LATITUDE NORD—48”", 6’, B8”. LONGITUDE OUEST
"HISTOIRE de Tadoussac, pendant plus de deux 4 siècles, n’est guère autre chose que celle des missions Lui y furent exercées en premier lieu par les Jésuites, de 640 à 1782, puis par les prêtres séculiers qui leur suecélèrent à partir de cette dernière époque. Tadoussecu’en
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est pas moins, comme on l’a vu précédemment, un des plus anciens noms connus de la Nouvelle-France, et fut toujours, dès les conmencements de la traite des pelleteries, un des postes principaux .où cette traite se faisait. Jl n’a pas cessé encore d'être un des siéges d'opération de la com: pagnie de la Baie d'Iludson, qui y tient une agence et y continue son commerce de fourrures, maïs dans des proportions bien différentes de celles où elle le faisait quand elle en avait le monopole exclusif.
Tel Tadoussac était il y a deux cents ans et tel il est resté, jusqu’au jour relativement peu éloigné encore où la colonisation parvint à se frayer uu passage vers la région
du Saguenay. Lors de l'exploration officielle de 1828, il n'y avait à Tadoussac qu'une chapelle, là maison du
cornrnis, une boutique de forgeron, deux magasins et six cabanes ou granges. ‘“ Voilà en quoi consiste, ” dit M. Nixon, un des attachés de l'expédition, “ le poste où on
laisse ordinairement six hommes. J’y trouvai uu bem taureau de race anglaise, deux vaches, autant de veaux sept moutons et uu cheval ; on tire leur fourrage d’hivel de la petite rivière ct de la grande rivière Bergeronne, preinière à trois licues et la deuxième à troïs lieues el
demie de Tadoussac. Le premier endroit produit € fournit au poste d’excellont foin sauvage, et est suscep tble d’en rapporter beaucoup plus qu’à présent ; on & obtient peu du dernier endroit, et tous deux sont d’aecti difficile. Le port de Tadoussac est constamment ouvert des vaisseaux y sont cutrés dans le mois de maxs et lon
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LE BASSIN DU LAC SAINT-JEAN çr
, Q je Là 8 plus trouvé libre de glace flottante. ..... À basse marée, on
. ‘ > £ ir ro 1SS O0 n) *. g œ £ jours, peut amener un vaisseau tout prè du rivage, car il est
in deseoupé à pic. ..... Le plus haut que montent les marées
\ . A , . - e . : , , a pas du printemps et de l'automne est dix-huit pieds ; en été,
à COM-
c'est douze pieds. .....°
2e et} 18 des faisait
# A Tadoussac,” dit à son tour M. Hamel, attaché à l'expédition en qualité d’arpenteur, “ la Compagnie des Postes du Roi a un poste de traite avec les sauvages, omprenant neuf bâtisses pour magasins, hangars, critre 1 3 esta maison du Poste, de 60 picds sur 20, et une chapelle re où la , région 1828, à son du
e et aix} dit MA be où on
He 25 pieds sur 20. Un missionnaire y vient chaque
Bonée passer quelque temps...
Citons enfin M. Bouchette : ‘“ Cet établissement aloussac) est le plus considérable des Postes du Roi, tant composé de treize bâtiments, y compris une cha-
elle. La résidence de lFagent de la compagnie est un joli âtiment d’un étage ct d’une grandeur commode, avec uñ uu be ds , x À Bsez bon jardin, dont une partie produit, avec d’autres veaux.
» d'hiver
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ndroits aux environs, les légumes que consomment les ens lu poste. Le toit :ouge de la chapelle et son clocher,
1° bâtiments environnants, la rangée des petites pièces ieues ti}
oduit € susce}r : on el d’aect ouvert s et l’on
e terre cultivées sur le bord de la pluine qui s'étend isqu'au pied des montagnes, laissant À découvert en usieurs endroits les rochers nus et montrant les ravages structeurs du feu qui a teint les bois dont leurs somlots sont couverts, les beaux sapins qui s'élèvent en htant de cônes au-dessus de la terrasse qui fut autrefois,
& HRSAGOENAT
je pense, le siége des fortifications des Français, tout cela réuni forme une vue des plus agréables, lorsqu'on monte dans le havre ou qu’on doublo 18 pointe de l’[let, en des.
ceudant 11 Saguenay.
