‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 4 sur 55 · PER: CU · texte numérisé non relu

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dans la profondeur, par la hauteur des terres à deux lieues environ du petit Patitaouaganiche, par les quarante-huit degrés, dix-huit minutes de latitude, où le dit sieur Normandin a pareillement plaqué quatre fleurs-de-lys sur quatre sapins épineltes, lequel lac passe par le lac Askatiche, d'où il tombe dans la rivière de Nekoubau, où se rendent aussi les eaux du lac Nekoubau, tous jesquels lacs et rivières se rendent par le lac Saint-Jean dans le Saguenay, et feront la borne de séparation des terres du domaine avec le pays de chasse des Trois-Rivières et de la Rivière-du-Lièvre ; les dites bornes ci-dessus désignées suivant le journal du dit sieur Normandin, et la carte que nous avons fait dresser sur icelui, dont la minute reste et restera déposée en notre secrétariat, dans l'étendue desquelles bornes se trouvent renfermés les postes de Tadoussac, Malbaie, Bondésir, Papinachois, Islets de Jérémie et Pointe-des- Betsiamites, Checoutimy, Lac Saint-Jean, Nekoubau, Chomontchouane, Mistassins, et derrière les Mistassins jusqu’à la Baie d'Hudson, et au bas de la rivière le Domaine sera borné, en conséquence de notre dite ordonnance du douze du présent mois, par le Cap des Cormorans jusqu’à la hauteur des têrres, dans laquelle étendue seront compris la rivière Moiaic, le lac des Kichetigaux, le lac des Naskapis, et autres rivières et lacs qui s’y déchargent, etc., etc. »

(Signé) HocquarT

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Résumons en quelques mots cette ordonnance afin que le lecteur puisse en saisir rapidement les lignes principales et en avoir une idée d'ensemble ; disons donc que le «Domaine du Roi » était renfermé dans les limites suivantes: Sur la rive nord du fleuve, entre l'extrémité inférieure de la seigneurie des Eboulements jusqu’au Cap Cormoran, plus bas que la rivière Moisic, une longueur d'environ (rois cents milles; à l’ouest des Eboulements, par la ligne de la hauteur des terres, d'où partent les rivières qui se jettent dans Île lac Saint-Jean, en suivant la ligne de division des eaux du Saint-Maurice, du lac Saint-Jean et de la rivière Baliscan ; à l'extrême est, enfin, une ligne partant du Cap Cormoran et embrassant toute la région située en arrière aussi loin que la ligne de division des eaux de la Baie d'Hudson, jusqu’à ce que cette ligne vint rejoindre celle qui formait la frontière de l’ouest que nous venons d'indiquer.

Ce vaste espace, qui ne comprenait pas moins de ° 72,000 milles de superficie, était affermé à la Compagnie plus haut mentionnée avec le privilége exclusir de commerce, de chasse et de pêche. C'était là du reste le mode universellement pratiqué à celte époque. Peu de temps après la fondation des premiers établissements de la colonie, le gouvernement de France tirait le plus de parti possible de ses vastes possessions de l'Amérique du Nord en les affermant ou en les donnant à bail par larges portions, sous la

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réserve d'un certain paiement annuel pour le privilége de la traite ou de la pêche ; et cela était vrai, surtout pour le territoire du Saguenay qui était réputé contenir les meilleures places de chasse et de pêche de toute l'Amérique Septentrionale. Le roi le donnait à ferme tout entier et faisait renouveler chaque bail au bout de vingtetun ans. Le premier de ces baux conférant le droit exclusif de commerce avec les Indiens et añjugé, après enchère publique, à un sieur Demaux, remonte à l’année 1658. Mais les limites en dedans desquelles devait s'exercer ce privilége furent longtemps une source de difficultés, jusqu'à ce qu’enfin l'ordonnance de l’intendant Hocquart y eût mis un terme à la suite de l’arpentage fait en 1832.

Quant au droit exclusif de pêche, de chasse et de commerce, nous le trouvons exprimé en la teneur usuelle dans la clause suivante de la même ordonnance :

«Faisons défense à toutes personnes, de quelque qualité ou condition qu’elles soient, tant les marchauds et habitants de la colonie que les capitaines et maîlres de charrois, bareues, bateaux et navires, gens de leur équipage et passagers, el à (ous autres généralement quelconques, même aux sauvages étrangers, non habitués dans les terres du domaine, de traiter, chasser, pêcher, ni faire aucun commerce sous quelque prétexte que ce puisse être, directement ni indirectement, soit par eux-mêmes ou en envoyant

