ETABLISSEFMENTS ET COLONIES SUR LE SAINT-MAURICE
Voiei d’abord le village des Grandes-Piles, qui est entrepôt de toute la région, qui est la tête de la navigation et de l’embranchement du chemin de fer qui conduit à Trois-Rivières.
Ce village, qui a surgi comme par enchantement avec 14 construction du chemin de fer, renferme une population d’environ trois cent cinquante âmes. On y remarque l’importante scierie de M. William Ritchie, qui expédie quotidiennement à Trois-Rivières de fortes quantités de bois de construction.
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Les Piles sont bâties en amphithéâtre et présentent un
aspect pittoresque et sauvage à la fois qui a un double
attrait pour le visiteur. A deux cents pas du village la cascade bondit à travers les rochers taillés en pilastres qui ont donné à l’endroit le nom qu’il porte aujourd'nui. Près de la tête de la chute ont été élevées d'immenses estacades, destinées à retenir les bois qui sont flottés sur le Saint-Maurice et qui, auparavant, étaient exposés à se perdre en granüe partie dans leur difficile trajet jusqu’au fleuve Saint-Laurent.
Le village des Grandes-Pilcs est comme un vaste entrepôt où se réunissent tous les bois faits sur le Saint- Maurice et ses tributaires, pour être dirigés ensuite sur leurs diverses destinations, soit par chemin de fer, soit par eau. On comprend que cette position de tête de commerce dr bois assure aux Piles, dans un avenir prochain, l’établissement de grandes scieries et autres établissements pour la fabrication du boiïs qui, une fois mis en forme, peut être expédié immédiatement dans les différents centres commerciaux que traversent le chemin de fer des
Piles et celui du Pacifique.
À Partir des Piles, il n’y a plus de communication par terre avec le haut Saint-Maurice ; les chemins manquent complètement, Ii faut prendre la voie fluviale et remonter, soit en canot ou en barge, soit dans les batelcts à vapeur de M. John Ritchie, pour se rendre aux divers établissements coloniaux et aux fermes des marchands
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de bois qui se trouvent échelonnées le long de la rivière. La première de ces colonies embryonnaires que l'on trouve sur sa route est celle de Saint-Joseph de Mékinac. !
LA MEKINAC
Cette colonie naissante compte près de quarante familles ; elle est établie sur la rivière Mékinac qui se jette dans le Saint-Maurice, à environ douze milles en amont des Piles, et qui forme une vallée de terrains d’alluvion couverte d'admirables forêts de bois franc ; elle offre à la coïonisation un champ qui n’a pas d’étendue, il est vrai, mais qui, néanmoins, grâce à la richesse du sol et au voisinage d’un pouvoir hydraulique de premier ordre, possède des avantages attrayants et décisifs. Une paroisse importante pourrait s’y former en bien peu de temps, surtout si l’on ouvrait un chemin entre la Mékinac ei la paroisse de Saint-Tite, qui est la tête du chemin de fer des Hasses-Laurentides. Ce chemin, qui se fera sans doute avant longtemps, aura-trois lieues de long et passera À travers un pays plat et fertile, dont il est déplorable de voir l’état encore absolument ineulte, quand il pourrait aider si largement à l'alimentation de la ligne et
au développement général de la région !
1—Les Grandes-Piles ont été Crigées en paroisse le 28 avril, 1885, sous le vocable de Saint-Jacques.
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LE SAGCENAY
La colonie de la Mékinac ne date que de quelques années. Le premier qui s’y porta fut un riche cultivateur de Trois-Rivières, nommé Joseph Gagnon, qui cherchait à établir ses enfants sur des terres nouvelles. Son exemple fut promptement suivi par d’autres, et bientôt il y eut une quarantaine de lots mis en culture. Peu de temps après un autre citoyen, nommé Doucet, érigeait une scierie au pied d’une cascade de deux cent cinquante pieds de hauteur, distribuée sur un parcours d’un demi-mille, que forme la rivière à la Truite, en délouchant dans la Mékinac. Les colons de la Mékinac ct de tout le haut Saint-Maurice ne furent plus dès lors obligés de se rendre jusqu'aux Piles pour se procurer leur bois de construction.
Le pouvoir hydraulique formé par la cascade de la rivière à la Truite est un des plus puissants qu'il y ait
davs cette partie de la province; il pourrait actionner aisément une vingtaine de manufactures de toute sorte, sans frais de barrages ni de digues ; il n’y aurait qu’à les échelonner sur les larges gradins qui bordent la cascade de chaque côté. Aujourd’hui il suffit, pour mettre en mouvement la scierie Doucet, d’une simple dalle, de cinquante pieds de long, qui prend l’eau de la cascade et la conduit sur les turbines. Celles-ci reçoivent de la sorte, et pour ainsi dire gratuitement, une force motrice illimitée.
Afin de faire un extrême plaisir au lecteur donnonslui, avant de quitter la Mékinac, l’étymologie de ce nom. Il vient d’un mot algonquin qui veut dire “ tortue ”,
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