‘ Au Poste, j'aus occasion de voir plusieurs naturels montagnais des deux sexes ; cette nation habite l'immense étendue de pays située entre le Raint-Lauront et le texritoire de la Baie d'Hudson. femmes est singulièrement bigarré de diverses couleurs. Il consiste ordinairement en un morceau de drap bleu bordé de drap écarlate, dont elles font ordinairement leur vêtement de dessous, et en un manteau d’indienne peinte. Ælles jettent leurs cheveux de chaque côté de la tête et en font ne tresse attachée avec du ruban ou du galon rouge ; elles ont une prédilection particulière pour ce dernierarticle. Elles portent généralement une capuce de forme conique, de drap bleu, vert, rouge ou blanc
d’où pend une longue queue de cheveux aussi attachée Elles fument et boivent des liqueurs
de tavelle rouge.
fortes, comme les homrnes. JL’habillement de eoux-e1 est
généralement très négligé et composé ordinairement de
quelque vieille redingote où capote bleue, où d’untk
chemise d’indienne ét de culottes de toile. Les monta
gnais (en langue sauvage ‘‘ rieurs ou moqueurs ”), 80nt généralernent un penple doux et humain. Îls n’ont pa d'habitation fixe et ils exrent dans les limites qui leu
sont assignées pour la chasse. Ils vivent de chasse et de
L’habitlement desi
pêche, -COTA TN € des liq vérole :
que leu répugn: traditio engeign religieu:
U'ya physion rendez-v de tous « contrées Les Arné portent donnent du bruit touristes
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enfin..., des prem qui se 80
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cela pêche ; mais cette source d'alimentation venant à manquer, Lonte comrne cela est arrivé depuis plusieurs années, l’usage der des liqueurs fortes dépassant toute mesure et la petite
vérole s’introduisant quelquefois parti eux, il en résulte
que leur nomhre diminue de besucoup. Ils ont de la turels répugnance pour l& culture, et ils n’ont parmi eux d’autre ment tradition qu'un légor souvenir de l’ordre des Jésuites qui et LD enseignèrent à leurs pères les premiers principes du culte t de religieux.”
aleurs. à p bleu Il ÿ à vingt ans à peine que Tadouasac à abandonné sa ement@ physionomie sauvage pour revêtir petit à pebit celle d’un
rendez-vous favori les touristes, des amateurs de pêche, de tous ceux qui aiment les pres et rudes aspects de nos contrées du nord et veulent en goûter la piquante saveur. Les Américains, et les Américaines particulièrement, s’y portent en nombre, y séjournent plusieurs semaines, donnent à l'endroit une vie inaccoutumée, le remplissont du bruit des plaisirs et des ébats, y attirent en foule les iqueurt touristes qui ne peuvent se résoudre à passer devant <-ci et Tadoussac sans 8 y arrêter au moine quarante-huit heures ; ent del onfn....mais n’anticipous pas ; remontons au Tadoussac d'une des premiers temps et suivons-le à travers Les deux siècles monte qui se sont écoulés depuis lors ; la course sera rapide et »), sont uous ne tarderons pas à contempler le Tadoussac moderne ont prRAves ses élégants cottages, ges embellissements et ses ui teur métamorphoses.
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“Tadoussac,”’dans la langue montagnaise,signifie n14me-
lons. D’après le missionnaire Lañflèche, le mot cri est
Totoushak, pluriel de Totoush, mamelle 1,
Cet endroit était aussi nommé par lea sauvages Sadi-
lege ?.
jésuite : ‘ C’est un lieu plein de rochers et si hauts qu’on
dirait que les géants qui voulurant autrefois combattre fl
les cieux avaient jeté en cet endroit les fondements de
Voici la description qu'en donne un missionnaire À
leur escalade. Le grand fleuve Saint-Laurent fait quasi À
dans ces rochers une baie ou une anse qui sert cle port et fe
d'assurance aux avires qui voguent en ces contrées ;
nous appelons cette baie “Tadoussac.” La nature l’arendue À
fort commode pour l’ancrage es vaisseaux ; elle l’a bâtie
en rond et mise à l’abri de tous les vents.”?