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des marchandises, vivres, boissons el munitions par des sauvages affidés dans toute l'étendue des pays désignés par notre présente ordonnance, et généralement dans aucunes rivières et lacs qui prennent leur source en la rivière Saguenay et la rivière Moisice, encore qu'ils ne soient nommément exprimés dans notre dite ordonnance; faire festin aux sauvages habitués dans la dite étendue de pays, ni les détourner en aucune manière, même d'approcher des limites ci-dessus marquées dans les terres, plus près de dix lieues, pour y faire la traite avec les sauvages ou autres établissements sans la commission expresse et par écrit du sieur Carlier (1), ses successeurs fermiers, leurs successeurs, commis et préposés, à peine de confiscation des armes, chasse, marchandises de traite, pelleteries et effets traités, canots, chaloupes, barques, charrois, bateaux et autres bàtiments généralement quelconques, et de la somme de deux mille livres d'amende qui ne pourra être remise ni modérée sous aucun prétexte, lesqueiles confiscation et amende appartiendront, savoir : deuxtiers au dit Carlier et l’autre tiers aux dénonciateurs.»

« Permettons pareillement au dit Carlie,, ses successeurs, leurs procureurs, commis et preposés, de saisir et arrêter tous les canots qui se trouveront dans l'étendue du dit domaine, chargés de marchandises, vivres et munitions convenables à la traite, ou pelleteries et effets traités qui se trouveront en cache

(1) Fermier du Domaine.

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ou à découvert, dans les pays dépendant du dit domaine, à quelques personnes qu’elles puissent appartenir, comme aussi de saisir et arrêter tous les bâliments généralement quelconques qui se trouveront traiter ou avoir traité avec les sauvages dans l'étendue da dit domaine, et poursuivre devant nous la confiscation des choses saisies sur les procèsverbaux des dits commis et préposés, dûment aflirmés.”

Après la cession du Canada à l'Angleterre, le territoire du Saguenay continua à être affermé. Les fermiers du Domaine étaient intéressés à exclure les étrangers autant que possible et à tenir secrèles les ressources du pays, autant pour maintenir leur monopole que pour empêcher toute eompétilion chaque fois qu'il s'agissait de renouveier le bail, C'est pour cette raison qu’on fut si longtemps sans rien connaîitre, ou du moins fort peu de chose, relativement au: Saguenay. À l’exception de quatre ou cinq postes où la compagnie de la Baie d'Hudson faisait la traite des pelleteries avec les sauvages, tout le reste du pays était le domaime de familles montagnaises dont la chasse et la pêche enrichissaient la compagnie. La seule terre en culture était un petit jardin et quelques arpents que l'on permettait quelquefois à de vieux employés de cultiver à leur profit. On comptait trois ou quatre colons de cette sorte établis autour du Lac Saint-Jean. Cependant, au poste de

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Métabetchouane, qui s'élevait au débouché de la rivière de ce nom dans le Lac, les Jésuites avaient fait des défrichements assez considérables ; mais depuis qu’ils s'étaient retirés, la forêt avait repris son domaine et les champs de blé avaient disparu (1).

Dans les limites ci-dessus indiquées de l'immense domaine affermé à la «Compagnie des Postes du Roi»: se trouvaient les établissements de traite dont les noms suivent: Tadoussac, Malbaie, Bondésir, Papinachois, Islets de Jérémie, Betsiamites, Chicoutimi, Lac Saint-Jean ou Métabetchouane, Nekoubau, Chomontchouane et les Mistassins. Plus tard y furent ajoutés les postes de Muskapis, de Moisic et des Sept Isles, dans le bas Saint-Laurent. Il y a un demi-siècle, le fermier des «Postes du Roi» était un M. McDonal, à qui son bail ne coûtait que douze cents louis par an. Il employait quatre cent cinquante hommes dans les postes et les pêcheries, et cinq cents Indiens à la poursuite des animaux à fourrures.

Les postes de Tadoussac, Bondésir, Islets de Jérémie, Betsiamites, Papinachois et Mistassins étaient échelonnés sur la rive nord du Saint-Laurent, en partant de la rivière Saguenay et en descendant le fleuve,

(1) Le poste de Métabetchouane existe encore et est occupé par M. Flanagan, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Mais cette compagnie n’est plus que l'ombre de ce qu’elle était avant qu’elle n’eût perau son monopole du commerce des fourrures. Les Indiens, du reste, ont presque tous disparu, et il n’en subsiste plus guère que 300 à 850 établis depuis quelques années sur une réserve qu'ils cultivent.

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sur une longueur d'environ trente lieues, tandis que ceux de Chomontchouane et de Nekoubau étaient à une grande distance au nord-ouest du Lac Saint-Jean.

Nous avons dit plus haut que nos pères, qu vivaient sous la domination française, connaissaient mieux le Saguenay qu'il ne fut connu dans la suite, durant la longue période écoulée entre l'inauguration du régime anglais et l’année 1837, laquelle vit s’effectuer pour ainsi dire la prise de possession du territoire saguenayen par les premiers cclons qui y aient lenté un établissement.

