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Il est devenu indispensable, au point où nous en sommes arrivé de l’histoire des premiers établissements tentés au Saguenay, de placer une courte notice biographique sur l’homme remarquable qui a, le premier, entrepris en grand l'exploitation de nos forêts et fondé, sur une vaste échelle, l'industrie qui est devenue la plus importante de la province, qui constitue À elle seule près de la moitié du revenu
public : nous voulons parler de feu M. William Price. WILLIAM PRICE
M. William Price, père, fut ur. des derniers marchands anglais du vieux type. Il vint au Canada en 1810, comme représentant d’une grande maison anglaise, Christopher Idle and Coy, et ne tarda pas À reconnaître les bénéfices énormes que devait rapporter l’industrie forestière par l'exportation en grand dans les pays d'Europe. Le blocus continental, que voulait imposer Napoléon à tous ceux d’entre ces pays qui avaient conservé leurs relations avec la Grande-Bretagne, les empêchait de tirer leur bois de la Norvège, comme ils l'avaient fait jusque là. Tout jeune encore M. Price, calculant et mesurant l’avenir, se mettait à l'œuvre et ouvrait à l’industrie forestière non seulement la région de lOutaouais, maïs encore celle du Saint- Maurice et le bas Saint-Laurent, où ses béritiers possèdent encore de nombreuses scieries. Pour l'exploitation de la vallée du Saint-Maurice, il s'était associé avec sir John Cauldwell et Peter Paterson ; celui-ci, cependant, ne Joignit la société que plus tard.
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Pendant la guerre de 1812 M. Pricereçut une commission de major, et il s’occupa activement de lever un corps de cavalerie et de monter une batterie de campagne. Lui et M. Goudie furent chargés par rir George Prevost de transporter des dépèches de Québec à Halifax ; ils allèrent en traîneau jusqu'à Saint-André, trente-cinq lieues plus bas que Québec, puis continuèrent leur chemin en ra- Là, ils
rirent un bateau pour traverser la baie de Fuandy, et ils LA }
quettes jusqu'à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.
arrivèrent à Halifax en même teinps que le vaisseau anglais Shannon y amenait comme prise le vaisseau américain Chesapeuke. Lui et son compagnon assistèrent aux
réjouissances qui eurent lieu à cette occasion à Halifax.
C’est M. Price qui a bâti à Tadoussac le premier moulin à scies du Saguenay, précisément à l'endroit où le gouvernement à fait installer en 1873 un bassin pour recevoir le saumon destiné à la reproduction. Plus tard, il construisit d’autres petits moulins de même genre, mus par la vapeur comme le premier, à l'embouchure de plusieurs affluents du Saguenay, et, continuant toujours de remonter la rivière étape par étape, il finit par faire placer une scierie à la rivière du Moulin, un mille en decà de ce qui allait être quelques années plus tard le village de Chicoutimi. C’est à la rivitre du Moulin même que s'élève le manoir de la famille Price, et ce manoir n’est autre que Pancienne boutique transformée où M. Price tenait son magasin de provisions et d'effets pour les homimnes du
chantier de l’endroit.
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Disons de suite que le pin du Saguenay, à cette époque, était le plus beau bois de construction au monde, Sur cent pivs, il y en avait en moyenne soixante-dix exempts de nœuds. Aujourd’hui les pinières ont à peu près disparu ; le feu les a détruites et le pin a été remplacé par l'épinette.
Les navires qui prenaient alors des cargaisons de bois dans le Sagueriay étaient tous d'un faible jaugeage : ils ne portaient jamais plus de trois cents tonneaux. Dès que le vent était bon pour remonterla rivière, ils mettaient à la voile, et là où se présentaient des caps avancés ou des pointes de terre difficiles à tourner, on les faisait touer par six forts chevaux tirant sur des câbles : il en était de même lorsque le temps était calme et que le navire était pressé de prendre sa cargaison ou de s’en retourner. Mais aussitôt que M. Price eût fait construire son moulin de Chicoutimi, il dut faire l'acquisition d’un bateau à rapeur pour remorquer les navires qui a.laient charger jusque dans ee port. Plus tard, en 1844-45, il bâtit un autre moulin où est la grande scierie actuelle, et où était autrefois le poste et ses dépendances. Enfin, développant toujours les opérations de son commerce, il ne tarda pas à les étendre en 1853 jusqu'aux forêts du lac Saint-Jean : mais il ne put en tirer aucun profit jusqu’à ce que Île gouvernement se fût décidé à faire construire des glis-
soires à la décharge du lac, ce qu'il accomplit en 1855-56.
Lorsque M. Price vint s'établir au Saguenay pour y fotet chercher un nouveau développement à la grande industrie pue qu'il avait créée en queïque sorte, il y fut l’objet d’une allait guerre terrible que lui fit la Compagnie de la Baic | Tludson, Cette compagnie était non seulement jalouse I] (du maintien de ses priviléges, de son monopole du homn commerce de fouriures, mais elle voulait absolument la Cor empêcher qui que ce fût de s'établir dans les vallées du LeEPUR Saguenay et du lac Saint-Jean, pas plus pour ‘ faire du a Fa
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bois,” chose qui était étrangère à son trafic, que pour 9e « » «+ . ses se] faire de la culture, et elle n'hésitait pas à mettre les | | À ; . lieues ]
alembourgs eux-mêmes au service de ses despotiques Mr n x , ; à conqué prétentions. Ainsi elle prétendait n'avoir pas seulement l payer à
le monopole du fur (pelleterie), mais du fir (bois), et elle . son dro
s’autorisait de la prononciation des mots pour tuer dans
le germe l'exploitation entreprise par M. Price. En 1$
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La Compagnie de la Baie d'Hudson avait succédé à
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la Compagnie du Nord-Ouest qui, de son côté, avait
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remplacé les fermiers des Postes du Roi, lors de la cession
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du Canada à l'Angleterre.
