‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 43 sur 101 · PAROISSES AU SUD ET A L'OUEST DÙ LAC SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

PAROISSES AU SUD ET A L'OUEST DÙ LAC SAINT-JEAN

OUS venons de traverser,pour arriver au Lace. ün pays formé de mamelons, de collines et de gorges creusées

en tous sens,qui sont une histoire vivante et une explication manifeste de sa formation géologique. Le Lac, qui embrassait jadis une étendue probablement trois fois plus considérable qu'aujourd'hui, à laissé, en se précipitant dans la rivière Saguenay après s'être divisé en torrents turicux, d'énormes quantités de terre d’alluvion bizarre-

Œ nent ct capricicusement disposées. Il v eu des endroits

laissés absolument à sec, tandis qu’à côté se formaient de véritables rivières qui creusaient leur lit à des profondeurs très variées. De nombreux monticules d’alluvion, violemment entassés, s’éboulent aujourd’hui lentement, ou plutôt s’émiettent petit à petit dans les ruvins et les cours d'eau ; cette terre marche toujours, même après retrait des eaux du Lac, et le travail qui se fait en elle, visible 4 tous les yeux, sert merveilleusement l'intelligence de Pobservateur et lui dévoile le phénomène dans toute sa

clarté.

Le chemin publie, pratiqué à travers un pays où se multiplient les accidents de terrain, en a tout le pittoresque :

et les inconvénients, Il faut monter et descendre des côtes à toute heure, être aveuglé et étouffé à la fois par

un sable brûlant, ou bien entendre l’odieux bourdonne-

ment de mille moustiques et sentir la cuisante piqûre de |

ces horribles petits monstres altérés de sang ; mais enfin, k

avec un bon cheval et beaucoup de résignation, il ne faut

pas plus de deux heures pour aller d’'Hébertville à Saint-

Jérôme, la première des paroisses qui se présente au seuil

de la région proprement dite du Lac Saint-Jean.

C’est en 1861 que les premiers colons vinrent à Naint-

ca Jérôme. Jusqu'en 1865, il n’y avait eu que quatre où

cinq familles éparses sur le rivage du Lac ; ces premiers

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LE BASSIN DU LAC SAINT-JEAN 297 eee PR Ve Re st colons s’appelaient Jean Maurice Saint-Onge, Jules 3"? k Boivin, Germain Morin i ; ] et Alexandre Boily. E 65 ; pi : n 18:

d': utr 18 . Q L ds CN | A 4 895, autres pionniers arrivèrent, et leur nombre s'était telle ment aceru trois ans après que l'archevêque jugea à = ‘ € propos de leur envoyer un missionnaire. Ce missionnaire ‘ Q | D , . .

était l'abbé N, I, Constantin qui, à son arrivée, le 9 n L , | octobre 1868, fut obligé de demander l’hospitalité À un colon établi non loin de la chapelle :

“ Je passai là trois semaines, écrivait il l’année suivante, dans une maison de vingt piels carrés, où nous étions Ta di moins quatorze personnes. Le deraier jour d'octobre, je e m'installer dans la sacristie où les plinchers étaient à ten près termincs. |

Je trouvai, en arrivant, une chapelle de 50 x 35 pieds, en pièces de cèdre, avec une sacristie de 34 x 28 pieds. Cette HAE ni de sacristie et de presbytère à la fois. Je fis construireune bâtisse de 30 x 25 pieds, qui me sert de grange ct d’étable, puis une a petite bâtisse de douze pieds carrés, pour me servir de ous . de hangar. Dans le cours de l'hiver dernier, je CAE dE une autre bâtisse de 30 x 25 pieds, destinée à servir plus tard de han . à grain, mais devant servir présentement tout à la fois de mes à grain, de salle publique, de maison d'école et de Gone le bedeau. La bâtisse a été construite dans le de de pre dernier, et elle remplit bien son rôle. Toutes ces ui vous font voir le courage et le zèle des pauvres colons. J'ai eu ; plaisir de voir ouvrir une école dans le cours d'octobre ne Free cinquante enfants la fréquentent, et grâce aux rs del’irstitutrice, cette école fera un bien immense dans la mission’?