En effet, aussi loin qu'on remonte dans l'histoire du Canada on retrouve la mention du Saguenay et la trace des expéditions de nature diverse qui y furent faites. La première de toutes, préparée à Québec sous le commandement de Roberval, partait, dès 1543, pour faire une véritable exploration de ce pays; mais le résultat de cette entreprise est resté un des secrets du temps. Tout ce que nous en savons, c’est la perte de l’un des bâtiments qui composaient l’expédition, avec huit hommes du bord. En 1603, M. de Monts, ayant obtenu le privilége exclusif de la traite depuis Terreneuve jusqu'au cinquantième degré de latitude nord, équi;a quatre vaisseaux dont l'un

devait faire la traite à; fadoussac. Il les confia à

Champlain qui s'arrêta. à ce dernier endroit el y trouva «nombre de sauvages qui y étaient venus pour la traite de la pelleterie, plusieurs desquels vinrent à notre vaisseau avec leurs canots qui sont de huit à neuf pas de long et environ un pas et demi nuant par les deux bouts. Ils sont fort sujets à tourner si on ne les sait bien gouverner, et sont faits d'écorce de bouleau renforcée par dedans de petits cercles de cèdre blanc, bien proprement arrangés, et sont si légers qu’un homme en porte aisément un. Chacun peut porter la pesanteur d'une pipe» (1j.

Les Basques fréquentaient le port de Tadoussac dès 1608 ; ils y venaient à la ponrsuite de la baleine. «La traite des pelleteries s’y faisait sur un grand pied, » dit Bergeron, dans son Traité de Navigation ; «on a vu quelquefois jusqu’à vingt navires au port de Tadoussac pour le trafic.» Ce poste avait été choisi parce qu’il était le port où s'arrêtaient les vaisseaux qui venaient de la mer. «Ïl semblait donc destiné à un &venir florissant, » dit la Relation de 1644.

Quelques années plus tard, en 1632, le père Le Jeune y arrivait à son tour. Enfin, en 1636, le père De Quen, dont nous avons déjà mentionné le nom, venait y commencer la série des missions regulières qui se continuèrent sous la direction des Jésuites

(1) La pipe était une ancienne mesure de capacité française qui variait suivant les provinces; mais jamais elle ne descendaiït au-

dessous de cent gallons, et en contenait souvent plus de eent cinquante,

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jusqu'en 1782 et ne se terminèrent qu'en 1863, après avoir exercé l'apostolat de vingt-trois jésuites, dont le dernier fut le père La Brosse, et de quinze missionnaires prêtres dont le dernier fut M. Augustin Bernier. Ces missions, qui s’élendaient au loin daus l'intérieur et sur le littoral du Saint-Laurent, furent fertiles en découvertes et mirent la colonie en relations constantes d'amitié avec les tribus qui parcouraient ces vastes espaces. Mais laissons là pour l'heure ces lemps reculés et ‘arrivons aux temps modernes, à l'époque où le Saguenay, sortant d'une nuit prolongée, allait voir commencer pour lui une ère de civilisation et le chasseur indien faire petit à pelit place d'abord au bûcheron, puis au colon devenu enfin le seul maître d’un domaine qui, pendant deux siècles et demi, avait été livré exclusivement au monopole et au privilége.

Un peu après 1820, M. Pascal Taché, qui avait fait la traite pendant vingt-deux ans, à la fin du siècle dernier, dans toute la région du Saguenay, fut appelé à communiquer à l’Assemblée Législative de précieuses informations qui eveillèrent l'attention publique. Ce fut une révélation. M. Taché donna la description générale du pays qu'il avait si longtemps

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habité ; il en traça à grands traits la géographie absolument ignorée de son temps, et en fit connaître les ressources. C’est par lui qu’on apprit que le sol, à partir de Chicoutimi, en suivant le nord-ouest du Saguenay et du Lac Saint-Jean, jusqu'à la rivière Mistassini, une distance de trente-lrois lieues, serait très-fertile s’il était cultivé. «Sur cet espace de terre qui comprend une profondeur moyenne de quatre lieues, disait-il, se trouvent de nombreux petits ruisseaux dont les rives sont de marne. Depuis la baie Ha ! Ha ! jusqu'au Lac Saint-Jean, au nord du lac Kenogami, sur une profondeur de cinq à six lieues, etune longueur de virgt, il y a de fort bonnes terres. Le climat est tempéré. Il y croît des furêts de pins, de cèdres, de peupliers, de trembles et d’epinettes. Les patates et les choux récoltés à Chicoutimi sont tels que ceux que l’on cultive à Québec ne paraissent en comparaison que comme des choux nains. »

C'est à la suite de ces communications failes à l'Assemblée Législative que celle-ci ordonna une exploration qui eut lieu en 1828, sur les représentations d'un membre éminent de l’Assemblée, M.

