LES CANTONS NORMANDIN ET ALBANEL
FE" l’année 1879 se formait à Québec, sous la direction de monsieur Elisée Beaudet, représentant du comté
de Chicoutimi, une association qui prenait le nom de
“ Société de colonisation de la vallée du lac Saint-Jean.” Cette association, composée de cinquante membres, obtenait du gouvernement provincial une concession de vingt mille acres de terre dans le canton nouvellement délimité et arpenté de Normandin. Chacun des sociétaires recevait en même temps le privilége de choisir quatre lots ; le lot comprenant cent acres, dans les condi-
tions ordinaires d’établissement, quatre lots faisaient
quatre cents acres pour chaque membre de l’association,
ou, au total, vingt mille acres pour les cinquante membres /
réunis.
Le ; 2 2 LR No AI Q 14 . x les ] 4. 0 es sociétaires, après avoir tiré au sort les lots qu'ils
devaient prendre, convinrent de réserver une fraction de
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quatre cents acres pour lérection d’un village et la
construction d’une scierie et d’un moulin à farine.
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Mais comme en dehors de la concession de vingt mille acres qui lui était faite en bloc par le gouvernement, il
restait encore une vingtaine de mille acres de terre arable
dans le canton Normandin, la société obtint du cabinet
provincial qu'il lui fût permis d'établir une deuxième
catégorie de part-prenants, auxquels elle concéderait des 2
lots de cent acres.
Cette dernière facilité était surtout établie en vue de
favoriser les gens du Saguenay, déja à l’étroit dans
certains cantons. Beaucoup d’entre eux voulaient aller
sur de nouvelles terres, et comme le canton Normandin
était réputé fertile entre tous, c’est de ce côté qu'ils
voulaient se porter. Les paroisses d’Hébertville et de
Saint-Jérôme, seules, étaient prêtes à fournir un contingent
de deux cents colons.
En obtenant de pouvoir étendre ses opérations ct de créer plusieurs catégories de colons en dehors des einquante
actionnaires primitifs, la société pouvait librement entamer
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LE BASSIN DU LAC SAINT-JEAN At le canton Albanel, au nord-ouest de celui de Normandin, lequel ne contenait pas moins de 40,000 acres de terre arable ; même que les plus récentes explorations ne portaient pas à moins de 100,000 acres le nombre des bonnes terres qui se trouvent dans la presqu'ile formée
par les rivières Chamouchouane et Mistassini.
La société devait construire des moulins à farine et des scieries, Le canton Normandin, baigné par la rivière Ticouapee, un des bras de la Mistassini, et par la rivière Chamouchouane qui arrose toute sa partie inférieure, ne manquait pas de pouvoirs hydrauliques, ni de bois de commerce, tels que le bouleau, l’épinette, le merisier, le frêne, le sapin, le tremble, le peuplier, le mélèze (tamarac), l'orme, et aussi le sapin, quoique ce dernier produit de la
forêt fût en quantité moindre que les autres.
La plupart des membres de la ‘Société de colonisation du bassin du lac Saint-Jean ” n'avaient pas l'intention l'aller se fixer eux-mêmes sur les lots que le sort leur avait donnés ; mais ils devaient y envoyer leurs proches, parents i tous les degrés, et leurs amis qu'ils désiraient voir ‘établir dans la province, au lieu d'aller demancer bien loin de leurs foyers, au Manitoba par exemple, des terres qui ne leur font aucunement défaut dans leur propre pays. Une pareille initiative méritait tous les encouragements et devait stimuler le zèle de toutes les personnes entreprenantes.
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Cependant, les premiers temps furent extrêmement pénibles. Pendant des années, malgré l'espoir qu’on avait fondé dans l’action de la “ société,” qui devait être en toute raison plus rapide que celle du gouvernement, les colons n’eurent même pas de chemins pour communiquer
les uns avec lesautres. Mais depuis une huitaine d'années
environ tout a bien changé d’aspect, et la colonie de | Normandin a pris un remarquable essor. On y compte ( aujourd'hui ecnt trente familles, des industriels, des f
artisans ; ceux-ci y exercent leurs différents métiers ; les marchands sont au nombre de trois ; on voit aussi une fromagerie en pleine activité, enfin un moulin à bardeaux, un moulin à farine et trois moulins à scies.
Le canton a dix milles de largeur et dix rangs de hauteur. Le sol en est étonnament fertile. Les colons ont
en général de bonnes habitations ct des bâtiments proprepris
ment tenus, ce qui indique que leurs propriétaires jouis-
les sent d’une réelle aïsauce. Les défrichements sont faits à Le!
fond : on ne saurait découvrir une seule souche, même ave.
aux abords de la forêt, Quant au bois de construction, lan trou part moi
les rives des cours d’eau en sont chargées ; remarquons
en passant que ce bois fait partie de la grande forêt qui,
partant de la rivière Chamouchouane, s'étend jasqu'à la He baîe de James, prolongement de la mer de Hudson. où m)
La population de Normandin dépasse six cents âmes ; Si elle s’est doublée dans l’espace des trois dernières années. tion,
En haut de Normandin, entre la Ticouapee et la Mistassini, s'étend le canton Albanel où les premiers colons
. arrivèrent, il ÿ a huit ans seulement. On y compte trentedie cinq familles, dont plusieurs sont dans une véritable à is aisance, Le sol de ce canton est le même que celui de it, . Normandin, On peut dire que ces cantons réunis sont a les types de ce que sera un jour cette admirable portion L 208
à dela vallée du lac Saint-Jean qui forme l’ouest du lac, et nie «Ce : Le
: qui ne tardera pas à renfermer une dizaine de paroisses ‘OM TE 4
florissantes.
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