Un autre missionnaire, écrivant en 1720, dit de son 8 côté : ‘ Tadoussac est un bon port .....;8a figure est ‘4 presque ronde ; des rochers escarpés d’une hauteur pra-! digieuse l’environnent de toutes parts et il en sort un petit &
ruisseau qui peut fournir de l’eau à tous las navires. Tout
ce pays est plein de rnarbre ; mais sa plus grande richesse k
serait la pêche des baleines.
La plupart de nos géographes ont marqué une ville
1—Rapport sur les missions du diotèse da Québee, n° 12, p. 105.
9 Relation de 1646.
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au port de Tadoussne ; mais il ny à jamais eu qu'une maison française GE quelque: cabanes qu'élèvent les san
D ac: pour le temps de la traite, ct qu'ils emporteut M cuite comme On fait des loges d'une foire ; et ce n'est
en effet que cela. Îlest vrai que ce port a été longtemps MR L'abord de toutes les nations sauvages da nord et de l'est : PU quo les Français s'y rendaient dès que la navigation était M dire, soit de France soit du Canada ; que les mission-
naires profittient de l'occasion et y venaient négviee
DH pour le ciel. La traite finie, les marchantds retonrnaient
jouez eux, les sauvages reprennient le chemin tte tours villaues où de leurs forûts, ct loë onvriors évangélique «ivaient ces derniers pour achever de les inatemive.”?
D Ju 1628, lorsque l'amiral Kertk s’empara de Québec, Ales vaissenux anglais prenaient éwnlement Tadonssae. Is étaient commandés par J'acques Michel, ealviniste, Mons les ordres de JKertk, qui ne tarda pas à y trouver la
Mort. est là aussi qu'il fut inhumé.
Quatre ans plus tard, le traité do Saint-Germain-en-
ave rendait le Canada à ln France, et, en 163 4 la Com-
Hossession de la colonie. % La 31 mai, dit la Relation.
LS
‘arriva À Tadoussac une chaloupe qui apportait la ci que trois vaisseaux de messieurs les na étaient arrivés ; deux étaient dans le port et le troisième au moulin Baude, un lieu proche de Tadoussac, que les Français ont ainsi nommé.”
Le temps étuit venu où une mission sgulière un être faite à Tadoussac, à l’occasion de l’arrivée des vais. geaux, tant pour les français que pour les ar ges. Le Père De Quen, qui devait en être chargé, D Lo Québec le 17 août 1689, et, dèsle mois de juin del anti guivante, il 8e rendait à Tadoussac où il bogfisait 14 qu F sauvages. Plusieurs jeunes montaguais avaient déjà # euvoyés au collége de la compagnie à ithes. Aussi, dit la Relation de 1641, ‘“ un de nos Pères étant descendu ce printemps à Tadoussac, à 14 FEAUBES des sauvages, les deux plus grands séminaristes lui écrivirent de leur pepe main, témoignant d’un côté une grande es a qu'il iastruisait leurs compatriotes, et de l’autre Wah désir de gon retour. Lr2 Père lut ces deux lettres en la présence des sauvages, leur montrant PAS leurs enfant étaient enpables du Massinahigan aussi hien que les de Ils prenaient ces lettres, les FRA de tous "4 les rogardnient avec attention, conime ail les eusgent pi lire ; ile fisaient dire et redire ce qui était nes dedan bien joyeux de voir que notre papier parlait leur langu
oar ces onfunts écrivaient en sauvage.
