LE « JCE BEEF ?”’ DES LAURENTICES, ‘‘ HILL SIDE COTTAGE
CH baonei Nous pa:sons à la course devant le lac Comfort, $ de trou qui n’a pas plu: ue a pas plus de deux arpents de long sur ses ue g sur un | 5 ge nais qui a 85 pieds de profondeur, véritable € Oo LJ L] x | 4 ‘ | : paignoire pour les hommes antédiluviens. À droi une hauteur, apparaît ce qui f ï en , apparaît ce qui fut le * Ill Side Cottage,” une hutte cachée dans un site ravissant, où | . S site ravissant, où le vie T le ‘Joe Bcef ” des Laurent: ve ns s Laurentides, hébergeait 1 Î ie ; geait une vingtaine aies et servait aux voyageurs, en quête de un café fait aussi primitive “qi aussi primitivement qu'on peut le rêver, mai ie en Ed sa us bien supérieur aux tisanes infectes qu’on nous sert s sert sous ce nom, dans les hôtels € | ans les hôtels et les restaur s restaurants de la vill s de e. Mais
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Cottage,” naguère un bruyant rendez-vous, mais mainte-
nant isolé de toutes parts, ouvert de tous côtés, béant,
sinistre et lugubre, l’aspect repoussant d’une vicille ruine
dédaignée. Nous passons de même la “ North Pole
House,” ainsi dénommée du séjour qu'y firent en 1885-86
une vingtaine d’Italiens, engagés par aventure sur la
ligne, et qui passèrent l'hiver à geler, à 80 centins par
jour. La “North Pole House,” construction multiple,
renfermait ce qu’on appelle un ‘campe” pour les hommes,
un ‘oflice” pour le règlement des comptes, et un “store,”
c’est-à-dire un magasin de provisions. Il y avait de cela À
peine un an,en 1887, ct déjà tout avait disparu, campe,
office, store, Italiens, punaises, ct l'œil n’y contemplait plus
guere que la noire image de la désolation répandue sur
les troncs d'arbres moisissants. Encore un an et l’on re
devait même plus retrouver l'emplacement où s'élevait si
utilement et si commodément la ‘ North Pole House ” !..
… T'as qu'à voir !.. s’écricrait un canadien stupéfait du
néant des choses humaines.
Nous voill maintenant engouffrés dans les derniers contreforts des Laurentides, sur le versant septentrional
de la chaîne. Partout, à droite, À gauche, devant, derrière
nous, des gorges profondes, des ravins, des précipices,
d'énormes entassements de granit, des massifs qu’on ne
voyait pas l'instant d’auparavant et qui surgissent tout à
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coup devant le regard, comme s'ils nous attendaient pour fondre sur nous, grondant et mugissant à chaque appel du siflet de la locomotive, comme si les échos, subitement éveillés dans leurs antres formidables, se menacçaient et se choquaient à la fois.
Dans ce désordre îine..primable et magnifique de la nature, le chemin de fer accomplit toute sorte d’évolutions, comme les contorsions d’un géant, et la belle rivière Batiscan, qu’on vient d’apercevoir, rayant dans sa course ie pied des massifs, semblable à une couleuvre effrayée, précipite ses eaux qui, profondément pénétrées des sombres reflets des boïs, semblent d’un noir lustré. Elle court, se retourne, échappe, glisse, s’enfuit, revient, agitant, frémissante, sa robe moirée, couverte d’étincelles de jais, et, après cent méandres, haletante ou rassurée, elle s’étale dans toute la force et l’ampleur de son cours.