RIVIERE-AU-SABLE
À PRÈS le canton Chicoutimi vient celui de Jonquière où se trouve la paroisse de Saint-Dominique, une
des plus considérables du diocese. Cette paroïsse est située entre le Grand-Brûlé et le lac Kenogami; une de ses extrémités touche à la paroïsse de Chicoutimi, l’autre à celle d'Hébertville. Les premières tentatives de colonisation dans cet endroit datent de 1848, et presque tous les colons qui s’y fixèrent venaient de la Malbaie. En 1863, Saint-Dominique comptait déjà soixante-douze tamilles ; quinze ans plus tard, en 1879, on y trouvait treize cent soixante-cinq (1365) habitants.
Les premiers colons de Jonquière ont eu à endurer toutes les peines, toutes les privations, toutes les fatiwnes qui ne manquent jamais d’assaillir ceux qui ouvrent de nouvelles terres ; mais il y à ici une circonstance particulière à signaler. A la Rivière-au-Sabie, c'est une veuve, Marguerite Maltais, qui, accompagnée de ses deux jeunes garçons, pénètre dans la forêt, abat le premier arbre, construit la première cabane, et cela après que les premières tentatives de défrichement cussent été abandonnées par la société de colonisation, Bien des fois il lui fallut remonter le courage de ses deux garçons qui la pressaient et la suppliaient d'abandonner un lieu d’ennni et de misère. Mais, toujours pleine d'énergie, dérobant à ses enfants sa douleur et ses larmes, elle les consolait par l’espoir d’un avenir meilleur. Pendant quinze ans elle a pu voir se réaliser, petit à petit, ce qu’elle promettait à ses garçons dans leurs accès de découragement; elle à vu se dresser autour d’elle les moulins, les écoles, l’église, et de bons chemins s'ouvrir à traversles terres nouvellement défrichées. Aujourd'hui la paroisse de Saint-Dominique
est une des grandes paroisses du Saguenay.
C’est à la Malbrie que s’est formés la première société de colonisation du Saguenay, en 1847. Le futur évêque de Sherbrooke, Mgr Antoine Racine. quiétait alors vicaire de cette paroïsse, alla lui-même demander an gouvernement un arpenteur pour fixer les limites du canton Jonquière, et M. François Tètu fut envoyé à cet eftet sur
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les lieux. Murray, un descendant d’écossais, dont le nom s'était transformé en celui de ‘ Muret,” fut le premier à suivre l’arpenteur envoyé par le gouvernement et à défricher une terre au confluent de la Rivière au-Sable et delarivière Saguenay. Plus tard, la société, qui avait entrepris de coloniser le canton Jonquière, se divisa en deux Sections appelées lune, la Grande Société,” ct l’autre, la ** Petite Société.” La “ Grande ” se vit bientôt dans l'impossibilité de poursuivre ses opérations, et la ‘ Petite ” continua de coloniser le long de la rivière. C’est dès cette époque qu’on peut voir tout ce que le comté de Charlevoix à fait pour la colonisation 4u Saguenay ; en effet, le nombre des colons qu’il a fournis à cette région dépasse celui des colons que les comtés Ge la rive sud du Saint-Laurent y ont dirigés, même de nos jours, dans les endroits où les gens de la rive sud se sont portés les premiers.
La paroisse de Saint-Dominique fut d’abord desservie par les curés de Chicoutimi; c’est Mgr Dominique Kacine qui 'y inaugura les missions régulières. La première fois qu'il s'y rendit, en 1862, peu de temps après son arrivée à Chicoutimi, ii dut faire l’office divin dans une maison privée, la chapelle que l’on construisait n'ayant pas encore de toit.
En 1866, Saint-Dominique recevait son premier curé.
En 1879, cette paroisse renfermait plus de 1600 âmes ct on y comptait près de 9000 acres en culture.
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