‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 79 sur 101 · A PEER PS AS ES SET ST RS Æ · texte numérisé non relu

A PEER PS AS ES SET ST RS Æ

deux rivières qui forme l’île du lac Edouard, en y ajoutant cette partie du lac qui s'étend depuis la sortie de la Batiscan jusqu'à la décharge du lac dans la rivitre

Jeannotte. L'île, comme nous venons de le voir, a une

longueur de vingt-six milles; sa largeur extrème est de

huit milles. Quant au lac, il a quinze milles de longueur sur une largeur maxima de deux milles et demi.

Au milieu du lac se trouve l’île Belisle, d’une longueur de deux milles environ, ainsi que d’autres petits ilôts ; mais si le lac lui-même contient des îles, en revanche l’île du lac renferme à son tour d’autres lacs, tels que le lac Rognon, le lac Long, le lac du Centre. ... tous renommés pour l’abondance et la taille de leurs truites.

La station Beaudet, que nous venons de laisser, est à une distance de 86 milles de Québee et se trouve juste en face du lac du Centre, dans l’île du lac Edouard. Le site qu'elle occupe est un des plus pittoresques et des plus séduisants qu'il y ait dans notre pays, pourtant si fécond en beautés naturelles ; j'ose prédire qu'avant longtemps, il y aura là invasion de touristes, de pêcheurs et de familles désireuses de passer un mois ou deux au sein de la véritable nature, loin des exigences, de l'ennui bruyant, des plaisirs forcés et de toute cette gêne soi-disant sans façon, qui ont rendu nos stations d’eau à peu près insupportables. Mais onn'y verra pas de chasseurs, Chose étrange ! Dans cette région, qui s'étend jusqu’au lac Bouchette, quinze

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fauves, des caribous, des martes, des visons, ..,3; mais on n’y voit jamais un seul gibier À plumes, on n'y trouve ni une fleur ni un fruit sauvages ; en revanche, les corbeaux, les pique-bois, les moincaux ct les meat-birds ? y sont nombreux, surtout ceux-ci, espèce d’oiscaux gros comme des grives, engeance gloutonne, qui se tient toujours dans le voisinage des chantiers pour dévorer les rebuts de viande qu'on y jette.

Nous allons parcourir assez prestement, à travers l’île, les dix à douze milles qui nous séparent de lextrémité inférieure du lac Edouard, puis nous côtoierons le lac luimême jusqu'au bout de la ligne, tout en le perdant souvent de vue, mais en y revenant aussitôt, tant les courbes, nombreuses et brusques, le dérobent et le laissent apercevoir tour à tour par échappées, et multiplient en quelques instants les aspects indéfiniment variés du paysage. Nous allons traverser encore trois fois la Batisean : elle est sortie toute petite du lac, comme un ruisseau timide, fuyant à travers les arbrisseaux nains, les gros cailloux, les trones d'arbres renversés et les débris de la forêt, qui forment des barrières sur son passage, mais bientôt elle s’est élargie, a pris son essor et a formé des baies charmantes,

que le chemin de fer contourne comme en les caressant.

Après une course de neuf milles, à partir de la station

Beaudet, nous arrivons à la station du club Stadacona,

fondé par Livernois, le plus artiste des photographes. Le club Stadacona a loué du gouvernement, sur l’île du lac Edouard, un domaine d'environ quarante milles en superficie, semé de lacs qui se suivent comme un collier

détaché et se déchargent, par la rivière aux Rognons,

dans la rivière Jeannotte ; celle-ci porte les eaux aceumulées de ces divers lacs à la rivière Batisean, Ja voie ferrée passe au cœur même de ce groupe lacustre, en sorte qu’on pourrait pêcher, chemin faisant, si le train ralentissait convenablement sa marche. Le nombre des membres du club est limité strictement à douze ; ils paient au trésor public cent dollars par année, mais ils n’y a pas de limite à leur contribution annuelle personnelle. Plus fortunés que les douze apôtres, il: ont déjà versé d’assez fortes sommes pour l’amélioratic l’'embellissement de leur domaine.

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