ne

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Le printemps de 1870 avait été remarquablement beau, et, dès les derniers jours d'avril, les colons de Saint-Jérôme avaient commencé le hersage. Ils avaient fait autant d’abattis que possible, ct la fumée qui s’en élevait diait si épaisse qu'elle obscurcissait les rayons du soleil. Depuis le 15 mai, la chaleur était intense. Tout à coup, dans l'après-midi du 18, un vent d’oncest s'élève, semblable à un cyclone des Indes, et, en quelques minutes, il à embrasé la forêt qui ceinture le village naissant, Hommes, femmes et enfants combattent en vain le fléau qui dévore tout ; les maisons et les semences sont détruites en moins de vingt-quatre heures, et chacun n’a plus qu'à chercher à se préserver soi-même du terrible élément déchaîné. L'air est plein des cris, des lamentations des victimes et des mugissements des animaux qui périssent engloutis dans les flots brûlants ; le vent tourbilionne avec fureur et la terre tremble sous ses assauts ; la forût, tordue par la tempête ct le torrent de flammes, gémit, craque et s'écrase avec un bruit de tonnerre ; les eaux courroucées du Lac s'élancent sur le rivage qui cède et s’ébranle : les flanimèches, détachées de cet océan de feu, remplissent l’espace comme une pluie brûlante et Pair n’est plus respirable ; cn ne peut rien voir autour de soi dans l’épaisse fumée, et les colons et les femmes, qui sont restés sur le lieu du sinistre, incapables de faire un pas, attendent la mort qui s'avance précipitée. Seules, les meres éperdues cherchent à percer la noire muraille de fumée

pour courir après leurs enfants dont elles n’entendent

& beau, érome autant Giait si Depuis p, dans plable à 8, il 4 agissant, le fléau [étruites lus qu'à élément tions des périssent ne avec t, tordue +raque et Arroucées anle : les nplissent ‘st plus soi dans ont restés as. attenes mères

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plus les eris ; on se cherche, on s'appelle, mais c’est en vain ; toutes les voix sont étoutfées, tous les échos sont assourdis. .. .Evfin, dans la journée du 19, vers le soir, le vent commence à se calmer, un peu de jour se fait, ct les colons, au nombre de 79, se trouvent réunis près d’une petite maison de vingt pieds dans laquelle ils cherchent refuge.

Ifeureusement personne n'a péri; quatre enfants seulement avaient été horriblement brüiés, et lun d’eux expirait quelques heures plus tard. La chapelle, le presbytère et ses dépendances avaient été la proie des flammes, et il ne restait dans la paroisse entière qu’une quinzaine de pauvres maisons pour abriter au delà de cent cinquante familles dépourvues de tout.

Cet incendie terrible laissera de longues traces dans la mémoire, non seulement des colons de Saint-Jérôme, mais encore de toute la vallée du Luc, car il porta partout ses lavages et détruisit la forêt sur une étendue d’une trentaine de lieues, de l’ouest À l’est. La compagnie de la Baie d'Hudson se hâta, la première, de porter secours aux plus nécessiteux, et des dons arrivèrent de toutes les parties du pays. En moins d’un an, la plupart des colons avaient rebâti leurs demeures, et une église de cent pieds de longeur sur cinquante de largeur était en voie de construction, Presque toutes les traces du fléau avaient disparu, et Saint-Jérôme renaissait de ses cendres plus

forissant que dans une prospérité non interrompue.

