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C’est à partir de cette année, 1846, que la culture prit des développements sérieux. Après les semences, chacun se mit à rebâtir sa maison, et, dans l’automne, le village de Saint-Alexis renaïssait de ses cendres. C’est encore à la suite de ce feu que le gouvernement fit ‘ chaîner” le village par M. Jean Duberger, arpenteur ; celui-ci continua, quelques semaines après. À mesurer et à diviser en lots la plus grande partie du canton Bagot.
L'année 1846 vit aussi les Pères Oblats exécuter le projet d’ouvrir le canton Laterrière, c’est-à-dire le Grand- Brûlé, ou Notre- Dame-de-Laterrière, de son nom paroissial. A cet effet, ils prirent un nombre considérable de lots sur lesquels ils opérèrent de grands défrichements,
et firent construire en outre un moulin à farine et une
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118 LE SAGULENAY
scierie. Depuis lors, la paroisse du Grand-Brûlé est jeune devenue une des plus considérables de tout le Saguenay. trouve Le onze juillet, 1853, l’évêque de Tloa, Mgr Charles de na François Baillargeon, co-adjuteur de l'archevêque de missio Québec, visitait pour la première fois la mission du Grand- dessert Brûlé et donnait la communion à 258 personnes. très mn Alors,
ceux di
En l’année 1855, l'évêque confiait cette mission 4 un L M Gare
euré qui fut en même temps chargé des missions du Lac approba
Saint-Jean. Ce curé était M. Alphonse Casgrain, qui déni
ete à LBrûlé 4 F : RE ; k demeura au Grand-Brûlé depuis le 15 octobre, 1855, jusqu’er jusqu’au 26 septembre 1858. Pace
: 2 ' Au 1° janvier, 1879, la paroisse du Grand-Brülé conte- R tni et q
al nait douze cent scixante-une âmes (1261), sur lesquelles
Herr 820 communiants, en tout 174 familles, toutes canadiennes-
françaises et toutes, moins trente, ayant pour chef un
cultivateur.
Cette paroisse, essentiellement agricole, est bornée an NN remonte
sud par des montagnes, au sud-est par la Grande-Baiïe et | événemer
Saint-Aïphonse, au nord par Chicoutimi et au nord-est apprécier
per Saint-Dominique. que dans
Vers la fin de l’année 186, les Pères Oblats, surchargés (1850) : (IODU),
malle régt
d'ouvrage, demandèrent à l’évêque de leur adjoindre un
jeune prêtre séculier, vu que, sur quatre Pères qu’ils se trouvaient, trois étaient obligés de passer toute la saison de navigation hors de la paroisse pour conduire les missions, et que le Père Tlonorat restait seul pour desservir toute la population du Saguenay, qui était déjà très nombreuse et disséminée dans bien des endroits. Alors, l’évêque envoya pour vicaire au Père Honorat M. J. B. Gagnon, avec des pouvoirs aussi étendus que ceux du Père lui-même. Celui-ci ne tarda pas à envoyer M. Gagnon se fixer à Chicoutimi, et l’évêque donna son approbation à cet acte le G février, 1847. M. Gagnon devint ainsi le premier curé de Chicoutimi. Il y resta jusqu'en 1862 ct fut alors remplacé par M. Dominique Racine, qui fut dans la suite le premier évèque de Chicou-
tini et que l’histoire appellera l’Apôtre du Saguenay. ”?
1848.— L'année 1848 est une des grandes dates de l'histoire du Saguenay. C’est à cette époque en effet que remonte la colonisation de la vallée du Lae Saint Jean, événement mémorable dont on commence à peine À apprécier la portée et qui ne pourra donner tous ses fruits
que dans un avenir encore bien éloigné de nous,
(1850). Le 9 janvier arrive au Saguenay la première
malle régulière, expédiée du bureau de poste de Québec.
malle se fait une fois par semaine.
