CHAPITRE I
Ce qu’on appelle la régipn du Saguenay et du Lac Saint-Jean n'avait pas autrefois le même nom ni les mêmes limites qu'aujourd'hui. On la désignait sous le nom général de «Domaine du Roi, » faisant partie des «Fermes Réunies de France, » et elle était concédée à une compagnie appelée la « Compagnie des, Postes du Roi.» Le «Domaine», pour nous servir d’un terme abrégé, fut arpenté en 1732, etses limites fixées par une ordonnance de l’intendant Hocquart, portant la date du 23 mai 1733. L'arpentage fut fait par Joseph Laurent Normandin, dont il a été question dans l’Avant-Propos, lequel fut. « nommé et désigné à l'effet de parcourir toutes les rivières et les lacs qui se déchargent dans la rivière Saguenay, en tirant vers l’ouest, depuis le poste de Chicoutimy jusqu'à la hauteur des terres, y marquer les limites par des fleurs-de-lys plaquées sur les arbres, et du tout dresser procès-verbal exact en forme de journal, contenant toutes observations portées er les dites. ordonnance et instruction.» %
Quant à l’ordonnancèe qui, à la suite de l’arpentage fait par Normandin, fixa les limites du territoire
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saguenayen, voici quelle en était la teneur: «Nous avons borné l'étendue du Domaine du roi appelé la « Traite de Tadoussac, » savoir par la côte nord du fleuve Saint-Laurent, depuis le bas de la seigneurie des Ebouiements, qui est vis-à-vis la pointe du nord-est de l’Ile-aux-Coudres, jusqu’à la Pointe ou Cap des Cormorans, faisant environ quatre-vingt-quinze lieues de front avec l'Isle-aux-ŒÆufs et autres isles, isletset battures y adjacentes ; du côté de l’ouest, par une ligne supposée tirée est et ouest, à commencer depuis le bas de la seigneurie des Eboulements jusqu’à la hauteur des terres où est le portage du lac Patitachekao, par la latitude de quarante-sept degrés, quinze minutes, auquel portage le dit sieur Normandin a plaqué quatre fleurs-de-lys sur quatre sapins épinettes, duquel lac Patitachekao la rivière de Métabetchouan prend sa source et se décharge dans le lac Saint-Jean, d'où elle tombe dans le Saguenay ; plus à l’ouest, par les lacs Spamoskoutin, Sagaigan et Kaouackounabiskat, à la hauteur des terres par la latitude de quarante-sept degrés, vingt-sepl minutes, où le dit sieur Normandin a aussi plaqué quatre fleurs-de-lys sur quatre sapins épinettes ; le dit lac Kaouackounabiskat formant d'autres lacs et la rivière Quiatchouanon qui se décharge par le dit lac Saint-Jean dans le Saguenay, lesquels deux lacs feront la borne des pays de chasse des profondeurs de Batiscan ; et courant encore à l’ouest, du côté des Trois-Rivières,