IT

A la suite de Saint-Jérôme vient lu paroisse de Saint. Louis de Métabetchouane, dont le nom de poste est Chambord. C’est là que se trouve l’Anse au Foin, grande

étendue marécageuse où pullule le gibier de mer, et qui

| est renfermée entre la Pointe à la Ti iverse, à l’est, cet la

Pointe-aux-Trembles, à l’ouest. Plus loin est la Pointe.

aux-Pins, qui s’avance considérablement dans le Lac et

forme la grande baie Ouiatchouane dans laquelle se jette

la rivière de ce nom.

Les premiers établissements de Saint-Louis datent de 1864. En 1365 on y trouvait trois colons teriant feu et lieu ; en 1866, six fami!les ; en 1867, 14 ; en 1868, le nombre des familles ayant atteint 24, on songe à cons-

truire une chapelle, où vient officier une fois par mois le

curé de la Pointe-Bleue.

En 1869, on compte à Saint-Louis 36 familles, et en 1870, cinquante. Le grand incendie de cette ‘“ année terrible ”, 1870, consume toutes les propriétés des hubitants, leurs récoltes, leurs bâtiments, tous leurs effots, Une seule habitation échappe au désastre. L'année suivante, 1871, la récolte fut splendide. IT y avait maintenant 58 familles À Métabetchouane.

Co

En 1872, premier curé résident; un négociant : le

nombre des familles est porté à 65. L'année suivante,

1878, il s'élève à 75.

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En 1874, on compte 88 familles ; les terres se défri-

chent rapidement ct la colonisation marche avec entrain,

En 1875, .........., 98 familles.

En 1876,........,.,,. 109

Eu 1877, ouverture d’une route pour communiquer avec les nouveaux cantons de De Quen et de Dablon, en arrière de Saint-Louis.

En 1878, renfort considérable de colons venant de Bea..port pour prendre des terres nouvelles dans les 5", 6 et T rangs de Métabetchouane, Ta paroisse compte maintenant 125 familles.

En 1879, le nombre des familles est de 148. Les 1'"' et 2‘ rangs de De Quen s'ouvrent à la colonisation.

En 1880,............ 156 familles.

Bin 188 sas LT0) DRASS es eee sec LS:

Le “lac Bouchette ” recoit ses premiers colons, qui se composent de deux familles.

En 1883, on trouve à Saint-Louis trois négociants et 192 familles.

En 1884, il y en a 204. Trois scieries ont été construites,

En 1885, le nombre des familles est de 256. La colonisation continue de progresser dans De Quen et dans Dablon : dans ce dernier canton on construit un moulin à

scies, Deux missions nouvelles sont fondées, l’une (Saint. Francois de Sales) à De Quen, l’autre (Saint-Thomas d'Aquin) à Dablon, sur les bords du lae Bouchette,

En 1886 Saint-Louis compte 264 familles LA À EP I à .

Le nombre des marchands est désormais de six : la colonisation ne subit pas d’entraves, au contraire, Toute la population est dans l’expectative de la voie ferrée,

| | { dont la construction avances rapidement et dont on entend Ÿ . . nl ; les trains de ballast à quelques milles seulement de Méta. $

betchouane.

Après Saint-Louis de Métabetchouane vient la grande paroisse de Notre-Dame du Lac, communément appelée la Pointe-Bleue, et qui a pris définitivement, depuis

quelques années, le nom désormais célèbre de Roberval,

Pre

du nom du canton qu'elle renferme. En 1871, Roberval comprenait Notre-Dame, Saint-Louis, Saint-Prime, Saint- Félicien et même une partie de Saint-Jérôme : aussi, sa population était-elle corsidérable pour l’époque, puisqu'elle s'élevait à 2,467 habitants.

La paroisse de Notre-Dame du Lac renferme tout le can-

ton Roberval et celui de Charievoix.

La lointcBleue renferme la Réserve des Sauvages.”

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aituce à environ huit milles à l’ouest de la rivière Ouiat. chouane et à quatre milles du village de Roberval. C'est là que les derniers des Montagnais, les 300 à 350 survivants d'une tribu jadis puissante, se sont retirés pour essaver de

faire quelque culture.