À partir du 22 décembre, le service de la
avoir vendu pour une somme modique les vastes domaines
Les Pères Oblats quittent le Saguenay après qu’ils possédaient au Grand-Brûié. Leur administration financière avait été aussi désastreuse que leur dévouement
apostolique avait été admirable.
(1854). On couvre en ferblanc le clocher de la chapelle de Saint-Alexis ; c'était le premier de tous les clochers
du Saguenay qui eût encore reçu cette parure.
(1855). La malle, qui ne venait jusqu'alors qu’une fois par semaine, va venir désormais deux fois. Elle prendra
le chemin de la Baie Saint-Paul.
paroisse de Sammt-Alexis, en convoque les citoyens nour
M. Otis, qui desservait depuis deux ans la
leur conseiller de demander à l’évêque un curé résident. C’est ce qu'ils firent en s’engageant à lui souscrire chacun
quatre dollars par année.
L’évêque envoie comme curé à Saint-Alexis M. L. A. Martel, qui y arrive le 23 septembre, chargi en outre des missions de lAnse Saint Jean, du Tableau, du Petit-
Saguenay et de la Rivière Sainte-Margucrite, qu'il devait
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visiter deux fois par année. L’Anse Saint-Jean avait alors une population déjh assez considérable ; aussi M. Martel jugea-t-il à propos d’y faire bâtir une chapelle et un presbytère, et d’y fonder en outre une école. C’est aussi M. Martel qui fonda à Saint-Alexis la première école qui ait été ouverte dans le Saguenay. Les parents devaient payer 25 centins par mois pour chaque enfant, ce qui empêcha bien des enfants pauvres de recueillir les
bienfaits de l’instruction.
(1360). Les habitants, réunis en assemblée, signent une requête demandant l’érection canonique de la paroisse de Saint-Alexis.
Les curés et les commissaires d'école, avec la permission du surintendant de lInstruction Publique, engagent re 7, Q , Q pour faire l’école des personnes non diplômées, mais le eurintendant crée ensuite des diflicultés et refuse toute subvention. De là des réclamations. M. Martel, pour couper court, demande l’établissement au Saguenay d’un
bureau d’examinateurs qui ait le pouvoir de conférer des
| brevets aux instituteurs ; car, parmi ceux qui aspiraient
à l'être, la plupart n’avaient pas les moyens de se rendre À Québec pour y paraître devant le bureau des examinateurs de Ia province. M. Chauveau s’opposa de toutes ses forces dans le conseil à l'adoption de cette mesure ; . \ . A Q , Q , , mais, après bien des requêtes signées par tous les intéressés du Saguenav, il fallut cét2r À leur demande, et le 8
septembre, 1862, un bureau d’examinateurs spécial était ?
établi pour les comtés de Saguenay, de Chicoutimi et de Charlevoix.
(1861). Le 31 janvier, M. Otis tient une assemblée des habitants de Saint-Alexis et expédie ensuite le procès. verbal de cette assemblée à l’évêque qui, le 21 mai suivant, accorde le décret canonique érigeant en paroisse la mission de Saint-Alexis. Le à0 juin, les habitants adressent une requête accompagnée d’un plan de leur paroisse à l’ettet de la faire ériger civilement ct, le 3 août, des lettres patentes, émises par le gouvernement, accordaient l’érection civile de la paroisse de Saint-Alexis telle qu’elle était constituée par l’érection canonique.
(1862). Trois nouvelles écoles spacieuses sont élevées à la Grande-Baie, et deux dans les concessions Saint-Jean
et Saint-Louis.