Lor:
avec t part ux le chap neur de
plusieur pour ra masure | des navir chargé d en brique tinée À 8e Madame des espéra néophytes
Avaient d éminent et Pur ses épa devait être erquebusad
La Relat bo cette ar
elle Lors de la mission de 1642, le Père De Quen fut reçu ient avec une joie universelle ; les sauvages l”* 1ressèrent à } au part une cabane qui servait de chapelle. 1ls récitaient les le chapelet ensemble et chantaient des hymnes en l’hou-
neur de la Vierge ; la prière se faisait en commun dans Mulnsieurs cabanes. Cependant, le missionnaire n'avait, pour rassembler ses catéchumènes, qu’une misérable
allait masure bâtie à la hâte par les français pour la décharge vais DS desnavires. Les voies ayant été préparées, le Père Buteux,
.. Le chargé de la mission en 1644, s'employa à faire rebâtir, qua à D en briques apportées de France, la nouvelle maison desannéc
tinée À servir de magasin et où la mission devait se faire.
où 15 Madame de la Peltrie, apprenant que cette mission donnsit
éjà ÉK ES des espérances, 8’ y transporta, fut témoin de la ferveur des Aussi BSnéophytes et voulut être marraine de quelques-uns d’entre
gcendu ges, les propre n de ce n désir
Les sauvages étaient tout zèle. ‘ Æn 1646, le Père leur ayant commantlé de transporter une grande croix qu’ils avaient dressé proche de leurs cabanes en an lieu plus éminent et plus décent, le ‘‘ capitaine ” charge cette croix Eur 8es épaules et les sauvages, arrivés à l'endroit où elle devait être plantée, l’élèvent et la placent au bruit des Brauchusades. . .”
régence enfants h nôtres e côtés agent pi dedan tlaoguæS La Relation de 1647 contient ce qui auit : On a appor-
M cette année nne petite tapisserie de droguette pour
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68 LE SAGTENAY
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embellir la chapelle de Tadoussac ; on a aussi apporté une cloche pour appeler au service de notre chapelle.... Ils prenaient un plaisir sans jareil à entendre le son de la cloche ; ils la pondirent cux-mêmos aussi adroïitement que pourrait le faire un artisan français ; chacun la voulait sonner à sun tour pour voir si clle parlait aussi bien entre
leurs mains qu'entre les mains du Père.,....
En 1648, l'église et le logis des Pères n'étaient qu’une longue cabane d'écoree : mais on ne tarda pas à élever une chapelle et à dresser une chambre en bois de char pente où le Saint-Sacrement ctait renformé. La mission finie, les Pères retournaient à Québec ; quelques-uns cependant se joignent paris aux plus grosses bande: d'Tndiens pour continuer à les instruire, dans la fortt
profonde.
Il y eut nn été où il n’arriva pas moins de neuf cents
sauvages À Tadloussa La chapelle, “qui n'était pas des
plus petites ”, so re. lissait quatre fois le jour où les
cntéchumènes et les néophytes se faisaient cuseigner la
religion ; en y chantait tons les jours les louanges de Dicu on français, en hurou, eu algonquin, en montagnais et en
langaäc rniscouicute.
Te 24 juin, 1668, Mer do Laval, premior évêque du Canada, se transporta à Tadoussac où il trouva quatit cents SANVAgOS rÉUNIS.
Indiens fassent mêlés d’une certaine tristesse de ce qu
Il y out grandes acclamations ei}
décharges d'armes À feu, quoique les sentiments de l : Burpentio
le feu « cabanes les mal:
confirm,;
En 16 à Tadouw après, il :
le Sage
Le
Je n'ét,
es Jésunitec
leur minis Sept-Iles,
Mord, auss
OUrSCs.
Mission de ait égale ivière Ch Jean, celle ouest du des Mistas Que ln cha
cbitie, au
icur Robe
em —s
LI BASSIN DIt LAC SAINT-JIEAN 69
me mere pmpe ee me tie «0 te 2e ee ———
une le feu eût consumé leur chapelle. Le prélat visita les Il cabanes les unes après les autres, répandit ses charités sur de les malades, les veuves et les orphelins, et alministra la tue confirmation à 14 personnes.
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centré DR DÉS
| En 1670, le Pûre Albanel, charges de la mission, arriva U une NV rm e ; 4 2 ‘ e à Tadoussae au plus fort d'une épidémie. Deux ans élever AR * à Manres, il faisait le premier voyage à la mer de Iludsou par > char- À le Saguenay.
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