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Un autre tableau, de grand mérite, s'élève presque à la voûte du chœur, en arrière du maître-autel, qu'il enveloppe de ses reflets mobiles et des teiites vigoureuses de son coloris. Ce tableau représente saint Ambroise interdisant au grand empereur Théoldose l'entrée de la cathédrale de Milan. Placé dans le jour discret, recueilli, en quelque sorte mystérieux de labside, ce tableau semble revêtir une physionomie changeante et accentuer à chaque instant les impressions qu'il produit, La majestueuse stature de saint Ambroise, pleine d'autorité et de volonté inflexible, se détachant sur le foud du sanctuaire, en tons amples et vigoureux, attire Les regards et les pas du visiteur dès le seuil de l'église, jusqu’à ce qu'il soit venu s’agenouiller an pied de l'autel et ait imploré ia bienfaisante et toute-puissante protection du saint lieu.
Tous lex édifices religieux de Chicoutimi, comarenant Dh cathédrale, lévèché, le séminsire, le evuvent du Bon Pasteur et Pilôtel-Dicu St-Valier forment un groupe à part, distribué sur le versant esearpé d’un coteanu qui précède ct protège en quelque sorte la ville proprement dite. On les aperçoit nettement de très loin sur la rivière, et leur aspect inattendu tranche vivement sur la monotonie et la sauvagerie de cette nature sagnenayenne
Au <cra longtemps encore sans essayer un sourire.
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Lorsque la cathédrale actuelle fat commencée, en 1875, le diocèse de Chicoutimi n’était pas encore formé. Le curé, qui devait être plus tard Mer Racine, ne pouvait encore songer qu'à bâtir une modeste église paroissiale: mais comme s’il cût pressenti l'avenir, il voulut que cette église prit, dès le début, des proportions qui permissent de suivre à l’intéricur un plan régulier, aussitôt que les ressources pécuiiaires sufliraient à en développer le plan qu'il avait d’abord conçu.
Trois ans après avoir été commencée l'église était complétée extérieurement, en 1878, et ouverte au culte, au mois d'août de la même année, le jour même de lintronisation du premier évêque. Dix ans plus tard, en 1888, le monument était complété, sauf l’intérieur, dont l'exécution était réservée au successeur du premier évêque Ce successeur était Mgr N. Bégin, qui ne devait rester que trois ans à Chicoutimi et être appelé ensuite à Québer, en qualité de coadjuteur du cardinal T'aschereau.
Ce qui constitue la beauté monumentale et la valeur artistique de la cathédrale de Chicoutimi, c’est sou int rieur, véritable modèle du style corinthien le plus pur qui n'a cédé, dans aucun des plus petits détails, aux réclamations du mauvais goût ni à cette conception puérile qui fait consister le beau dans l’aceumulation des dorures et dans une ornementation criarde autant qu'exx
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LE BASSIN DU LAC SAINT-JEAN 157 RE RER EE RE re EE PE
“ On ne trouve, dit M. l'abbé E, De Lamarre, préfet des études au collège de Chicoutimi, de légères dorures que sur les chupiteaux, les ares-doubleaux, les arabesques de la voûte, les sculptures, le trône et la chaire ; mais elles y sont distribuées avec tant de mesure, de délicatesse et de goût, qu'elles cadrent parfaitement avec les lignes
fines, nobles et gracieuses du corinthien.
“ En effet, c’est le corinthien le plus pur qui règne dans
tont l'édifice. Du seuil de la porte principale, l’aspect
est magnifique. Ce vaisseau spacieux, de 220 pieds de
longueur sur 72 de hauteur et 80 de largeur, se divise en trois nefs, séparées entre elles par une double rangée de colonnes eannelées, qui vont se confondre, par la perspec-
tive, avec les pilastres du chœur, pendant qu’elles
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pensée, et vont se couronner, à 50 pieds de hauteur, de leurs gracieux chapiteaux aux feuilles d’acanthe, ornées
de légers filets d’or.
“ L'entablement etla corniche, le trône de l’évêque et la
| chaire sont d’une grande pureté de style. On a voulu
observer les règles du goût, jusque dans leurs plus petits détails. C’est ainsi que l'on a donné aux ncefx latérales leurs rangées de pilastres, qui rompent la monotonie des longs pans, et ajoutent à la majesté et à la grâce de l'ensemble.
“Il v a dans ce corinthien toute la poésie, tout le charme
que l’on retrouve dans la légende qu’on lui a consacrée,
et que l’on me permettra de rappeler.