Andrew Stuart, qui s'était pénétré de l'importance qu’il pouvait y avoir, en vue d’une colonisation éventuelle, de bien connaître les vastes étendues de terre qui se trouvent au nord du Saint-Laurent, et qu’on connaissait alors à peu près ‘comme le centre de l'Afrique, les traditions à ce sujet s'étant perdues depuis la conquête.

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Quelques hommes seulement, esprits studieux, avaient retenu de nos vieux auteurs certains renseignements assez vagues et assez imparfaits, tels que ceux pris dans Jean du Lact, Champlain et Charlevoix qui, tous, parlent du Saguenay et le décrivent en général, d’après les rapports des Indiens, comme un pays aride et montagneux, couvert de neiges perpétuelles et d’un aspect effroyable. Mais ces descriptions, vraies pour certains endroits à la physionomie farouche, étaient évidemment inspirées par les craintes des Indiens désireux de refroidir le zèle des explorateurs de qui ils redoutaient l’usurpation -de leurs terrains de chasse. Les récits des traiteurs étaient également marqués au coin d’une crainte analogue ; ils n'avaient nul désir d'encourager l'établissement ou la compétition de nouveaux-venus dans les retraites où ils trafiquaient des fourrures, en les faisant connaitre trop exactement au dehors. Mais le voile allait être entr’ouvert et le mystère disparaître.

Lord Dalhousie, alors gouverneur du Canada, avait apporté son propre concours au mouvement d’attention qui tournait les esprits du côté du domaine public ignoré, et il en était résulté la nomination d’un comité permanent que M. Stewart fut appelé à présider. L'expédition au Lac Saint-Jean fut divisée en trois partis ; le premier, comprenant M. Bouchelte, député arpenteur-général de la province, M. W. Davies et le lieutenant Gouldie, du 66e régiment ; le deuxième,

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composé de M. Iamel, arpenteur, du lieutenant Baddeley, ingénieur royal, et de M. Bowen ; le troisième enfin, de M. Proulx, arpenteur, et de M. Nixon, du 66e régiment. Chacun de ces partis avait un canot et était accompagné de quatre à cinq hommes, sans compter les Indiens.

Les rivières de l’Ottawa, du Sain(-Maurice et du Saguenay s’offrant comme les grandes artères naturelles pour remonter aux régions siluées au nord du Saint-Laurent, les opérations furent combinées par les explorateurs de manière à tirer parti de cette circonstance. Chacun des trois partis devait remonter chacune de ces trois rivières, et l’on devait se retrouver ensemble à un endroit désigné du Lac Saint-Jean. Quant à M. Bouchelte, il prit son point de départ à Trois-Rivières el suivit le Saint-Maurice jusqu’au poste de La Tuque, à plus de cent milles du Saint-Laurent. Il remonta ensuite la rivière Bastonnais et traversa tout le pays jusqu'à la source de la rivière Ouiatchouane qu'il descendit jusqu’à sa décharge dans le Lac Saint-Jean. Il avait pour cela passé de lacs en lacs, de rivières en r.vières, et de portages en portages. Après avoir exploré la rivière Chomontchouane et fait le tour du Lac, il suivit la Belle-Rivière, puis la rivière Chicoutimi jusqu’à sa jonction avec le Saguenay, précisément à l'endroit où se trouve aujourd’hui la petite ville de Chicoutimi. M. Bouchelte venait de faire là une circumnavigation intérieure d'environ huit cents milles dans un simple canot d’écorce.

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Quant à MM. Hamel, Proulx, Baddeley et Nixon, ils se rendirent au Lac Saint-Jean par le Saguenay ; ils le parcoururent minutieusement, et, à leur retour, tous les explorateurs présentèrent à l'Assemblée Législative une relation circonstanciée de leur voyage qui avait été entrepris dans le triple but de connaître la géoiogie, l’agrologie et la géographie du pays qu’ils avaient parcouru.

Cette triple exploration, parfaitement conduite, a fait époque dans l’histoire du Saguenay. et le volume où sont consignés les trois rapports qui en font le récit forme la source principale des renseignements géographiques et géologiques à laquelle ont puisé tous ceux qui ont écrit depuis sur celte région remarquable à tant de litres.

Mais il est temps de nous arrêter dans cet exposé en quelque sorte historique. Avant d'entrer dans des développements, il convient de donner au lecteur des notions géographiques générales sur la contrée qui fait l'objet de cette étude ; c’est ce que nous entreprenons dans le chapitre suivant.

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