‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 78 sur 101 · LE ‘« WINDSOR ’’ DES LAURENTIDES. - GRAND BAL FORESTIER · texte numérisé non relu

LE ‘« WINDSOR ’’ DES LAURENTIDES. - GRAND BAL FORESTIER

Voici le Windsor, bâti sur un escarpement qui domine la rivière et escorté, comme d'autant de satellites, d’une douzaine de huttes qui ont déjà un petit air de civilisation, et qui, juchées ça et là, un peu au hasard, sur les nombreux reliefs du terrain, forment, aux abords de la Batiscan, nn groupement des plus pittoresques et des plus ingénieux. Le Windsor restera célèbre dans les annales du chemin de fer du Lace Saint-Jean. C’était une hutte

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LE SAGULNAY

comme toutes les autres, mais beaucoup plus spacieuse et bien mieux faite, bourrelée et capitonnée dans les intervalles des troncs d'arbres, ayant des divisions à l’intérieur, uu rez-de-chaussée où se trouvait une grande salle à manger, plusieurs chambres privées et un premier étage qui, converti en dortoir, pouvait loger commodément une trentaine d’hommes, C’est là aue fut donné, dans l’automne de 1886, un grand bal, auquel assistèrent une soixantaine de gentlemen, de dames et de demoiselles de

la ville, venus dans un convoi spécial.

Ce fut un spectacle int, invraisemblable, que celui de ce bal donné en plein cœur de la forêt, précédé dun souper auquel prirent part au moins deux cents convives, dans un encadrement de verdure, en présence de mets exquis et de desserts savoureux, le tout emporté de la ville, avec les élégants et les élégantes du convoi. Les vins et les discours débordèrent, mais sans amener la moindre inondation dans les cerveaux ni le moindre écart daus l’allure générale. Aussitôt le souper des invités ct des principaux employés terminé, vinrent réveillonner à leur tour cent cinquante à deux cents travailleurs, de tous grades, qui firent table rase des mets encore fumants et vidèrent jusqu’à la dernière bouteille, sans ressentir d'autre ivresse que celle de la joie et du plaisir de ja fête.

Le bal dura jusqu’au petit jour, et, à un signal donné, le Windsor se vida comme par magie; deux convois partirent simultanément, l’un ramenant à la ville les

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invités, l’autre ramenant les employés et les travailleurs à l'extrémité de la ligne, vingt et un milles plus loin, où l’un des entrepreneurs de section, M. Aldough, ayant sous ses ordres environ 409 hommes, tenait alors son quartiergénéral provisoire.

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Il était un peu plus de cinq heures du matin quand nous laissâmes le Windsor pour continuer notre route. Mais il convient, avant d'aller plus loin, de donner au lecteur quelque notion topographique des lieux qu'il parcourt avec nous, pour lui épargner de se poser à chaque instant des points d'interrogation et d'avancer toujours, en ouvrant inutilement des yeux démesurés.

La rivière Batiscan, que le chemin de fer traverse pour la première fois, en face du Windsor, prend sa source sous le 47°, 46 de latitude, à la ligne de faîte qui sépare les eaux courant vers le lac Saint-Jean, de celles qui tombent dans notre grand fleuve.

Après une course de quelques milles, la Batisean entre dans le lac Edouard, en resort quatre à cinq milles plus bas et descend tout le long de l’île du lac Edouard, jusqu’à ee qu’elle recçoive les eatx de la rivière Jeannotte, qui a longé la rive opposée de l’île, à partir dela décharge

du luc. C’est done, À proprement parler, le cours de ces

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