Callimaque, sculpteur athénien, se trouvant à Corintlw, alla se promener un jour à travers des tombeaux, Il apereut, sur la tombe d’une jeune grecque, une corbeilk
de fleurs recouverte d’une large tuile.
Cette gracieuse corbeille était là sur le gazon, au milieu d'une toutfe de cyprès et de Jlauriers-roses, et, de grandes feuilles d’acanthe s'étant épanouies, elles étaient venues se recourber en gracieuses volutes sur le bord de la tuile. Callimaque traça ce frais coquis sur son carnet, le régularisa ct en fit le chapiteau de l’ordre corinthien,
Si cette légende n'existait pas, il faudrait l’inventer, tant elle a de fraîcheur et de vraisemblance. ”
Longtemps avant qu’il eut été question d’y ériger une nouvelle cathédrale, quelques religieuses du Bon Pasteur de Québec s'étaient transportées à Chicoutimi et y avaient transformé en un embryon de couvent la maison où le habitants de l’endroit tenaient leurs réunions du dimanche, après la messe. (Cette maison était à côté même de l’ancienne chapelle, à une petite hauteur de la colline Bientôt le couvent avait pris le nom d'académie et l'on voyait réunies, tous les ans, de soixante À soixante-dix élèves qui recevaient la pension et l'instruction, tout À h fois, pour la somme nominale de soixante dollars par année. Comme, en outre, il y avait toujours un petit nombre
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d'élèves incapables de payer même ce prix réduit aux dernières limites du possible, l'institution manquait assez souvent des choses nécessaires et l'évêque, nouvellement intronisé, était-il obligé de donner fréquemment du sien et d'envoyer au couvent des provisiens de toute nature, sans compter lPargent qu'il lui fournissait et dont il dépouillait, pour cela, le budget déjà malingre de lévèché,
A part les matières enseignées d'habitude dans les couvents, les élèves de celui de Chicoutimi apprenaient de plus à se former à l’enscignement, et fournissaient régulièrement des institutrices pour les écoles de leur vaste comté.
En 1886, les religieuses réussissaient à compléter leur académie en y ajoutant une aile qui en doublait, et au delà, l'étendue primitive. Jusqu'à ces années dernières, on y avait rarement compté plus d’une soixantaine d'élèves à la fois ; de nos jours, les élèves atteignent le chiffre ue
trois cents et elles ont en outre des institutrices laïques. k * x
Une dizaine d'années après la fondation du couvent, on voyait, près du sommet de la colline couronnée par le monument érigé à la mémoire de M. William Price, le ée LS , °? - . ; :
père du Saguenay ”, s'élever les premiers murs de ce qui allait être le collége de Chicoutimi, institution qui devait un jour prendre un rang distingué même parmi les plus anciennes du Canada.
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‘Tous ceux qui entreprennent de fonder un collége dans notre pays, disait, lots de l'érection de celui de Chicoutimi, Mgr Taschereau à Mgr Racine, meurent de folie ou de chagrin.” C'est en effet de chagrin qu'est mort, entre autres, M. Painchaud, fondateur du collége de Sainte. Anne de la Pocatitre, Les moyens, pour ces sortes d'entreprises, sont bien rarement proportionnés aux besoins ; on commence avec les ressources qu’on à sous la main, n'importe lesquelles, on continue avec celles qu'on espère avoir et l’on finit invariablement, quelque beau jour: avec les capitaux de la Providence, cette suprême cet
infullible ressource de toutes les bonnes œuvres.
La fondation du séminaire de Chicoutimi a été déterminée, en quelque sorte même précipitée, par une cause d'une nature particulière, IT existait alors, depuis trois ans, dans le village, une école protestante à laquelle les parents catholiques, presque tous sans exception, envoyaient leurs enfants, Le maître de cette école ne perdait pas une occasion de poursaivre le curé, plus tard évêque, de ses sareasmes où de ses invectives, quelquefois aussi d’imputations calomnicuses, Le curé, de son côté, exhortait les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école dirigée par ce dernier : “ C’est bien,” lui répondirent enfin les parents, “ nous n’enverrons plus nos enfants à cette école, mais donnez-nous quelque chose qui la remplace.” C'est là-dessus que le curé prit la résolution héroïque de fonder ie collége, qui n’a causé sa mort ni par le chagrin
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annuellement le pain de l’inscruction, qui est celui de la vie ou, du moins, un moyen sûr de se le procurer.
