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Le long de la voie, nous apereevons encore quelques “ campes ” abandonnés, dont les lambeaux de voiles, retenus aux montants enfumés, s'agitent avec fracas dans l'air que nous refoulons ; on voit qu’ils ont été laissés, comme ils ont été dressés, à la hâte, l'ouvrage se faisant si vite que les travailieurs n’ont guère eu que le temps de monter à la course des abris provisoires ; on aperçoit ces derniers par groupes, iei ballastant la voie, là extrayant des carrières la pierre des ponts et des pon-
ceaux, une pierre maguifique, le véritable granit lauren-
tographes.
ur l’île du milles en un collier tognons, caux accu- Le La voie acustre, en si le train ombre des ; ils paient ls n'y a pas elle. Plus ersé d'assez
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tien, aux grains serrés, scintillants, durs et fermes, capable de résister au choc de tous les tremblements de terre dont nous étions alors menacés, d'après les prophéties de Vennor.
Voici le log-house du père Buchanan, une des maisons de pension échelonnées sur la ligne. On y prend un bon repas pour vingt centins ; le prix est le même pour tout le monde, car l'ordinaire ne peut être que le même pour tous; du reste, ce prix est invariable, dans toutes les pensions qui s’établissent, au fur et à mesure que Îles hommes séjournent quelque peu dans un endroit. Le père Buchanan à une belle grande fille, une blonde anglo-saxonne, aux membres d’athlète, qui vous débite en trois coups de hache une énorme buche, et, l'instant d'après, vous servira gracieusement, avec sa main redoutable, une assicttée de soupe ou un rosbif taillé comme dans un billot. Ici, le sol est superbe pour la culture des grains et des légumes; on le voit bien aux couches jaunes, argileuses, pâteuses, que la pelle tranche et qu’elle rejette symétriquement de côté, pour former les terrassements; mais cette région est aussi parfois tant soit peu marécageuse, comme il arrive partout où l’on approche de l’arête de séparation des eaux; les savanes néanmoins ont peu de profondeur et un égouttement bien entendu en aurait facilement raison.
si LE ê (he LA !
Mais qu’on me permette de remarquer combien on peut tirer d'enseignements, même d’un tout petit voyage, quand on observe bien. Une foule de choses différentes se présentent à la fois dans un cadre étroit. Tout est intéressant dans un pays neuf; on y voit les hommes dans leur nature même, aux prises avec tout ce quiles entoure. Le moindre petit fait y »rend un intérêt qui nous touche de près, et c’est ainsi que nous apprenons à connaître, par le détail intime, eomment se sont formées les sociétés qui, plus tard, vivent en pleine civilisation. L'histoire du monde r’est pas autre chose, et c'est depuis qu’on a commencé l'étude de cette vie intime qu'a été apporté, dans les recherches historiques, un élément nouveau, absolument indispensable pour connaître l’origine, la formation ct les développements successifs des sociétés, élément bien autrement considérable et important que le récit fastueux des grands événements, des actions éelatantes, des batailles, des conquêtes et des règnes de princes la moitié du temps ineptes, réfractaires à tout progrès et incapables de faire quoi que ce soit, pas même des log-
houses !
Parfois on traverse des espaces ravagés par le feu.
Quel spectacle grandiose et mystérieux, en apparence,
‘que le feu dans les bois ! Vous le voyez s’allumer subite-
ment, à droite, à gauche, devant vous, sur vingt points à
la fois, poussé par une foree inconnue, dévorant sans
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merci les arbres les plus robustes,tandis que les broussailles rampantes lui échappent. L'air est plein d’une poussière ardente, coupée de longues flammèches qui, en s’envolant dans toutes les directions, vont porter l'incendie dans des endroits jusqu'alors épargnés, pendant que d’autres, tout voisins du fléau, restent intacts. Là où le feu a pour ainsi dire sauté par-dessus le dôme de la forêt, pour aller au Join distribuer ses colères, apparaissent de grands arbres, secs et dénudés, solennels, impassibles comme des rangées de squelettes, sans une branche jusqu’à la mihauteur du trone, et laïssant tomber de leur moitié supérieure leurs feuilles mortes, une à une, lentement, par intervalles, comme les pleurs silencieux qu’on verse
dans abandon.
