‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 16 sur 55 · SD" RE · texte numérisé non relu

SD" RE

de vingt et un actionnaires, les actions devant être de $400.00 chacune. En peu de temps la liste des actions est remplie, grâce au privilége qu'avait chaque actionpaire de pouvoir s’adjoindre deux co-associés pour former la somme requise. Cette société prend le nom de «Société des vingt et un associés, » et se compose comme suil :

Alexis Tremblay, (surnommé « pieoté »).

Louis Tremblay, Joseph Tremblay, George Tremblay, Jérôme Tremblay, Alexis Simard, Thomas Simard, Ignace Couturier, Joseph Lapointe, Benjamin Godreau, Joseph Harvey, Louis Des Gagnés, Louis Villeneuve, Ignace Murray, (Muret).

David Blackborn, François Maltais, Michel Gagné, Basile Villeneuve, Pierre Boudreau, Jean Harvey, Louis Boulianne.

ms DT, cum

Ces 21 associés n'avaient d’autre objet en cherchant à pénétrer dans le Saguenay que d'y exploiter la forêt et d'y faire le commerce de bois, la culture de la terre leur ayant été strictement défendue par la Compagnie de la Baie d'Hudson qui régnait alors en souveraine sur ces contrées sauvages.

(1838). La Société ayant réalisé un capital! suffisant et s’élant procuré les choses les plus nécessaires pour commencer son entreprise, fixa le départ de la première expédition au printemps de 1838 ; et, en effet, dès le 25 avril suivant, une berge, nolisée par la petite société, partait de la Malbaie avec vingt-sept hommes, tant associés que co-associés.

La barge s'arrêta d'abord aux Petites Iles et y laissa quelques hommes pour y bâtir un moulin. De là elle se rendit à l’Anse au Cheval où le reste des hommes débarqua et où un moulin fut également construil. Après l'érection de ces deux moulins, on décida d'envoyer une partie des hommes à l’Anse Saint-Jean et une autre à la Grande Baie. Quatorze homwes partirent donc dans deux embarcations (une chaloupe et une petite barge) et arrivèrent à la Grande Baie le dimanche matin, 11 juin, 1838. Au printemps de cette même année, la glace sur le Saguenay, depuis l’Anse Saint-Jean jusqu’à la Baie Ha ! Ha! n'’élait partie que le 25 mai.

En arrivant à la Grande Baie, les Quatorze se mirent à l'œuvre et construisirent avec du bois rond

Pi | di

une maison d'environ dix-huit pieds sur douze, précisément à l'endroit où se trouve aujourd'hui le magasin de la maison Price. Aussitôt après ils firent une visite dans les bois, le long des deux petites rivières appelées l’une, rivière à Mars, l’autre, Ha ! Ha ! La rivière à Mars a pris son nom de Mars Simard et de Philippe Castagne qui arrivèrent de la Baie Saint-Paul en octobre, 1838, et allèrent s’établir là où s'élève aujourd'hui le village de Saint-Alphonse, au fond de la baie. On disait «aller chez Mars» pour dire «aller à Saint-Alphonse.

L'objet des explorateurs, dans leurs courses le long des deux rivières ci-dessus mentionnées, était de reconnaître s’il y avait beaucoup de bois et si l'exploitation en serait facile et avantageuse. Mais leur rapport ne fut pas favorable et le découragement s’'empara d’un grand nombre d'associés. On débattit méme quelque temps s’il ne valait pas mieux abandonner complètement le projet formé par l’auteur de la société. Après bien des pourparlers, néanmoins, on se décida à tenter les travaux. Douze hommes Jaissés à la Grande Baie tirèrent en fort peu de temps du bois pour faire l’écluse et les dalles d’un moulin sur la rivière Ha ! Ha! et l’on réussit même à faire l'éciuse durant le cours de cet été.

Au mois de juillet, Benjamin Godreau, François Guay et quelques autres allèrent visiter plusieurs endroits où se trouvaient des pinières. Benjamin

Le OÙ 5e

Godreau,en voyant la première anse de Saint-Alphonse et la qualité de son sol, s'éprit de ce lieu ; et, comme il ne cessait d'en parler et de le vanter auprès de ses compagnons, ceux-ci donnèrent à celle anse le nom «d’Anse à Benjamin, » nomquiluiestresté. Mais Fronçois Guay, surnommé on ne sait pourquoi «Caille, » s'éprit d'un autre endroit situé le long du Saguenay, à l'entrée de la Grande Baïe, et comme il voulait absolument y bâtir un moulin sur un ruisseau qui s’y trouvait, on donna à ce ruisseau le nom de «Ruisseau Caille. »

Le 20 octobre, 1838, arriva à la Grande Baie une goëlette qui venait de la Malbaie avec quarante-huit personnes, tant hommes que femmes et enfants. Dans ce nombre se trouvaient plusieurs familles qui venaient s'établir au Saguenay, mais uniquement avec l'intention de «faire la pinière,» comme on disait alors. Chacun se construisit du mieux qu’il put une petite maison en bois rond et couverte d'écorce de bouleau, n'ayant que quelques ouvertures étroites pour laisser pénétrer la lumière.

A la chute des premières neiges d'automne, les hommes se hâtèrent aux travaux des bois el commencèrent leurs chantiers. Ils bâtirent même un moulin à scie pendant l'hiver.

Les jours de travail passaient rapidement, tant les pionniers mettaient d'ardeur dans leur entreprise, et l'ennui ne venait guère les lourmenter alors qu’ils

Page 1