(1862). Deux candidats se disputent l'élection À
1—M. John Kanc fut une des figures les plus remarquables dela modeste histoire du Saguenay. Pendant de longues années il fut le
geul magistrat qui v tint feu et lieu. Il était l’homme du conseil È
et de Ia direction. Il était l'arbitre reconnu et incontesté dans
tous les différends qui s’élevaient ; il constituait presque à lui
seul l’étement moral et intellectuel au milieu de cette population d'agriculteurs à peine formés, et de travailleurs qui ne connai saient guère ce qu’.tait la loi morale. Aussi exerça-t-il au milieu d'eux une autorité et un prestige que rien ne diminua jusqu'au jour où il quitta le Saguenay, en 1874, en y laissant un souvenit qui survivra à plusieurs générations.
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l'Assemblée Législative, M. Kane et M. David Price.
Celui-ci l'emporte à une immense majorité.
L'année 1864 vit mettre en pratique le principe de la cotisation pour le soutien des écoles, malgré l'opposition ordinaire de ceux qui ne font de différence en rien et ne savent pas plus apprécier un système qu’un autre.
A partir de 1851, et jusqu’en 1858, il y eut des registres communs pour Saint-Alphonse et Saint-Alexis. Ces deux localités réunies contenaïent en 1858-59 une population de 1,179 Âmes ; 129 enfants fréquentaient les trois écoles qui y étaient tenues, dont l’une, modèle, sous la direction d'une élève de l’école normale Laval.
Plusieurs postes dépendaient de la mission de la Grande- Baie ; c’étaient ceux de Anse Saint-Jean, de la Rivière Sanmte-Marguerite et du Petit Saguenay. L’accroissement de population, dans le premier de ces endroits, avait été considérable ; aussi était-il devenu nécessaire d’y installer un missionnaire résident.
Cependant il y avait peu ou point de communications, où du moins étaient-elles très-difficiles. Les colons de
l’Anse Saint-Jean étaient pour ainsi dire des exilés. Il n’y avait point de voie de terre ; en été, la voie d’ean seule existait par le Saguenay qui, l’hiver, se couvrait d’un pont de glace, et encore ce pont de glace refusait souvant passage des semaines entières, à la suite des tempêtes de neige ou des vents violents qui rompaient et soulevaient la croûte, et rendaient iout chemin impossible, D'un autre côté, l’ancien chemin du Marais, qui allait de lAnse à la Malbaie. distante d’environ quarante milles n’était plus praticable pour les voitures, À trois lieues seulement du point de départ ; en sorte que les habitants de Anse vivaient dans un petit monde à part qui se bornait à eux-mêmes, et chez lequel l’ennui et les privations de toute nature augmentaient encore tous les jours l'isolement.
La plus grande partie des habitants ””, écrivait en 1871 M Adolphe Giraid, missionnaire à l’Anse Saint-Jean, ‘n'ont pas mêmele nécessaire, surtout le printemps. Ces pauvres gens vivent au jour le jour, cetils n’ont pas d’épargnes pour le temps des semer ces. A cette époque il faut gagner le pain pour la famille, ct saison favorable s'écoule de la sorte sans que l’on puisse suflisanr ment ersemmencer les terres. Ici, ce sont les familles privilégiée qui ont de la viande toute l’année. Cependant ces pauvres gens et les enfants surtout, si mal nourris qu'ils soient, jouissent d'un embonpoint à faire pâlir les enfants des riches citadins.
Deux écoles, tenues sur un bon pied, fonctionnent ici; ellé sont fréquentées par 70 enfants environ. Elles sont sous le con trôle des commissaires. C’est au rauvre missionnaire qu’incombe
la nécessité de faire les rapports au gouvernement ct d’être secré
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jaire-trésorier. Quelle misère pour trouver l'argent nécessaire à soutenir ces écoles parmi des colons si pauvres, et dans un endroit où l'argent est si rare !....,..
à ” [4 Æ se LU e. LU Et cependant on y réussissait, et la population allait Q l “ L-) # 3 ® . Q toujours croissant, et la production augmentait, et l'avenir du Saguenay se dessinait de plus en plus distinctement dans les lueurs indécises et troublées d’une aurore
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