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La Compagnie du Nord-Ouest n'avait pas tardé à se stricte p
voir envahie, puis réduite à l'impuissance, et enfin étouftce plus im}
dans l’étreinte formidable de la Compagnie de la Baie
d'Hudson, qui n'avait cessé de gagner du terrain jusqu'à
ce qu'elle se fût vue maîtresse de tous les territoires de Nous 8
chasse de l'Amérique britannique du Nord. Mais le M. Bour
dernier bail qu’elle tenait du gouvernement pour le à Grant
A | territoire du Saguenay, en sa qualité de successeur des rie fermiers des Postes, allait expirer en 1842, et le champ LH ane allait rester libre à l’industrie de même qu’à la colonisation. Lo aie | AS RE ; |
Il se livrait des batailles épouvantables entre Îles
A hommes au service de M. Price ct ceux qu'employait | on
si la Compagnie de la Baïs d'Hudson. Pour ces batailles on h de) recrutait des bras partout, La Compagnie en faisuit venir ce de tous côtés et même, un jour, elle envoya des bandes Au D avinées couper les billots que M. Price avait % faits ” à nee ses scieries de Betsiamis et de la Rivière-Noire, vingt Hi ” ds lieues plus bas que Tadoussac. Enfin, M. Price parvint à 4 ve conquérir la paix, mais ce fut au prix de $7,000 qu’il dut es payer à la Compagnie pour qu'elle voulût bien reconnaître t elle
son droit.
dans
En 1867, à l’Âvce de 77 ans, M. Price mourait en lais- 9 le) 9
sant un souvenir qui durera longtemps, du moins dans le
, po ù éd à Saguenay dont on Pa appelé le “ père ”, et, pour tous, il
avait fut un desexemples les plus remarquables de ce que peu- A D
ession vent l'énergie, l'intelligence et l'activité mises ensemble au service de grandes opérations industrielles, et une stricte probité qui jamais ne fit défaut dans les affaires les plus importantes et les plus difficiles.
Nous sommes maintenant parvenus à l’automne de 1841. M. Bourret, curé de la Malbaie, vint passer neuf jours à te
la Grande-Baie et y donra la communion à plus de six
en
106 Li SAGUENAY
cents personnes, On voit que la colonie s'était remarquablement accrue en peu de temps ; il était même question alors d'élever une petite école ; on l'acheva quelque temps
après, et on en confia la direction à M. Israël Tremblay.
Pendant l'hiver de 1841-42, les pionniers, s'ennuyant de ne pas avoir de nouvelles de la Malbaie et de la Baie Saint-Paul, leurs endroits d'origine, dépèchèrent deux hommes pour aller en chercher et porter en même temps plusieurs lettres aux parents et amis de “chez nous”. Quinze jours après seulement, les deux hommes étaient de retour, chargés de lettres, de compliments, d'amitiés et de journaux pour leurs camarades restés à la Grande-
Baic.
L'hiver se passa comme d'habitude aux travaux des chantiers, et, la belle saison venue, M. Price envoya un homme chargé de recevoir cet de mesurer tous les madriers qu'on mettrait à bord des bâtiments. Cet homme était M. Robert Blair, qui est resté l'agent de M. Price à Saint-A lexis et est devenu plus tard son fermier, jusqu'à
sa mort arrivée au mois de septembre, 1879.
1842.—Dans l'été de 1842, M. André Cimon, rarchand
de la Baie Saint-Paul, qui venait tous les ans au Saguenay
en 1858.
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avec une pacotille de marchandises, voulut que l’on mit une cloche sur la chapelle de la Grande-Baie. Il donna pour cela l'argent nécessaire et la cloche fut installée peu
de temps après,
Au mois d'août, des personnes venant de Québec apportèrent la nouvelle que l'évêque avait décidé d’envoyer un prêtre résider à la Grande-Baic dans l’automne même, si l'on pouvait lui préparer un logement convenable, Le colons se mirent immédiatement à l'œuvre et ajoutèrent à la chapelle une sscristie assez grande pour servir de logement au futur curé, en attendant qu’on pât lui bâtir un presbytère. Le 20 octobre, M. Charles Pouliot, depuis quelques années vicaire à la Malbaie, reçut des lettres de mission pour aller desservir les différents postes ou chantiers du Saguenay, et établir sa résidence à la baie Ha ! Ia! Aïnsi la Grande-Baie est le premier endroit du Saguenay où fut établie une cure. Pour l’entretien de leur curé, les colons s'entendirent entre eux ct s’engagèrent, chacun, à payer aunuellement la somme de quatre dollars. La liste de souxeription fut bientôt remplie, M. Price s'inscrivant en tête lui-même pour la somme de cent dollars, qu'il continua de payer ensuite tous les ans, jusqu'au départ des Pères Oblats qui cut lieu en 1853.
C'est pendant l'automne de 1842 qu'arriva au Saguenay
un homme qui restera longtemps célèbre dans ses annales
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