Au point où nous sommes parvenus de notre course, nous avons atteint le lac Edouard et descendu le versant septentrional de la chaîne des Laurentides. Nous n’irons
à À ne pas plus loin pour le moment ; arrêtons îei nos regards et contemplons l'étendue ilinutée qui se déroule devant nous, qui tressaille encore de son enfantemert d'hier à la vie active de lu colonisation, à la lumière d’une civilisa-
tion naissante.
par le feu.
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Maîtresse désormais de la position, après être enfin par-
SRI E IN ET POP SPRU ER S
venue, en 1888, à poser ses derniers rails sur les bords du
lac Saint-Jean, la Compagnie du chemin de fer, comme il
Re eee miens
arrive toujours après les difficultés vaineues, trouvait que
son œuvre était loin d’être complétée ct, déjà, se dessi-
naïent, dans l’esprit de ses directeurs, les conceptions
qui devaient aboutir aux travaux gigantesques que nous
voyons s’accomplir aujourd’hui, et qui ne sont pas encore
le dernier mot de cette œuvre étonnante.
Pour avoir une idée nette des nouveaux projets,
remarquables par leur grandeur et leur hardiesse, que
nourrissait la Compagnie, il faut avoir une notion pour le
moins générale de la vaste region du Saint-Maurice, qui
allait désormais entrer comme un facteur important dans
les préoccupations de la Compagnie et qui n’attendait,
aussi elle, que son éclosion à la vie pour révéler ce qu’elle
tenait en réserve et ce qu’elle peut donner à l'avenir.
Le Saint-Maurice, un des plus beaux cours d’eau du
Canada, débouche à Trois-Rivières, après avoir parcouru
trois cent soixante milles de pays, à partir des lacs où il
prend sa source, entre le 48’ et le 49° degré de latitude
nord, À seize milles seulement des sources de la Gatineau
et À cinquante milles de celles de l'Outaouais.
La descente du Saint Maurice, de ses sources au fleuve
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Saint-Laurent, est marquée par un certain nombre de TAPIGES et de chutes, entre autres celle de La Tuc : qui se trouve à cent milles de son embouchure + affluents assez considérables apportent leurs eaux à Le
“ 75 LJ c LA L/ATal rivière et arrosent des étendues de terrain très variabl : s variables
. au point de vue agricole.
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Les ter ans situés dans l’intérieur, c’est-à-dire entre les GHRIOnS qui bordent le Saint Maurice et ceux qu’arrose la rivière Batiscan, offrent cette particularité remarc Ù que la chaîne des Laurentides s’y est en nt . one affaissée ; les plus hautes élévations n’y un pas six cents pieds au-dessus du lac Saint ons la descente vers le fleuve est à peu pr's insensible : L magnifique vallée de la Bostonnais s’y épanouit large À librement sous le regard. He
Voici, d’un autre côté, la vallée de la rivière Cr encaissée entre deux chaînes de modeste a n'a pas plus d’un demi-mille à deux milles de largeur . environ quatre-vingt-dix milles de long, Téendaede ait vallée est par conséquent très réstreinté ne dépas . guère une soixantaine de milles en os es d'une fertilité proverbiale, formée en hihi endroits . pointes d’alluvion qui produisent en Rome foin et tous les grains que l’on récolte dans la vallée du
El ee Saint-Laurent, “C’est à peine si lon pourrait trouver
fi hu | | l |
dans toute la province un sol plus fertile et plus productif que celui de cette vallée,” dit un ancien rapport du commissaire des Terres Publiques.