Les élèves du collége de Chicoutimi peuvent suivre un double cours, s’ils le désirent, cours classique et cours commercial, ou ils ont le choix entre les deux. Ce choix dépend d’une foule de raisons, comme on le pense bien, et se fait même au besoin sans raison aucune. Les élèves des hautes classes, qui se sentent mordus de la tarentule littéraire, animal particulièrement homicide, s'exercent dans l’Oiseau-Mouche, petit journal qui s'envole une fois par semaine des presses du collége. C’est une publication mignonne, ailée, svelte, qui porte sur sa queue un grand nombre de grains de sel et, dans son corps de libellule, plus de littérature parfois et surtout de bonne critique littéraire qu’on n'en trouve dans de grands et gros organes, bourrés re matière à lire.
C'est aussi un prêtre du séminaire de Chicoutimi, monsieur l'abbé Victor Iuard, qui a ressuscité le Muturaliste Canadien, disparu naguère avec l’abbé Provancher. Il a ajouté à la saveur de terroir, que cette publication possédait auparavant, la saveur littéraire qui lui manquait, et jusqu’à la pointe humoristique qui sert d’assaisonnement et ne fait rien perdre à la science de son autorité ou de sa profondeur, en la déridant à la dérobée.
Cent pas plus haut, entre les replis que forme la crête
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‘de Ja colline, émerge l’ITôtel-Dieu-Saint-Valier, fondé en 1884 ct destiné primitivement à être un hôpital pour les marins que le nombre toujours croissant des navires, provenant de l’extension du commerce de bois, amenait
‘dans le port de Chicoutimi. La direction en était contite
‘aux religieuses de lITôpital-Général de Québec. Deux uns plus tard, l'édifice était considérablement agrandi. Enfin, en 1895, la communauté en devenait propriétaire unique et en faisait, d’un simple hôpital de marine, un hospice général, un refuge pour les’ vieillards et les infirmes. es religieuses y ont ajouté un orphelinat, qui
sert d’asile à une trentaine d’enfants, mais qui peut en
recevoir bon nombre de plus. C’est dans une chambre
de cet hospice qu’expirait, au commencement de 1888,
le premier évêque de Chicoutimi, Mgr Dominique Racine,
qui fut appelé ‘ l’Apôtre du Saguenay ?
réalité le père de la plupart des fondations de bienfaisance
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et d'instruction de cette contrée, jusque là encore si éloignée de nous, et pourtant si voisine, qu'il avait tant
contribué à arracher à la barbarie.
À mi-descente de la falaise, sur un plateau étroit auquel des nivellements ont permisd’ajouter une terrasse, un jardin et quelques parterres, apparaît l'évêché, silencieusement assis, comme un solitaire en contemplation devant
profonde et énigmatique nature saguenayenne. Des
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chemins, ouverts dans le schiste et le gravier, ont rayé de quelques lignes plus douces et ont apaisé la rude physionomie de la colline ; ils mettent l'évêché en communication avec les autres édifices qui se sont groupés au hasard du terrain sur les relicfs du versant, et procurent aux penseurs çt aux savants professeurs du collége des promeuoirs incomparables pour se livrer à des méditations qu'aucun bruit, qu'aucun regard ne trouble. TImmédiatement à la suite de l’évèché, s'offre un tournant qui permet de suivre au loin, bien au loin le sombre ruban de la rivière Saguenay, captive entre ses hautes et massives berges, qui la regardent, les sourcils toujours froncés, et la resserrent ct l’étranglent de plus en plus, jusqu’à ce qu'elle finisse par ne plus paraître, dans la perspective fuyante, que comme un mince filet d’eau allant s’engloutir dans les entrailles de la terre.
C’est Mgr N. Bégin qui à fuit construire l'évêché de Chicoutimi, durant son court épiscopat qui ne s’étendit que de 1888 à 1891. C’est un beau et large édifice, en pierres et en briques, qui semble réfléter l'esprit et le cœur de son fondateur. Il a gardé du prélat la physionomie accueillante et semble dire au passant soucieux de ne pas hésiter à franchir son seuil, qu’il n’entendra que des paroles amies. de douces exhortations et des consolations qui ne seront pas banales, pour son âme peut-être ulcérée par le spectacle de léternelle sottise humaine, bien plus douloureux encore à contempler et à subir que celui de la méchanceté elle-même.