Malgré la cession faite en 1867 au gouvernement cauadien de l'immense étendue de territoire qu’elle possédait, la compagnie de la Baie d’ITudson à néanmoins conservé tous ses établissements, parmi lesquels se trouvent en première ligne les postes nombreux qui sont dissiminés dans tout le Nord-Ouest britannique. La compagnie avait autrefois un droit de chasse exclusif, de sorte que les Indiens qui parcouraient, à la poursuite des animaux à fourrures, les vastes solitudes qui s'étendent des Montagnes Rocheuses au Labrador, ne pouvaient trafiquer qu'avec elle. A elle seule ils vendaient tous les produits de leur chasse et, en échange, ils recevaient des vêtements,

des armes, des provisions.

Mais depuis que la compagnie a perdu son monopole, tout est bien changé. Les Indiens, toutefois, en sont-ils mieux et leur liberté d'aujourd'hui leur vaut-elle le joug

sous lequel ils étaient tenus autrefois ?

Les Montagnais n'ont pas encore acquis le goût de la 5 l 5 culture, malgré que le gouvernement ait envoyé chez eux

un agent des terres chargé de leur distribuer des lots et

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de leur apprendre à les faire produire, Fils de l'espace, libre comme le renne sauvage qui parcourt des centaines de lieux sur un sol glacé, l’indien,à quelque tribu dégénérée qu'il appartienne, ne peut se renfermer dans Îles limites d’un champ ni s’assujétir aux soins méthodiques, calculés, de la vie agricole. La prévoyance et l’attachement à nn lieu précis lui sont étrangers. Pour lui, la terre, c’est ce qu'il peut en mesurer dans sa course annuelle à travers la solitude, et, pour mourir, il ne croit pas avoir besoin d'un foyer ni d’un tombeau pour y être inhumé.

Fataliste sans le savoir, enfant inculte de la nature, il se laisse aller à elle et n’écoute que sa voix sans songer À lui rien demander au delà de ce qu’elle offre. Aussi, lorsqu'il a épuisé le peu qu'elle lui donne, lorsqu'il a tari son sein, avare surtout sous un ciel comme le nôtre, n'a-t-

plus qu’à se résigner et à subir en silence la mort int-

vitable. Pour vivre il ne veut rien apprendre de ceux dont l'apparition sur le sol d'Amérique a été le signal de la chute de ses pères cet de sa propre déchéance. Il se laisse effacer, comme s’il comprenait sa faiblesse devant l’homme armé des forees ingénieusement créées de la civilisation.

I n’y à pas plus d’un sivele encore, il se battait avec d’autres enfants de la forêt, sauvages comme lui, et qui se défendaient avec les mêmes armes grossières, la hache et le javelot, et cela dans un espace illimité dont toutes les tribus réunies n’occupaient qu’une infime portion,

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comme autrefois nos ancêtres, À nous tous, s’égorgeaient pour la possession des cavernes les mieux à l'abri du mammouth et du rhinocéros velu, ! L'indien de nos jours, n'ayant plus à lutter, à longueur de bras, avec des hommes aussi faibles que lui, se laisse détruire en paix par la civilisation qui l’envahit et le circonscrit de toutes parts, dont il prend rapidement tousles vices sans pouvoir acquérir une seule de ses vertus ; il ne lui reste que la dignité ou la résignation du silence. Partont il saccombe, laissant le blanc seul debout. Ainsi, rien ne peut arrêter la diminution et la mort des races faibles condamnées d'avance à cause de leur haine d’une demeure fixe, de leur répugnance pour la vie d’ambition et de travail, on de leur infécondité devenue de plus en plus fatale.

