas encore été constaté, mais qui n’est pas considérable. Donc avec huit lieues un quart de canal, sans compter le redressement de la rivière des Aulnets, on mettrait le lac Saint-Jean en communication directe avec la mer. Voilà pour le chemin entre la Grande-Baie et le lac Saint-Jean.

98.—Le chemin Bagot.—Deux cheñins sont en dispute depuis 1847. Celui de la Malbaie par Sainte- Agnès, et celui de la Baie Saint-Paul par Saint-Urbain. Le premier a 21 lieues et deux milles d’après le chainage de Stuart ; le second a 21 lieues et un mille d’après celui de Duberger. Le chemin de la Baie Saint-Paul est ouvert depuis deux ans. Au-delà de 200 bêtes à cornes l’ont déjà traversé. Celui de la Malbuie est ouvert depuis quatre ans, mais pour l’hiver seulement. Il est très fréquenté pendant la saison des carioles. C’est le chemin du courrier. Ces deux voies devraient être explorées en été par une personne désintéressée, prise hors du comté, aux frais du gouvernement. Si celui de la Baie Saint-Paul était seulement égal à son rival de la Malbaie, il devrait être préféré dans l’intérêt des colons du Saguenay, vû que le besoin d’une sortie leur est plus nécessaire pour communiquer avec la capitale, qu'avec les paroisses du comté sur le fleuve. Sous ce rapport, le chemin le plus court devrait être choisi, Par le chemin de la Baie Saint-Paul, il y

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a 43 lieues entre Québec et la Grande-Baie, par celui de la Malbaie il y a 53 lieues, et dans le moins 50 lieues, en passant var Sainte-Agnès et Saint-Urbain. La différence pour aller et revenir est de 20 lieues ou au moins 14 lieues, Le transport des malles y gagnerait dans la même proportion. Une bonne exploration déciderait cette importante question, et mettrait fin à une malheureuse division entre des hommes estimables qui ont tout à gagner en s’unissant et tout à perdre en se divisant.

99,.—M. D. B. Pupineau, commissaire des Terres, dit dans sou rapport d’une visite faite au Saguenay en 1845, que ‘“ Pouverture du chemin Bagot (celui dont “ ‘nous venons de parler) serait très coûteux, vû qu’il “ ne sera jamais établi, et que s’il étaitune fois ouvert, “ il deviendrait bientôt impraticable par le manque de bras et de moyens pour l’entretenir.” Le respect dû aux bonnes intentions de l’honorable commissaire ne doit pas empêcher de dire que cette opinion n’est rien moins qu’hasardée.

100,—TL.e chemin entre la Grande-Baie et Chicoutimi ne sera probablement pas pratiqué en été d’ici à plusieurs années, si les habitants des deux townships qu’il traverse sont seuls à le faire, Mais avec un secours modique de la Législature, il serait un des plus beaux du Saguenay-Intérieur. La savane qu’il traverse n’est pas profonde ; et il n’y a pas de rivière.

101.— Chemin du lac Saint-Jean à Québec.-On sait qu'en 1847 et 1848, MM. G. Duberger et Blaiklock, explorèrent le pays entre Stoncham, près de Québec, et

le lac Saint-Jean, en ligne droite, pour voir s’il y atrait moyen de tracer un chemin entre ces deux poiñts. Ces messieurs firent conjointement un rapport défavorable ; mais M. Duberger ajoutait que les obstacles ne se trouvaisnt que dans la route directe qu’il avait ordre de suivre, et que plus à l’Est, le terrain paraissait meilleur. Depais cette époque, de nouvelies informe‘ions sont venues confirmer l’opinion de M. Duberger. Ce Monsieur en a recueilli plusieurs des sauvages et de quelques Canadiens du Château-Richer, quitous s’accordent à dire que de Stoneham en suivant une course à peu près Nord-Est, l’on peut facilement atteindre les environs du lac Kinogemi, en traversant une suite continue de plusieurs vallées. Comme le gouvernement vient d’ordonner une nouvelle exploration, ilest inutile d'entrer dans de plus longs détails. Il faut espérer que, cette fois, les instructions données à l’arpenteur qui en sera chargé, ne le forceront point à suivre mathématiquement une direction plutôt qu'une autre ; l’essentie] étant de trouver un bon chemin par la voie la plus courte, pour se rendre de Québec. soit au lae Saint-Jean, soit dans les environs de la Belle-Rivière qui s’y décharge, ou au lac Kinogomi.

