‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 12 sur 55 · RIVIÈRES · texte numérisé non relu

RIVIÈRES

Plus de vingt-cinq rivières, dont douze navigables en canot, et deux ou trois dans des bâliments de petite dimension, apportent leurs eaux au Saguenay dont le cours est constamment navigable depuis son embouchure jusqu’à la Pointe des Roches, située sur la rive nord, à douze milles en deça de Chicoutimi, et depuis la Pointe des Roches jusqu’à Terre Rompue, dix-huit milles plus loin, lorsque la mer est haute.

C'est le long de ces rivières seulement que se trouvent les établissements des colons ou des pêcheurs, si l’on en excepte les deux paroisses de l’Anse Saint- Jean et de Sainte-Marguerite, parce que leurs rives seulement présentent des morceaux de terre arable échappés du chaos des montagnes. Il y a iorigtemps,

bien longtemps, le cours de ces rivières, jusqu'au loin dans l’intérieur, était fanqué d’épaisses forêts de pins que les feux ont fait disparaître. sans qu'une nouvelle pousse les ait remplacées depuis lors.

Les rivières qui se déchargent dans le Saguenay sont en général de petite dimension. On peut citer néanmoins la Petite Saguenay qui se prolonge dans l’intérieur jusque vers la Malbaie, et qui était autrefois un excellent endroit de chasse pour les sauvages; la rivière Saint-Jean qui tombe dans l’anse de ce nom, la rivière Elernité et la rivière à Mars; celle-ci se décharge dans la baie Ha! Ha !: toutes ces rivières sont du côté sud ou ouest du Saguenay.

Sur la rive nord on remarque la Sainte-Marguerite, le plus grand de tous les tributaires du Suguenay et dont le cours est le même que celui de ce dernier fleuve. La compagnie des Postes du Roi y avait autrefois une pêche où, dans une bonne saison, on prenait jusqu’à cinq ou six cents saumons ; c'était aussi un des meilleurs endroits de chasse pour les Indiens. La navigation de la rivière Sainte-Marguerite est très-rude et accessible seulement aux petits canots jusqu’à une distance de vingt à trente milles. Sa largeur est communément d’un acre et de près de deux à son embouchure. De chaque côté le sol était jadis couvert de bois de différentes espèces qui devenaient de plus en plus dures à mesure que l’on remontait la rivière. Si l’on en remontait ainsi le

re

cours l’espace d'une vingtaine de milles, on trouvait par endroits des morceaux de bonne terre coupés par des chaînons de montagnes.

Aujourd’hui les bois ont à peu près disparu, et les lopins de terre arable sont livrés à la euliure. Viennent ensuite, toujours sur la rive nord, les rivières Peltier, des Outardes, du Caribou, Shipshaw

et Valin. Cette dernière tombe dans le Saguenay à

quatre lieues au-dessus de la baie Ha ! Ha ! et communique dans l'intérieur avec la rivière Betsiamites qui se décharge dans le Saint-Laurent, à vingt lieues plus bas que Tadoussac. |

Mentionnons enfin la rivière Chicoutimi ou Shekulimish, ce qui veut dire en indien « plu: loin elle est encore profonde». Prenant sa source à la hauteur des terres, près du lac Jacques-Cartier, dans le comté de Montmorency, elle arrive à travers les montagnes jusqu’au lac Kenogami dans lequel elle se jette. Après avoir mèlé ses eaux à celles de ce lac, elle en sort par son extrémité occidentale et court se précipiter dans la rivière Saguenay, après avoir été interrompue par plusieurs portages qui en rendent Ja navigation impossible autrement qu’en canot.

Nous voici maintenant parvenus à un point où il est impossible de continuer l'exposé physique et géographique de la région du Saguenay sans inilier le lecteur aux commencements et aux développements des principaux centres de population de Ja

en

parlie de cette région que nous avons décrite. L'histoire est tellement liée à la géographie et contribue à la modifier, du moins quant à ses aspects extérieurs, à un (el point que l’une ne peut plus être comprise sans le secours de l’autre ; voilà pourquoi nous voulons, avant d'aborder la description géographique du bassin du lac Saint-Jean, compléter par des notions historiques celle que nous venons de faire du territoire compris entre Tadoussac et la presqu'ile de Chicoutimi, là où commence, à proprement parler, le bassin du Lac. C'est ce qui va faire la matière des chapitres suivants.

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