En face de la Pointe-Bleue se trouvent quelques îles, entre autres la fameuse île aux Couleuvres où ia légende voulait que ces reptiles inoftensifs se tinssent en grand nombre, souvent entrelacés et roulés ensemble enmme des festons ; mais, après bien des recherches faites par de hardis voyageurs, on n’y a trouvé qu’une vieille peau de cet animal qui, depuis lors, a perdu tout son prestige et

Les tribus sauvages qui habitaient jadis le territoire du Sagucnav et du Lac Saint-Jean étaient celles des Tadoussaciens, des Chekoutimiens, des Piegouagamiens, les Chemonchouanistes et des Nekoubanistes. Plus au nord étaient les petits et les grands Mistassins. Toutes ces tribus diverses n'étaient que des membres de la granle famille des Montagnais.

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ne compte plus aux yeux des Robervalois. Il y à encor la Grosse-[le, qui w environ un mille de longueur et autant de largeur, et qui contient une excellente farme, propriété de M. Horace Dumais, le célèbre arpenteur qui nous à révélé la région uù Lac Saint-Jean, qui la explorée dans tous les sens, plus loin, et bien autrement qu'aucun arpenteur moderne ne l'a tenté, et qui a fait sur elle de tort beaux travaux qui nous ont été, à nous particulière. ment, d'une utilité précieuse.

Nous pouvons dire de plus qu'ITorace Dumais, parmi tous ceux qui ont étudié plus où moins la région du Lac Saint-Jean, est le seul qui Pait comprise et nous en ait

révélé la synthèse scientifique et philosophique.

En quittant la Réserve des Sauvages, on perd petit à petit le Lac de vue, les défrichements deviennent de plus en plus rares et le chemin passe parfois en pleine forît ; on traverse la rivitre des Iroquois où ent été trouvées d'anciennes marmites, des chaudières de cuivre, des haches à tête ronde, des lances et, enfin, des fusils à long calibre: des batte-feu, des silex, cte., puis l’on arrive sur les hauteurs de Saint-l'rime d’où un immense panoramas À déploie subitement sous le regard : c’est le Lac avec sa vallée entière, l’immense plaine de trente milles de largeur qui le borde du côté nord, et la chaîne des leri-

boncas dont la ligne bleue ondule par delà la plaine.

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Au bas de ces hauteurs, là ou la rivière Chamouchoance vient déboucher, s’étend la jeune paroisse de Saint-Prime qui comptait en 1890 ses vingt-cinq années d’existence par autant de cinquantaines d'habitants, On la traverse rapidement et l’on arrive à Saint-Félicien qui n’était encore en 1880, qu'une mission où le curé de Saïnt-Prime allait dire la messe tous les mois dans une pauvre chapelle & bois, mais qui n’en renfermait pas moins près de cinquante familles de colons : paroisse et mission réunies montraient, il y a seize ans, une population de 1700

îmes.

Les commencements de Saint-Prime et de Saint-Félicien qui, tous deux, furent colonisés en même temps, sont à peu près les mêmes que ceux des autres établissements nouveaux. Cinq ou six pionniers courageux frayèrent le chemin vers 1865 ; et seulement quatre ou cinq ans plus tard, lorsqu'il se fut établi des eommunications, bon nombre d'autres familles allèrent se fixer dans le fertile canton 1 Chamorchouane. C’est de cette époque que date le commencement véritable de Saint-Prime. En 1874, il v avait dans Saint-Prime quarante-cinq familles ; l'année suivante il y en avait seize de plus, et la population était portée en un an de 188 à 345 âmes.

En 1887, on y comptait 140 familles, ce qui donnait une population de plus de 800 Îmes. Cette même année voyait se construire à Saint-Prime le premier moulin à

farine, les premiers moulins à scies et la première beurre-

mn,

rie, à laquelle le gouvernement octroyait une subvention de deux mille dollars, et qui faisait, dès son début, de très profitables opérations.

Dans Saint-Félicien, il y avait vingt-deux familles en 1871 ; l’année suivante en comptait vingt-trois de plus ct une augmentation de 88 têtes dans la population.

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