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164 LE SAGULNAY
Au fur et à mesure qu’il approche de la colline où se rassemblent les monuments religieux de Chicoutimi, le voyageur, l’œil encore chargé des visions formidables dn * fleuve de la mort ”, l'éprouve une impression exquise de soulagement. Depuis quelques heures, lesprit violemment attiré et subjugué, il n’a pu reprendre possession de lui-même ; il à perdu presque jusqu'au souvenir et À Pimage des lieux où la main de l’homme à corrigé les rudesses trop violentes et trop absolues d’une nature indomptée, et maintenant qu'il les retrouve, maintenant que les images de la civilisation reparaissent pour lui, son regard s’y attache avec une complaisance avide et
son esprit ému les savoure «vec reconnaissance.
Chicoutimi n’est plus la chétive bourgade, à moitie trempée dars une fondrière, qu’elle était encore iln’y a guère plus d’une vingtaine d’années. C’est aujourd'hui une petite cité très moderne, qui a mis flamberge an vent et qui entend faire parler d'elle. Longte nps immobilisé par l'éloignement, par l'absence de communications rapides, par une position géographique qui équivalait pour eux, l'hiver, à l’ensevelissement, les habitants de Chicoutimi n'avaient jamais rêvé pour leur bourg d'autre avenir que celui qui leur apparaissait dans le cadre étroit d’un chef-lieu de district ; ils n’avaient jamais pu rêver ur
1—On a vu plus haut que le nom de “ fleuve de la mort avi été donné primitivement à la rivière Saguenay.
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progrès les surprenant au repos, passant à travers toutes leurs conditions d'existence, à la suite d’une force irrésis tible, et leur découvrant d'immenses horizons nouveaux derrière leurs horizons villageois, À travers ct par delà l'épaisse muraille de montagnes qui les tenait emprisonnés
À vingt-cinq lieues dans l’intérieur du pays.
Un jour, jour à jamais inoubliable dans les annales du Saguenay, — c'était le 2 août, 1893, — un sifflement aigu et profond à la fois retentit À travers la camgagne engourdie et fit bondir, cfarés, tous les échos du rivage. C’était le cri de la première locomotive arrivant de Québec et annonçant au monde que la chose regardée comme la plus fantastique et la plus irréalisable était devenue un fait accompli et que, maintenant, ‘il n’y avait plus de Laurentides.” De ce jour, les habitants de Chicoutimi senurent qu’ils avaient en eux un esprit ignoré qui attendait son heure et ect esprit, qui n’était autre que le démon tougueux du progrès, s’est emparé d’eux au point qu’ils ne peuvent plus s'arrêter et qu’ils font marcher de pair les constructions, les améliorations, les entreprises les plus diverses, comme s'ils r’avaient qu'à toucher une baguette
magique pour en faire juillir des réalités !
Les Chicoutiminois sont possédés d’un esprit d’entreprise formidable ; ils sont entrés, l'œil ardent et les poines serrés, dans la voie du * yo « head”, Ts iront loin ki les circonstances les favorisent. Or, au nombre de
ces circonstances, il faut mentionner le futur chemin de
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fer du Labrador, une des nécessités les plus impéricuses d’un avenir peut-être plus prochain qu’on ne croit, œuvre gigantesque qui changera la face du continent nord-amtricain, le mettra à trois jours de l'Europe et fera de Chicoutimi, en particulier, une des villes les plus impor. tantes et les plus considérables de l’intérieur de ce continent. En attendant, ses citoyens s'adonnent à la création et au maniement des industries locales, dans lesquelles ils font preuve d’une habileté et d’une initiative
de vieux praticiens.
