‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 21 sur 101 · RS ————— · texte numérisé non relu

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naître s’il y avait beaucoup de bois et si l'exploitation en serait facile et avantageuse. Maïs leur rapport ne fut vas favorable et le découragement s’'empara d’un grand nombre d'associés. On débattit même quelque temps sil ne valait pas mieux abandonner complètement le projet formé par l'auteur de la société. Après bien des pourparlers, néanmoins, on se décida à tenter les travaux. Douze hommes laissés à la Grande-Baie tirèrent en fort peu de temps du bois pour faire l'écluse et les dalles d’un moulin sur la rivière Ha !ITa!, et l’on réussit même À

faire l’écluse durant le cours de cet été.

Au mois de juillet, Benjamin Godreau, François Guay et quelques autres allèrent visiter plusieurs endroits où se trouvaient des pinières. Benjamin Godreau, en voyant la première anse de Saint-Alphonse et la qualité de son sol, s'éprit de ce lieu ; et, comme il ne cessait d’en parler et de le vanter auprès de ses compagnons, ceux-ci donnèrent à cette anse le nom ‘“ d’Anse à Benjamin,” nom qui lui est resté. Mais François Guay, surnommé on ne sait

pourquoi Caille,” s’éprit l'un autre endroit situé le long

E du Saguenay, à Pentrée de la Grande-Baie, et comme il

voulait absolument y bâtir un moulin sur un ruisseau qui S'y trouvait, on donna à ce ruisseau le nom de ‘ Ruisseau Calle.” k * % Le 20 octobre, 1838, arriva à la Grande-Baie une goclette qui venait de la Malbaie avec quarante-huit personnes, tant honimes que femmes et enfants. Dans ce

nombre se trouvaient plusieurs familles qui venaient sé. tablir au Saguenay, mais uniquement avec l'intention de

faire la pinière,” comme on disait alors. Chacun se construisit du mieux qu’il put une petite maison en bois rond et couverte d'écoree de bouleau, mayant que quel-

ques ouvertures étroites pour laisser pénétrer la lumière,

À la chute des premières neiges d'automne, les hommes se hâtèrent aux travaux des bois et commencèrent leurs chantiers. Ils bâtirent même un moulin À scies pendant l'hiver.

Les jours de travail passaient rapidement, tant les pionniers mettaient d’ardeur dans leur entreprise, et

l'ennui ne venait guère lestourmenter alors qu'ils avaient

la hache à la main. Mais les jours où cessent les labeur: et qui sont consacrés à Dieu avaient perdu pour eux tous leurs charmes. Les dimanches se levaient tristement, sans apporter aucune de ces heures où les loisirs sont si bien

Pas de

voisins à visiter; pas de réunion le soir chez quelque

remplis dans nos paroisses de vieille fondation.

bonne famille amie ; le foyer était déserté là-bas de mème qu'on était isolé ici, entouré par l’implacable et sombre muraille des forêts qui mettait une distance de vingt-cinq lieues entre le village où l’on avait vu le jour, où l’on avait grandi, et le chantier morne dont les bruits maintenant se taisaient, dont tous les échos s'étaient subite.

ment enfuis.

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LE BASSIN DU LAC SAINT-JEAN | nou 93

rèrent sans qu'aucun des secours de la religion vint consoler ni sanctifier leurs derniers instants. Elles s’en allèrent de ce monde, avec l’espérance sans doute, mais sans rien qui la confirmât, sans cette bénédiction suprème du prêtre qui conduit jusqu’au seuil de l’éternité,

Ce fut alors qu'un grand vide et un grand besoin se firent sentir parmi ce petit groupe d’abt donnés qui quiavaient vécu jusqu'alors, sans trop se soucier peut-être de ce besoin et sans songer aux douloureuses manières dont il pourrait se faire sentir. Les mourants avaient supplié Dieu de leur envoyer un prètre à leur dernière heure, et ce vœu allait être exaucé, du moins pour ceux qui les suivraient plus tard dans la tombe.

III è

A cette époque, pour aller de la baïe Ia! ITa! à la Malbaie il fallait d’abord se rendre à l’Aunse Saint-Jean, sur la glace du Saguenay ; À, on prenait un sentier de pied ou de raquette qui conduisait à la Malbaie. Ce sentier est ce qu’on appelle aujourd’hui le chemin des Marais. Par ce chemin, on pouvait avoir à faire de huit à neuf lieues pour atteindre la hauteur des terres qui borde le Raint-Laurent, à douze milles environ de sa rive, dans les profondeurs de la Malbaie. Dans cette étendue de pays il y a beaucoup de montagnes sans doute, mais bien moins qu'on ne serait porté à le croire. En partant de la hau-

teur des terres, on suit une vallée en pente douce, coupte

par de petites rivières et où les lacs sont assez fréquents ;

cette vallée a depuis un quart de lieue jusqu’à une lieue

de largeur, et elle s'étend jusqu'au Saguenay. Le bois y

a diminué de beaucoup par suite des incendies qui rava- . . . » e e : J A

gent pour ainsi dire périodiquement nos forèts.

M. Thomas Simard, ancien habitant de la Malbaie, disait, dans son témoignage donné devant la commission instituée le 19 janvier, 1829, par l’Assemblée Législative, pour examiner le rapport ofticiel des explorateurs et pour étudier tous les faits concernant le Saguenay : “Je connais très bien la partie du pays qui est entre la Malbaie et le Saguenay. Dans le cours des trois ou quatre dernières années jy suis allé souvent. Je fais la chasse à la martre et je pêche à la truite dans cet endroit. Le terrain y est montagneux depuis le littoral du fleuve Saint-Laurent jusqu’à trois lieues, parfois un peu plus, dans l’intérieur. Il devient alors plus uni et se trouve entrecoupé par des cavités, principalement jusau’à la rivière Petit Saguenay, qui est à la distance de huit ou neuf lieues de la Malbaic. Il s’y trouve une étendue de terrain propre à la culture, dont le sol est de marne jaune, et dont cent familles pourraient tirer leur subsistance. Les bois sont principalement le bouleau, 1’érable, le sapin et la pruche. Ceux qui désiren' prendre de nouvelles terres voudraient commencer à l’Anse Saint-Jean et dans la partie ouest au-dessus de Chicoutimi, parce que le climat y est meilleur

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