‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 11 sur 55 · ANSES OU BAIES · texte numérisé non relu

ANSES OU BAIES

Les rives du Saguenay sont coupées par un assez grand nombre de petites baies, communément appelées anses, qui servent d’abri, suivant la profondeur d’eau, soit aux navires d’outremer, soit aux goëlettes ou aux petites embarcations quelconques. Mentionnons entre autre l’anse à la Barque, l’anse à l’Aviron, la baie des Rochers, la baie Trinité, la baie Eternité, l'anse aux Cascades, l’anse aux Foins et la baie du Gros Rocher qui est un excellent havre pour les navires, de même que la Descente des Femmes. Cette dernière tire son nom de l'aventure de quelques Indiennes qui, envoyées à la recherche de secours par leurs maris mourant de faim, débouchèrent sur le Saguenay en cet endroit, après avoir marché longtemps le long d’une petite rivière qui y conduit. Comme détail, ajoutons que la Descente des Femmes est formée de trois petites anses qui se suivent et qui s'appellent respectivement Anse à Cléophe, Anse à Alexandre Simard et Anse à Grenon. On y fait du bois de corde et des bardeaux. La Descente des Femmes contient une certaine étendue de terre

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arable qu’on peut évaluer à soixante acres sur la rivière et qui se prolonge jusqu’à deux milles à peu près en arrière.

L’Anse à Peltier, dans laquelle se jette une rivière du même nom, vis-à-vis le cap à l'Ouest, offre un bon port aux navires océaniques.

L'anse Sainte.-Marguerite, sur la rive nord de la rivière, est un bon havre pour les goëlettes et renferme une petite étendue de terre cultivable,

L'anse Saint-Etienne, sur la rive sud, est à reuf milles de Tadoussac. Sur ses bords se sont établies queiques familles de pêcheurs.

La baie Trinité estun bon havre pour lés bâliments de toute dimension. Elle est entourée d’une étroite bordure de terre arable. La marée y monte jusqu'à une hauteur de vingt et un pieds.

L'Anse Saint-Jean, sur la côte sud du Saguenay, est à vingt-deux milles de l'embouchure de cette rivière. Elle a environ trois milles de largeur sur deux de profondeur et offre un abri sûr contre tous les vents, Elle donne son nom à la paroisse qui s’y est formée et qui compte tout près de sept cents habitants établis sur les prairies et les côteaux fertiles qui entourent l'anse, et le long d’une petite rivière qui y prend son embouchure.

Pendant dix-huit ans la population de l'Anse Saint-Jean est restée stationnaire ; mais, à partir de 1859, elle a doublé rapidement en quatre années, de

telle sorte qu’elle s'élevait à 327 âmes en 1863. Toutes les familles nouvelles qui allaient s’y établir venaient de la Malbaie et des Eboulements.

Le Petit Saguenay n'était habité à cette époque que par deux familles seulement.

Les bateaux-à-vapeur qui font le service du Saguenay arrêtent à l’Anse Saint-Jean depuis que le gouvernement fédéral y a fait construire un quai en 1879. Ce quai sera termin£ cette année; quinze cents dollars ont été affectés à cette fin.

La baie Ha! Ha! ou Grande Baie, comme on l'appelle encore, a une importance et des dimensions qui ne permettent pas de la classer parmi les autres baies ou anses qui semblent de légers écarts, de petits renflements au cours ordinaire de Ja rivière Saguenay. Ce n’est pas encore tant par ses dimensions que par la grandeur de son aspect et par le cadre qui l'entoure qu'elle frappe le regard du voyageur. Les Indiens l'ont appelée Heskuewaska, et les Français Ha ! Ha !, sans doute pour exprimer leur étonnement de ce que l'ayant prise pour une continuation de la rivière Saguenay, ils y pénétrèrent et la trouvèrent sans issue. Située à plus de soixante milles de Tadoussac, par le 48° degré, 22 de latitude nord, et le 70° degré, 11 de longitude ouest, elle a environ deux lieues de profondeur sur une lieue de largeur. Cette baie, où la marée monte jusqu'à une hauteur de dix-sept pieds et où la profondeur d'eau varie constamment

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sur tout son parcours, élart “e 95 brasses à son embouchure, de 133 à un endroit de la rive sud, et de 15 brasses à quelques pas plus loin, est un vaste port où le mouillage est partout sûr pour les navires de toute grandeur et à l'abri de tous les vents.

La Grande Baie est entourée d’un cercle de prairies qui en font Le véritable commencement de la partie agricole du territoire du Saguenay. Aussi est-ce vers elle que se porta ie premier eflort, le premier mouvement de la Colonisation, lorsque ce pays mystérieux, que la fable avait énxelopné jusque là de voiles impénétrables et auquel la légende prètait les plus terribles aspects, vit enfin arriver sur son sol les pionniers précurseurs des importants et nombreux groupes de population qui se sont formés depuis. «La baie Ha! Ha !, dit M. Bouchette, par 4ssait évidemment avoir été formée par la nature pour être le siége principal du commerce de toute cette partie du territoire du Saguenay : 1° À cause de la grande étendue de pays plat qui l’environne, qui s'étend d’un côté jusqu'à Chicoutimi et de l'autre jusqu'au lac Kenogami. 2° À cause du havre qu'elle offre aux vaisseaux de ligne de première classe, qui peuvent entrer directement dans la baie, avee presque le même vent qu'il leur faut pour monter Ie Saguenay et mouiller dans la seconde baie qui paraîl avoir été formée tout exprès pour servir de darse. 3° À cause de la facilité qu'il y a d'ouvrir un chemin jusqu'à Chicoutimi, ou

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directement jusqu’au haut du lac Kenogami, ou bien d'établir une communication par eau entre cette baie et le Lac, pour éviter la route tortueuse et difficile de la rivière Chicoutimi, la différence de niveau n’excédant pas 250 pieds sur une distance de 44 à 5 lieues, entre la baie et le lac dont il est question.» (Cette communication a été établie depuis, non par eau, mais par le chemin du Grand Brûlé qui relie la baie Ha ! Ha ! avec le portage des Roches, à la tête du lac Kenogami).

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