102.—-La chaîne de montagnes indiquée dans les cartes de 1744 pour lé chemin des Jésuites du Saguenay, existe-telle ?

M. Geo. Duberger nous permet de faire la réponse qui suit: “ Cette chaîne existe partout et nulle part. ‘6 Car dans les environs de la sectivn où elle est repré- ‘“ sentée, les montagnes m’ont paru tellement entas-

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sées les unes sur les autres qu’elles forment dans toutes les directions autant de chaînes séparées par autant de vallées plus ou moins longues et larges. Cependant, je n’hésite pas à croire que les RR, PP. lors de leur résidence au lac Saint-Jean, pouvaient bien avoir un sentier ou petit tracé de pieds, pour traverser même des animaux de Québec au lac Saint- Jean. À cette époque reculée et malheureusement trop oubliée, le pays en question était bien mieux connu qu’il ne l’est aujourd’hui. Les premiers colons du Canada aimaient les voyages et s’occupaient beaucoup d’explorations. Maintenant l’intér' :ur du pays en bas de Québec est à peine connu à six lieues des bords du fleuve. Ce sentier, que l’on suppose ètre un chemin régulier, pourrait bien n’avoir été qu’un chemin de chasse, comme ceux que j'ai rencontrés entre la baie des Esquimaux, et le poste quaw-quawtshou sux la côte du Labrador. J’ai pu parcourir là dans l’intérieur du pays une distance de 110 lieues, presque toujours dans des chemins de chasse très bien batius. Quelques-uns même auraient pu passer pour des chemins de voitures dans des distances de cinq à six lieues, en ligne presque droite. A l’époque où les Jésuites étaient au lac, Saint-Jean, il y avait certainement cent fois plus de sauvages qu’aujourd’hui ; et comme la chasse se faisait entre Québec et le lac Saint-Jean, il est bien probable que les chasseurs d’alors entretenaient des chemins d'un lieu à l’autre, et que les Jésuites, au moyen de quelques améliorations, auraient entretenu une communica-

“ tion régulière entre Québecet ie centre de leurs ‘“ missions du Saguenay.” D’après la carte susdite de 1744, ce chemin arrivait, non au lac Saint-Jean, mais à l’anse Saint-Pierre ou l’anse Saint-Jean sur le Saguenay, à environ neuf lieues de Tadoussac. En suivant cette direction, il aurait 35 lieues de Québec à la Grande-Baïe. Le lac Saint-Jean, est à 34 jlieues un quart de Stoneham, près de Québec, en ligne droite selon le chaînage de 1848.

103.- La confection de tous ces chemins à la fois coûterait une trop forte somme. Aussi il n’est pas question de les avoir tous dans la même année. Ce sera l'affaire du temps. Il faudra procéder par degrés, à fur et à mesure que les établissements s’augmenteront. Mais si la prudence exige de ne point faire de travaux inutiles, l'intérêt hien entendu de la colonisation veut que l’on s’empresse d'ouvrir les routes jugées indispensables à son développement, c’est-à-dire toutes les fois qu’un certain nombre de colons veulent ouvrir un nouveau township.

104.—I1 ne faudrait pas dire que les établissements du Saguenay n’ont pas encore assez d’importance et que les intérêts généraux de la province ne permettent pas de créer une nouvelle charge surle trésor public qui en a bien assez d’autres. Le Haut-Saguenay a déjà fourni à la caisse publique £11,818 15s. dont £8,000 seulement pour la coupe du bois. Ilya 24 townships arpentés ou projetés, suivant les plans du bureau des Terres. Ces towuships forment environ un million d’acres, lesquels vendus au prix actuel d’un schelling

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l’acre, formeraient un montant de £50,000. En ôtant les £3,818 15s., déjà recus, il resterait £46,181 5s., comme produit de la vente à un schelling lacre. Quatorze de ces townships sont maintenant en vente, et l’on peut compter, en faisant une déduction raisonnable pour les terres incultes, sur un demi million d’acres maintenant disponibles au prix minime d’unschelling, ce qui donnerait £25,000.

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