Le conseil de ville, élu en 1895, a déjà fait merveille, Jusqu'à l’année précédente, les gens de l’endroit euxmêmes avaient à peine remarqué les magnifiques cascades par lesquelles la rivière Chicoutimi se précipite dans la rivière Saguenay. Ces cascades ne sont pas à plus d’une quinzaine d’arpents en arrière de la petite ville : elles bondissent au milieu de la forêt touffue et, en quelque sorte, jusque là inexplorée ; elles sont d’une beauté saisissante ct font l'admiration et encore plus Pétonnement des étrangers qui se demandent comment une pareille force hydraulique, si voisine d'un centre considérable, ait pu être si longtemps inutilisée. Brisant leurs cours impétueux et les rejetant avec une fureur redoublée de chaque côté d'elle se dresse une île, d’un aspect extrèmement pittoresque, longue de quelques arpents et renfermant d’épais bouquets d'arbres. Loin de lui être fatale sa beauté l’a fait servir à l’un des nombreux projets que font éclore et que nourrissent les Chicoutiminois, depuis
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qu'ils ont l’inestimable avantage de posséder nn chemin de fer. La bête de feu a tiré de l’obseurité et des ombres du dédain la bête d’eau qui attendait en mugissant. Une compagnie s’est formée, qui a acquis la propriété de l'île, qui y a érigé une usine électrique et qui, déjà, fournit la lumière électrique à la ville et aux particuliers. Mise en appétit et pleine d'une noble ardeur, cette compagnie va fournir le pouvoir moteur à une importante fabrique de lainages, élevée près du débarcadère des % steamers” du Saint-Laurent et qui doit fonctionner dans le cours de 1896 ; elle fournira en même temps le pouvoir moteur à la voie du tramway électrique qui doit être également construite, d'ici à deux ans, entre Chicoutimi et la Grande. Baie, tout cela par le fait de compagnies locales, à l'exception d’un moulin à pulpe que des capitalistes étran-
gers se proposent d’ériger dans le voisinage des cascades,
Ajoutons que depuis plus de deux ans un système téléphonique relie toutes les paroisses du centre du district entre elles et avec celles du Lac Saint-Jean. De plus, durant l'été de 1895, une compagnie, locale également, a construit un aquedue en fer, pour distribuer à la ville l'eau saine et toujours fraîche de la rivière Chicontimi. Jusqu'en 1895, il n'y avait pas eu de communications
réeulières avec la rive nord de la rivière Saguenay, où se
trouvent cependant des paroisses importantes, comme
Sainte-Anne, en face même de Chicoutimi, et pas plus d'à une demi-lieue de distance, largeur approximative de
la rivière entre les deux berges de lest et de l’ouest. Ce
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168 LE SAGULNAY
f manque de communications assurées avec la rive sud le jo ll avait longtemps nuï aux établissements de la rive nord ; égale: il n'avait jamais existé qu’un caétif service de chaloupes absen
nn entre Chicoutimi et Sainte-Anne, et encore dépendait-il : 4 À ; is : Un d’une foule de circonstances qui lui mettaient le plus
R : : la ‘ cl
souvent obstacle. Aujourd’hui ce service, devenu régu- : j
. sur 1’ lier et imperturbable, est fait par un chaland à vapeur EI
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qui, s'iln'a pas toutes les élégances d’un yacht américain, ; ; , : un lier a du moins une bonne volonté et une promptitude à se
mettre en route, toutes les deux heures, qu’on ne trouve sons que chez les chalands ayant linstinet et la passion des Le ti traversées, Labrec La ville de Chicoutimi, dont la population ne dépasse I pas quatre mille âmes, renferme, depuis 1892, une banque a qui y fait des affaires succulentes et qui a donné une forte ne compte
poussée à toutes les industries, à toutes les entreprises.
habitent
Hâtons-nous de mentionner, parmi ces dernières, un grand
année,
entrepôt frigorifique, pour emmagasiner le beurre et le
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fromage, que l’on est à la veille de construire. Ilen
était temps, car déjà s'était fondée, en 1885, une “Bourse” On vo
pour la vente des fromages, bourse rendue nécessaire par tionnel «
le grand nombre de fromageries et de beurreries qui
existent dans la paroisse,
Chicoutimi possède à l'heure présente deux ponts en fer, outre un journal, fondé en 1587 et qui porte le nom
significatif de “ Progrès du Saguenay.” Nous faisons cv
rapprochement sans arrière-pensée ; si nous avons plac
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le journal à côté des ponts en fer, nous l’avons mis également à côté des beurreries, ce qui fait voir ‘notre absence de préjngés et notre heureuse impartialité.
Un dernier mot. Chicoutimi a vu s'élever, en 1893,
la ‘ chapelle du Sacré-Cœur,” église en briques construite sur l'emplacement de l’ancienne chapuile des Jésuites. Elle est desservie par les prêtres de la cathedrale et offre un lieu saint à la population nombreuse qui travaille,
dans le voisinage, aux scicries de la maison Price.
Le titulaire actuel de l’évèché de Chicoutimi est Mgr Labrecque, qui s’est empressé de ‘marcher sur les traces de ses prédécesseurs en fondant, aussi lui, une institution religieuse. Cette institution, qui porte le nom de “ Couvent du Bon-Conseil, a pris naissance en 1895 ct compte actuellement une douzaine de religieuses qui habitent un édifice en briques, construit pendant la même année, L'objet principal de ce couvent est de former
des maîtresses pour les écoles élémentaires des paroisses.
On voit que le génie des institutions utiles est traditionnel chez les prélats du diocèse de Chicoutimi,
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